posté le 08-02-2015 à 07:30:59

Marina (4).

.....

Cet accident a eu lieu il y a quelque temps déjà et depuis ce jour, j’y ai toujours pensé. Cette fille-là, je ne connaissais même pas son prénom. Mais sa beauté m’a impressionné et il se dégageait d’elle comme une vapeur invisible qu’on ressentait quand même, des ondes qui oscillaient jusqu’au cerveau.

 

Le lendemain, je me demandais comment je pouvais entrer en

 contact avec elle. La seule chose que je pouvais faire, c’était de

 retourner dans la rue où eut lieu « l’accident ». Je me disais

qu’elle devrait bien repasser par-là, que son itinéraire familier

 pour se rendre sur son lieu  de travail ou d’études, devait

 obligatoirement couper cette rue. Alors je garais ma voiture dès

 le matin un peu à l’écart, en ayant une vue panoramique sur

 l’endroit de la furtive rencontre. Et j’attendais. Le temps ne

 passait pas, il semblait se gonfler comme un ballon de baudruche

 made in China. Pour essayer de contenir cette dilatation des

 heures, j’écrivais.

 

La houle du temps.

 

Mais qu’est-il devenu,

Le sourire si joli

De la fille disparue,

Dans ma mélancolie ?

 

Le temps a bourgeonné.

Les senteurs éphémères,

Des fleurs abandonnées,

Parfument les chaumières.

 

Sa bouche est tout un monde,

Ses yeux sont un mystère,

Ses dents une jolie ronde

Et son souffle, une poussière.

 

Le temps est un ballon,

Qui gonfle et gonfle encore

Et les heures, des galions,

Que la houle dévore.

 

                                                                                    A suivre ....  

 


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posté le 01-02-2015 à 07:59:06

Marina (3).

 

Elle était debout maintenant, apparemment sans dommages.

Moi, j’étais plutôt inquiet ; comme toujours j’envisageais le pire.

Cent fois, je lui posais la même question « mais ça va ? Ça va ? ». Et invariablement, elle me répondait « mais oui, mais oui ! ». Elle me dit qu’elle était assez pressée et je voyais qu’elle voulait rompre le contact. Moi, je n’en avais pas envie.

Elle était si belle, je me sentais minable à côté d’elle. Comment faire pour la retenir encore un peu ? Je lui proposais de lui donner mon numéro de téléphone. Elle me regarda, étonnée et prononça une phrase qui me fit mal : « mais pour quoi faire ? ». Elle voulait m’oublier au plus vite, c’est sûr ! Mon cerveau, véritable steak haché de chez Mac-Do, essayait de trouver un prétexte. « On ne sait jamais… » dis-je, en attendant une meilleure idée.

Je la voyais lasse et presqu’irritée. Elle devait me prendre pour un dragueur à deux balles, malhabile comme un escargot acnéique… J’insistais et pourtant ce n’est pas mon genre, moi, qu’on surnommait « l’abandonneur velléitaire ». Je trouvais une autre idée qui me sembla digne d’Albert Einstein : « vous savez, on ne sait jamais, vous pourriez avoir des séquelles de ce choc. Alors appelez-moi si vous avez un problème quelconque, même indépendant de cet accident ».

Elle me toisa presqu’avec mépris et je crus lire dans ses pensées « mais qu’est-ce qu’il a à me coller ce petit con ! ». Elle prit, quand même, le morceau de papier sur lequel j’avais noté mon numéro. Elle me tourna le dos et s’éloigna en remuant les fesses. Dans ma grande naïveté, je crus que c’était pour moi…

A partir de ce moment-là, j’attendis tous les jours son coup de téléphone…

 

A suivre

 

 


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posté le 25-01-2015 à 07:42:18

Marina (2).

 

Ma voiture avait oublié qu’il fallait parfois freiner. Comme moi, souffrait-elle, elle aussi, d’insomnie? Je pensais que chaque nuit, elle dormait tranquillement dans son garage. Je commençais à avoir des doutes sur ses fréquentations nocturnes. En tout cas, ce jour-là, elle ne freina pas ou du moins elle freina avec une nonchalance indigne d’une voiture italienne, une Alfa-Roméo en l’occurrence.

Bon, le plus grave, c’est qu’à ce moment-là, une jeune femme eut l’idée saugrenue de traverser la chaussée. Le choc fut inévitable ! C'est vrai, j’exagère un peu. Disons, que mon rétroviseur droit la frôla, ce qui, je ne sais par quel mystère de la physique, la fit tomber par terre. Pessimiste comme j’étais, je la voyais déjà morte et moi en prison. Je garais ma voiture sur le bas-côté et comme un véritable chien Saint-Bernard citadin, je me précipitais vers elle, allongée sur le dos. Oh, qu’elle était jolie ! Sa robe, déjà courte, était retroussée et je ne pus qu’admirer ses jolies cuisses et plus haut un soupçon de string ficelle noir. Mais en était-ce un ? Car elle était vraiment brune cette jolie fille…

Mon cerveau avait pris ses quartiers d’été, comme quand on est tout excité à cause du soleil. « Bon je fais quoi maintenant ? », me dis-je comme un aboulique* incapable de prendre une décision. « Je l’embrasse ? Heu, je lui fais un bouche-à-bouche bien baveux ? J'effectue un massage cardiaque ? » C’est vrai qu’elle avait des seins qui devaient frôler le 95B…

Mais je m’aperçus vite que tout cela n’était pas raisonnable… Soudain, elle ouvrit les yeux et me sourit. Ce sourire-là est resté gravé dans ma mémoire pendant des années…

 

A suivre…

 

* L'aboulie traduit la diminution, l'insuffisance voire la disparition de la volonté et le sujet éprouve des difficultés à mettre en œuvre toute action. Malgré le ralentissement de son activité, la fonction intellectuelle n'est pas atteinte. Par contre, l'inhibition qui caractérise cette "maladie" diminue la dimension affective de la personnalité, qui garde cependant toute sa lucidité.

 


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posté le 18-01-2015 à 10:11:10

Marina (1).

 

Le temps qui passe est une verrue qui gonfle et qui éclate parfois. Alors on peut s’attendre à tout avec elle. On risque de recevoir sur le visage, du pus, du sang ou tout autre ingrédient malodorant et peu ragoûtant ou parfois, mais très rarement de la gelée royale parfumée.

Mais à quoi peut-on s’attendre quand le temps éclate ?

Quand on s’ennuie par exemple, le temps gonfle et les secondes deviennent des minutes et les minutes des heures…Et lorsqu’on attend un appel téléphonique de sa bien-aimée, le temps flirte avec des heures, des mois et même des années.

Et puis je l’ai rencontrée...

Moi, plus gris que la grande Muraille de Chine, anonyme parmi les anonymes, aussi gai qu’un oiseau inséparable ayant perdu sa moitié, je roulais en voiture sur une route bien triste et presque déserte.

Le temps était alors bien codifié, enfermé, sans espoir de sortir, dans le boitier métallique de ma montre fixée à mon poignet gauche. J’avais trop serré le bracelet et ça me faisait mal. Ma voiture connaissait le trajet par cœur ; je lui faisais confiance. Mais je n’aurais pas dû…

        A suivre

 


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1. manene  le 18-01-2015 à 17:03:07  (site)

Bon ben ça donne envie de lire la suite ce petit billet.
Manène

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posté le 07-01-2015 à 09:17:25

Grasse (127).

 

Pascale accroupie devant le prof invisible.

J'ai fait disparaître l'objet du délit...

 

Ça se passait avant les vacances de Noël, Pascale vint me rejoindre à midi et quart dans mon labo. Elle avait un sourire plutôt inquiétant quand elle me dit :

  • Je viens t'apporter mon petit cadeau...

Je savais bien de quoi il s'agissait et j'eus bien envie de lui répondre :

  • Tu n'as qu'à l'offrir à Maxime !

Mais la chair est faible, surtout celle qui tapisse les organes érectiles. Elle regarda la table à la recherche d'un flacon d'acide chlorhydrique qu'elle trouva bien vite car j'avais choisis le plus grand et je l'avais placé juste sur le bord pour qu'elle le vît bien.

Elle avait un regard de hyène, elle me dit :

  • Tu peux le déboucher s'il te plait ?

Elle avait besoin des effluves toxiques pour activer sa libido.

J'enlevais donc le bouchon de verre et le posais délicatement sur la paillasse. Elle s'accroupit à mes genoux et commença à ouvrir ma braguette. J'avoue qu'une partie de mon corps commençait à se solidifier comme un esquimau glacé placé dans un congélateur. J'avais une vue plongeante sur sa chevelure brune et je voyais par le haut les ailes de son nez vibrer à la recherche du fameux parfum acide.

Pascale avait englouti l'essentiel de mon anatomie virile et ses lèvres épousaient parfaitement le contour de ce muscle vigoureux qui fait la fierté de tous les mâles. Sa bouche avait le mouvement chaloupé du piston du moteur des antiques locomotives à vapeur. Je me laissais faire en regardant parfois ma montre, histoire de ne pas empiéter sur mon cours de quatorze heures.

Pascale commença à bredouiller sa fellation qui perdait sa régularité de montre suisse. Elle était mal à l'aise et plusieurs fois elle tenta de capter mon regard en essayant de faire pivoter ses globes occulaires vers mon visage.

Il était temps que j'ouvrisse mes vannes spermatiques , je me concentrais donc sur mes réservoirs biologiques pour tenter une vidange de fortune. Pascale avala tout, c'était son habitude, mais quand elle se releva en passant sa langue sur ses lèvres passablement humectées, elle me dit :

  • Je ne suis pas très en forme aujourd'hui, tu as aimé ?

  • Oui, j'ai adoré comme toujours.

Et comme un idiot je me mis à rire.

Elle me demanda pourquoi et moi franc comme un moine du même nom je lui répondis :

  • Tu as senti l'odeur de l'acide chlorhydrique ?

  • Non, c'est ça le problème !

Et inconscient du danger auquel je m'exposais je lui dis :

  • Ça ne m'étonne pas, car dans le flacon il y avait de la soude !

Elle eut le regard féroce des grands fauves africains et me donna une gifle aussi forte qu'un coup de raquette de Rafael Nadal.

Elle sortit du labo en essayant de faire claquer la porte qui ne claqua pas à cause du ralentisseur hydraulique qui la freina.

Et pour parodier une phrase célèbre d'Henri IV, je me dis :

- Une fellation vaut bien une gifle*...!

     

    A suivre...

 

Notes :

 

* « Paris vaut bien une messe ».

 

 


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posté le 23-12-2014 à 09:27:55

Prière des 5 doigts.

 

Cliquez sur l'image et patientez.

 

 


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1. bluedreamer  le 05-01-2015 à 11:13:59  (site)

Bonne année 2015 !

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posté le 18-12-2014 à 08:36:28

Grasse (126).

                                             

                                              Mon arme chimique...

 

Une idée quelque peu bizarre germa dans mon cerveau quand j’ouvris l’armoire aux produits chimiques. Malgré leurs bouchons, les bouteilles d’acide chlorhydrique laissaient échapper leur odeur caractéristique. Et je me souvins alors de l’attitude de Pascale qui sembla frémir de volupté en respirant les miasmes acides qui planaient dans mon labo de chimie. A quoi étaient liées ces sensations exceptionnelles chez une fille ou tout  simplement chez un être humain ? Quels mystérieux ressorts inconscients avaient vibré dans le cerveau de ma collègue ? En tout cas je décidais d’exploiter cette situation pour essayer de (re)conquérir Pascale qui n’avait d’yeux en ce moment que pour Maxime, le prof d’EPS décérébré.

Mon but était de me parfumer à l’acide chlorhydrique !

C’était une folie !

Cet acide est particulièrement dangereux pour la peau, les yeux et toutes les muqueuses et je devais le diluer assez fortement pour éviter toute brûlure de mon épiderme, mais pas trop pour qu’il gardât son odeur. Dans un tube à essais, j’introduisis quelques gouttes de ce produit et j’y ajoutais 10 cm3 d’eau distillée. Je plaçais mon nez au-dessus de l’ouverture et je respirais rapidement. Rien, pratiquement aucune odeur. J’ajoutais alors quelques gouttes d’acide et je humais mon parfum chimique. Un picotement caractéristique vint chatouiller mes narines. Je fus satisfait de mon dosage.

Mais où allais-je placer cette solution diluée sur mon corps ? Derrière l’oreille ? Aie, aie, aie ! Il fallait que je trouvasse vite le moyen de ne pas brûler ma peau.

 Alors j’eus l’idée saugrenue de coller sous mon oreille gauche un petit pansement adhésif sur lequel je déposais délicatement trois gouttes d’acide chlorhydrique, ainsi je ne risquais pas de brûlures et à mes collègues curieux j'allais dire que je m'étais coupé en me rasant.

 

                                        

 

 

A la récréation de 15h, dans la salle des profs, Pascale et Maxime étaient encore assis l’un à côté de l’autre tout au fond. Cette fois-ci je me dirigeais vers eux et je m’installais à côté de la « traîtresse » en feignant de l’ignorer et en manipulant mon Smartphone comme si je consultais mes sms.

Parfois je bougeais la tête pour permettre aux effluves d’acide chlorhydrique de diffuser vers les narines de ma collègue de Français. Maxime lui racontait encore, sans que ma présence ne le gênât, des histoires salaces.

« Aux grands maux, les grands remèdes » ! C’était la guerre chimique totale ! Je constatai alors que Pascale ne riait plus aux blagues douteuses de ce prof d’EPS riche en muscles mais pauvre en neurones.

Et même, en jetant un regard discret vers elle, je remarquais que les ailes de son nez s’étaient mises à vibrer comme la gueule d’une louve qui avait détecté de la chair fraîche. Elle serra brutalement ses cuisses comme si une ondée pré-orgasmique s’était mise à suinter de son petit trésor si bien caché.

Pascale n’écoutait plus Maxime.

Elle se tourna vers moi et me dit :

- Alain et si on allait faire un petit tour dans ton labo ?...

 

Asuivre

 

 

 

 


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posté le 05-12-2014 à 13:05:42

Grasse (125).

 

Devinez comment j'espère

reconquérir Pascale...

L’attitude de Pascale provoqua une sorte de malaise dont je n’arrivais pas à  définir la véritable cause. Etait-ce une banale jalousie ou bien une blessure béante dans mon orgueil  ? En tout cas, mon caractère appelait, non pas à une quelconque envie de (re)conquête, mais plutôt à un désir absolu de vengeance.

Depuis quelques jours, Pascale et Maxime ne se quittaient plus, semblaient comploter même et le pire c’est que ce grand dadais de prof d’EPS occupait, dans la salle des profs, mon fauteuil préféré, celui qui se trouvait tout au fond, dans un coin, bien à l’abri des enseignants plus bavards que leurs élèves. Ils mangeaient à la même table de la cantine, allaient tout seuls boire un café dans un bar proche du lycée et je ne doutais plus qu’ils couchassent ensemble. Moi, pour calmer ma rage, j’essayais de renouer des relations charnelles avec Jeanne, la prof d’anglais, la vieille fille aux yeux globuleux et avec Françoise Jétoulu, la documentaliste nymphomane qui aimait plus le sexe que les livres. Relations charnelles, c’est beaucoup dire, c’étaient plutôt des relations buccales que l’on pratiquait faute de temps et de place, dans mon labo ou dans l’arrière salle sans fenêtre du CDI à la lueur d’un néon souffreteux en fin de vie.

Quelques compliments suffirent à entraîner Jeanne dans mon laboratoire de chimie, mais à ma grande stupeur, elle exigea, avant d’activer sa bouche sur mon appendice viril, que ma langue léchât ce que j’appellerais sa fente humide. Je refusais, non par dégoût (bien que…) mais par peur d’attraper un cancer de la gorge à cause des papillovirus* qui devait tapisser son utérus.

Je refusais donc de la satisfaire et elle, la traîtresse, m'interdit l'entrée de sa bouche. Je m'étais fait une ennemie de plus dans ce lycée.

Comme si elles s'étaient toutes donné le mot, la documentaliste me joua la même comédie et moi j'entrais ainsi dans une longue période d'abstinence...

Toutefois, en ouvrant l'armoire qui contenait les produits chimiques, une idée germa dans mon cerveau ramolli. J'avais peut-être trouvé le moyen de «  récupérer  » la langue de Pascale...

 

A suivre...

 

Notes  :

 

*Le cunnilingus exposerait à un risque très significativement accru de cancers de la gorge ! Une équipe américaine a en effet découvert que les papillomavirus humains (ou virus HPV), qui sont responsables de la majorité des cancers du col de l’utérus, étaient également impliqués dans le développement de tumeurs oropharyngées. Sans qu’il soit même nécessaire d’avoir fumé ou bu en excès, alors que ces deux facteurs de risque étaient jusqu’alors considérés comme déterminants.

Le Dr Maura Gillison et son équipe, du Johns Hopkins Kimmel Cancer Center (dans le Maryland, aux Etats-Unis) se sont penchés sur les cas de 100 malades des deux sexes, atteints d’un cancer de l’oropharynx.

« Parmi ces patients » soulignent les auteurs, « ceux dont la contamination par l’une ou l’autre souche de HPV » – dont le rôle oncogène est désormais bien connu, n.d.l.r. – « était connue avaient un risque de cancer oropharyngé 32 fois supérieur à celui de la population générale ». C’est beaucoup plus que la multiplication par 3 associée au tabagisme, ou par 2,5 qui serait liée à l’intoxication alcoolique… Un autre travail américain mené par une équipe de la Brown University, confirme d’ailleurs ce constat.

Plus encore, parmi des patients non connus pour avoir été contaminés par le HPV, ceux qui avaient eu des rapports buccaux avec plus de 6 partenaires au cours de leur vie ont vu leur niveau de risque multiplié par 8,6. Le risque par conséquent, viendrait pour l’essentiel de la multiplicité des partenaires.

 

 

 

 


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1. anaflore  le 05-12-2014 à 14:43:31  (site)

bof bof déprimante ton histoire !!!bon wk

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posté le 25-11-2014 à 15:51:39

Grasse (124).

 

Quand je vais chercher mes élèves...

 

A midi, j'attendis Pascale dans mon labo, mais elle ne vint pas.

J'avais débarrassé la grande table recouverte de carreaux blancs brillants en faïence de Belcodène, rangé autant que possible les tubes à essais, les pissettes, les compte-gouttes et autres béchers et erlenmeyers. Inutilement.

Je regardais ma montre toutes les dix minutes, toutes les trente secondes en réalité; mon vécu temporel subissait une déformation relativiste provoquée par cette promesse non tenue.

A 13h45 j'espérais encore, puis ce fut la sonnerie de 14h du début des cours de l'après-midi. Je commençais encore avec les 2desC, les pauvres. En me voyant arriver dans le couloir, ils cachèrent tous leur portable en remarquant que mon visage reflétait un esprit confiscateur. Certains sortirent rapidement leur classeur pour apprendre la leçon du jour car mon comportement augurait une interro-surprise carabinée. J'avais la mine patibulaire d'un malfrat incarcéré pour vingt ans dans la prison des Baumettes à Marseille. Certains comprirent, que sous ma veste, je cachais une kalachnikov virtuelle, une espèce de mitraillette verbale qui ne supportait pas les bavardages.

Je fis cours comme un funambule qui marchait sur un fil tendu au-dessus du cratère de l'Etna.

Savaient-ils que tout cela, c'était à cause de Pascale qui m'avait posé un lapin alors que j'espérais que sa langue pût s'activer sur différentes parties de mon anatomie à midi dans mon labo de chimie où planaient des odeurs d'éther et d'acide chlorhydrique, les parfums préférés de ma collègue lécheuse.

Peu à peu ma colère s'atténua devant la bonne volonté de mes élèves et je me dis qu'ils n'étaient pas responsables de ma situation actuelle.

Le pire, c'est qu'à la récré de 15h, je vis Pascale en compagnie de Maxime, le prof d'EPS, plus musclé qu'intelligent. Elle riait en écoutant ses blagues que je savais salaces. Je lui lançais un regard de haine qui rata sa cible car ses yeux plongeaient dans ceux du sportif gluant de testostérones. Elle s'esclaffait en sortant sa langue et cela me fit mal.

Je ne suis pas un combattant de l'amour et ma réaction naturelle est la fuite,

J'abandonnais donc la partie, mais cela n'empêcha pas que je demeurasse atrocément jaloux...

 

A suivre...

 

 

 

 


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1. anaflore  le 25-11-2014 à 17:58:26  (site)

aucune chance contre un prof de gym!!!!
bon mardi

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posté le 11-11-2014 à 07:37:10

Grasse (123).

 Souvenirs, nostalgie...

. 

Jeudi, dans la salle des profs pendant la récré de 10h.

J’étais assis dans mon fauteuil préféré en tissu bleu pétrole, plus ridé qu’un centenaire, situé dans un coin tout au fond de la salle et je regardais tous mes collègues qui s’agitaient comme des poissons rouges dans un bocal trop petit. C’était la queue devant la machine à café qui distribuait un breuvage plus que douteux, chaud et fumant dans des petits gobelets en plastique blancs ou marron* riches en phtalates** qui passaient allègrement dans la boisson sous l’effet de sa température élevée. Les profs ignoraient qu’en buvant du café, ils empoisonnaient leur sang.

Peu à peu, à cause de mon insomnie chronique qui rendait mes nuits aussi blanches que de la farine, je sombrais dans une sorte de léthargie semi consciente qui m’isolait de mon proche environnement. Pourtant, mon nez, sentinelle protectrice, détecta soudain un parfum que je connaissais : « Les jardins de bagatelle », un parfum que portait Pascale, la nouvelle prof de lettres modernes. J’émergeais alors de mon coma de pacotille et j’apercevais ma jeune collègue assise à côté de moi, avec une jupe courte qui était remonté à mi-cuisses. Il n’en fallait pas plus pour qu’une partie de mon corps se transformât en mat rigide digne de ceux des voiliers de la route du rhum. Pascale avait dû s’apercevoir de l’effet qu’elle produisait sur moi. Elle se pencha un peu plus sur mon corps d’« Apollon » en projetant son souffle chaud dans mon oreille. Je commençais à me perdre dans la forêt comme le Petit Poucet. Vite, il fallait que je retrouvasse mes cailloux :

- Dis-moi Pascale, tu sais ce que devient Sandrine ?

Sandrine était celle qu’elle avait remplacée depuis le début de l’année scolaire. Sandrine qui avait disparu sans rien dire. Je me souviens encore du baiser sur la bouche que je lui avais volé lors d’une soirée-pizza chez elle. Ma langue avait forcé ses lèvres et par pur réflexe, la sienne avait tournoyé un instant autour de la mienne. Et puis elle m’avait repoussé… J’étais parti sans rien dire et puis le gouffre…

Pascale eut un petit rictus qui fit naître une ride sur le coin de sa bouche. Elle répondit :

  - Oui, je sais ! Mais je ne te le dirai pas, à moins que…

- Que quoi ? répondis-je, essoufflé comme un coureur de fond.

Pascale remua un peu dans son fauteuil, ce qui fit encore plus remonter sa jupe et mon émoi.

- Que tu m’invites à midi dans ton labo pour partager ton pan bagnat !

Elle y avait pris goût la coquine. J’hésitais à dire oui, car la dernière fois son attitude avait pratiquement saboté le cours que j’avais eu ensuite avec les 2desC. Elle détecta mon hésitation que pourtant j’avais pris soin de masquer.

- Tu n’as pas aimé ma langue ?

- Heu… dis-je. Moi-même je me trouvais antipathique.

- Tu sais, ma langue et ma bouche peuvent beaucoup mieux faire…

Je pensai soudain à Mme Coqualo ma voisine qui m’attirait dans le local à ordures de mon immeuble pour jouer de ma flûte à genoux devant moi. La chair est faible, je ne pus que murmurer :

- Oui…

La sonnerie de fin de récré me fit sursauter, mais j’hésitais à me lever à cause d’un relent d’érection qui avait du mal à s’effacer.

- Alors à midi dans ton labo, me dit Pascale.

Et elle sortit de la salle des profs avec une démarche peu naturelle…

 

A suivre

 

Notes :

 

 

 * Marron: adjectif de couleur, invariable.

** La toxicité du phtalate, comme celle du bisphénol A, dépend principalement de sa capacité à migrer du plastique dans le corps humain.

Le risque, qui porte de façon plus certaine sur la reproduction humaine, varie selon la masse corporelle, l’âge (surtout pour les fonctions de reproduction), la durée d’exposition, la nature du plastique, l’altération subie par le matériau et, bien sûr, la nature du phtalate.

Les effets secondaires provoqués par les phtalates en concentrations relativement élevées chez les animaux en laboratoire sont : la baisse de la fertilité, l’atrophie testiculaire, la réduction du poids du fœtus, la mortalité fœtale, et des malformations. Certains phtalates possèdent également un effet perturbateur endocrinien et peuvent provoquer des anomalies du développement sexuel chez le jeune rat mâle exposé in utero. De plus, il a été enregistré des effets sur le foie, les reins et le système reproducteur mâle.  

La toxicité des phtalates les plus employés, tel le DEHP, est assez bien connue. Il reste cependant quelques suspicions à propos des effets cancérigènes de ces phtalates. Bien que des effets aient été prouvés sur des rongeurs (tumeurs hépatiques), les mécanismes biologiques n’étant pas rigoureusement identiques, il n’est pas possible d’affirmer que les phtalates soient cancérigènes pour l’homme.

 

 

 


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posté le 04-11-2014 à 08:08:29

Grasse (122).

 

Ange ou démon?...

 

 

 

Après avoir passé une heure-harissa* avec Pascale, je m’apprêtais à subir une heure-camomille avec la 2de C. Avec ma collègue, c'était la gloire érectile, avec les élèves, l'étendard en berne. Il faut dire qu'ils venaient en classe autant par habitude que par obligation et, en les voyant entrer, un par un, dans la salle, je me demandais pourquoi ils avaient cette dégaine vestimentaire défiant les lois de la mécanique quantique.

Le temps commençait alors à s'étaler, à gonfler comme un ballon de baudruche, à créer un monde incertain où une minute en valait dix dans notre univers normal. Il y a longtemps, un écrivain italien (Alberto Moravia) publia un livre intitulé « L'ennui » et si un film devait porter le même titre, moi je serais le metteur en scène et eux les comédiens. Il faut dire qu'il y a pas mal d'énergumènes doués dans cette 2de C, capables de jouer tous les rôles pour justifier une paresse post-foetale.

Moi, quand une vague ensommeillée venait engloutir les cerveaux fragiles de ces apprenants qui ne voulaient pas apprendre, je me laissais bercer par la condensation de pensées que je qualifierais d'anti-scolaires. Une nostalgie automnale activait alors mes neurones dédiés aux souvenirs anciens et, avec une pointe de tendresse que je prenais soin de cacher, je pensais à Sandrine qui avait disparu. Sandrine et ses fesses, moulées dans un jeans indécent, qui faisaient dresser en moi un obélisque interdit aux mineurs. Ou bien je revoyais la langue de Pascale qui s'activait sur mon menton huileux, gras à cause de ce pan-bagnat dégoulinant et qui laissait présager une activité « obélistique » gluante qu'elle pratiquerait certainement un jour, dans mon labo, à genoux devant moi.

Ah, quel prof j'étais !...

 

A suivre

 

Notes :

 

* La harissa ou l'harissa (هريسة) est une purée de piments rouges originaire d' Afrique du Nord. Les piments sont séchés au soleil puis broyés avec des épices comme du cumin, de la coriandre et du carvi. Toutefois, la harissa se prépare aussi avec des piments frais ou des piments cuits à la vapeur et mixés.

Il en existe des variétés régionales selon le type de piments, le goût et la préparation. Ainsi, l'harissa berbère est préparée avec du piment de Cayenne séché, de l'ail, de l'huile, du sel et quelques épices.

L'origine du mot vient du verbe arabe harasa (هرس) qui signifie littéralement « écraser », « piler » ou « broyer ».

 

 


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posté le 27-10-2014 à 12:56:48

Grasse (121).

 

 

 

La langue de Pascale sur mon visage, cette intimité si rapide avec elle, provoquèrent, sans que je le voulusse bien sûr, un brutal raidissement de mon anatomie sous-pubienne. Devais-je être vraiment gêné par cette réaction digne d'un taureau en rut ou alors plutôt satisfait que ma collègue s'aperçût de la conséquence cataclysmique de son activité linguale?

Je m'attendais à ce que la main de Pascale entreprît une palpation radicale de mes organes reproducteurs, quand brutalement quelqu'un frappa à la porte du labo. C'était Josépha, la prof de SVT qui venait certainement me demander de lui prêter de la verrerie ou des produits chimiques. Elle était grande et mince et je n'ai jamais su si elle avait quelqu'un dans sa vie. Bon public , elle riait systématiquement lorsque je lui racontais des blagues à deux centimes et elle venait souvent me voir pour m'emprunter différentes babioles chimiques, en échange je profitais de son congélateur.

Pascale se détacha rapidement de mon corps et ma fierté masculine de dégonfla comme un soufflé sorti du four.

Josépha gloussa intérieurement en voyant la couleur de mon visage qui avait viré au rouge carmin. Elle ne dit rien, mais eut un regard discret et rapide vers mon bas-ventre qui était redevenu aussi plat que les plaines flamandes.

  • Tu peux me donner un peu d'acide chlorhydrique et quelques compte-gouttes s'il te plaît, c'est pour étudier la contraction des muscles des cuisses de grenouille, me dit-elle.

Cela me fit penser aux cuisses de Pascale qu'elle m'avait montrées en s'asseyant sur le tabouret du labo et j'eus un relent d'érection qui ne dura pas.

  • Oui tout ce que tu veux, répondis-je essoufflé pour me débarrasser d'elle au plus vite.

La sonnerie de 14h encouragea Pascale à quitter les lieux pour aller chercher ses élèves. Josépha fit de même avec un petit plateau chargé des produits qu'elle m'avait demandés.

Moi, je restais seul, frustré, la tête pleine de fantasmes inavouables qui allaient tous s'éteindre quand je serai en présence de mes élèves de 2deC, nuls et paresseux...

 

A suivre...

 

 


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posté le 11-10-2014 à 08:29:57

Grasse (120).

 Le Dieu Priape***.

 

 

Pascale me regardait manger et moi j’étais gêné, mais surtout je me demandais quelle était la signification de ce qu’elle venait de me dire.

Elle avait les yeux fixés sur le bas de mon visage. Et je compris très vite pourquoi ! Un petit filet d’huile d’olive avait furtivement fuit du pan bagnat pour se glisser insidieusement sur ma lèvre inférieure puis, selon la loi de la gravité universelle chère à Newton, sur mon menton.

La honte !

Que faire pour paraître un peu plus « smart* » ?

Mon regard balaya le labo à la recherche d’une serviette propre. Rien ! Il y avait bien un torchon accroché à un mur, mais son état était plutôt douteux : humide en permanence, il en avait bien dû essuyer des tas de béchers, de soucoupes, de tubes à essais et j’en passe, depuis l’année dernière. J’en voulus immédiatement à la fille de labo qui ne faisait pas son travail sérieusement.

Et soudain j’aperçus, sur une petite table, quatre grandes feuilles de papier-filtre format 50cm sur 50cm, plutôt poussiéreuses et jaunies que j’utilisais pour des filtrations de solutions hétérogènes avec des entonnoirs, en les découpant en petits carrés de dix centimètres de côté.

Je n’avais pas de ciseaux sous la main, alors je me contentais de déchirer le papier absorbant en un petit morceau de forme géométrique parfaitement inconnue, pour m’essuyer discrètement le menton.

Avant que je n’eusse réussi à nettoyer ma peau, Pascale, avec la promptitude d’un cobra, interrompit mon geste en serrant mon avant-bras droit.

- Arrête Alain, il y a mieux à faire !

Elle approcha son visage du mien et en sortant sa langue plutôt impudique, elle me dit :

- Je peux lécher l’huile d’olive qui coule sur ta peau ?

Je comprenais tout !

Effectivement, elle était folle !

Moi, j’avais eu cette idée en la voyant manger son pain dégoulinant de matière grasse, mais elle était restée à l’état de pur fantasme inavouable.

Je répondis :

- Oui !

Il fallait bien que j’acceptasse cette petite séance de « dépravation » qu’elle m’offrait sans pudeur.

Elle était si près de moi, elle embaumait « Les jardins de bagatelle » de Guerlain et l’odeur piquante des petits oignons rouges découpés en rondelles qu’elle avait finis de manger.

Sa langue humide et mobile se posa sur le bas de mon menton et lentement, en suivant le filet d’huile d’olive qui avait coulé sur ma peau, elle la fit remonter vers mes lèvres.

Moi j’avais l’impression de me trouver dans un labyrinthe  quantique, dans un lieu où j’avais le don d’ubiquité**, où mes sensations, en se multipliant à l’infini, se trouvaient en plusieurs endroits simultanément.

J’étais tout simplement perdu !

Je planais comme un oiseau au-dessus d’un oasis du désert de Gobi.

Elle léchait bien !

C’est à ce moment-là que je me mis à ressembler au dieu Priape***…

 

A suivre

 

Notes :

 

* Smart : élégant, chic, raffiné…

** Ubiquité :  L'ubiquité ou l'omniprésence est la capacité d'être présent en tout lieu ou en plusieurs lieux simultanément. Le terme est dérivé du latin « ubique » qui signifie « partout ».

*** Priape : Dans la mythologie grecque, Priape est un dieu de la fertilité, c'est un dieu ithyphallique, protecteur des jardins et des troupeaux.

On reconnaît Priape par son gigantesque pénis constamment en érection. Cette particularité a donné son nom au terme médical priapisme.

 

  

 


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posté le 04-10-2014 à 08:52:25

Grasse (119).

 

Comment imaginer qu'un pan bagnat* soit un objet érotique?

 

 

Mon labo avait l’air d’une tranchée de la guerre de 14-18. Il y régnait un désordre digne d’une rue de Singapour à l’heure de pointe. Il y avait bien un garçon de laboratoire qui était une fille en l’occurrence et qui se chargeait normalement de s’occuper du rangement de la salle et de divers petits travaux de préparation pour les travaux pratiques des élèves, mais à la suite de plusieurs bêtises qu’elle avait commises, je lui avait interdit l’accès de mon antre scientifique.

J’avais placé mon « pan bagnat » dans le petit réfrigérateur et je n’osais même pas le prendre par crainte du ridicule. Manger un pan bagnat est du même calibre que déguster un hamburger de chez Mac-Do. C’est la dégoulinade assurée. L’huile d’olive a tendance à vouloir fuir à tout prix de sa prison de pain.

-Tu n’as pas faim ? me dit Pascale en passant la langue sur ses lèvres pulpeuses.

Si elle commençait déjà à me montrer un morceau de son intimité, mon appétit allait  sûrement changer de profil !

- Oui j’ai faim ! répondis-je en imaginant sa langue dans ma bouche.

Avec ma main, je repoussais le plus loin possible du bord de la table, un amoncellement de verreries diverses et de petits compte-gouttes remplis de produits chimiques. Elle me regarda faire en gonflant le torse qui dut atteindre les 97C. Quelque part en moi je craignis que mes testostérones ne gagnassent la lutte qu’ils avaient engagée contre mes paisibles sucs digestifs qui attendaient impatiemment leur nourriture.

Et pour ajouter à mon trouble, une bonne dose émotionnelle, Pascale s’assit sur un tabouret assez haut en écartant innocemment ses jambes.

Mes testostérones avaient gagné, par KO, leur combat contre mes sucs digestifs !

Je sortis le pan bagnat du réfrigérateur et le plaçais sur une sorte de soucoupe en porcelaine blanche qui avait contenu pas mal de produits chimiques plus ou moins dangereux. J’espérais que ma « fille de laboratoire » avait bien fait la vaisselle.

Pascale s’excitait toute seule :

- Hum, du pan bagnat parfumé à l’acide chlorhydrique, j’adore !

Elle avait l’odorat bien développé et pas que ça ! (je m’en aperçus plus tard…).

Avec un scalpel, emprunté à la prof de SVT, et qui avait dû disséquer pas mal de grenouilles, de rats et de vers de terre, je coupais en deux parties égales mon fameux sandwich. Immédiatement, l’huile d’olive prit les jambes à son cou pour tenter de s’enfuir.

Je regardais ma montre, il était douze heure trente. Il était temps de manger.

Pascale, elle, n’avait pas d’état d’âme : elle ouvrit sa bouche en grand pour engloutir un gros morceau de pain huileux accompagné de thon et d’une rondelle de tomate. J’hésitais à faire comme elle et je me contentais de picorer comme si j’avais un bec d’oiseau rachitique.

Et ce qui devait arriver, arriva ! Un petit filet d’huile d’olive se mit à couler sur les lèvres et sur le menton de Pascale. S’en rendait-elle  compte seulement ? Elle mangeait avec appétit.

Moi je n’avais plus faim et une idée malsaine naquit dans les circonvolutions de mon cerveau fatigué.

Je pensais :

Et si je léchais, avec ma langue, cette huile qui dégoulinait sur la peau du visage de Pascale ? Que ferait-elle ?

A cette pensée, mes cheveux se dressèrent virtuellement sur ma tête.

C’est alors que Pascale me dit :

- Alain, ne me prends pas pour une folle et ne vas pas imaginer quoi que ce soit, mais j’ai envie de faire quelque chose…

 

A suivre

 

Note :

 

* Le pan bagnat est un sandwich niçois au thon, aux crudités et à l'huile d'olive, composé dans un petit pain rond réalisé spécialement à cet effet.

Histoire :

Pan bagnat en niçois signifie « pain mouillé », sous-entendu du jus de la tomate de la préparation, de vinaigre ou d'huile d'olive. Cette terminologie est directement voisine de l'italien pane bagnato, ou de forme abrégée, plus musicale et poétique, pan bagnato, pain mouillé.

Le pan bagnat est au départ le casse-croûte à emporter des pêcheurs et autres travailleurs du matin et élaboré à partir d'ingrédients simples, locaux et bon marché. Ainsi, le thon, qui fait à présent partie de sa composition chez tous les marchands, a remplacé l'anchois. En effet, le thon était au XIXe et au début du XXe siècle un poisson cher, comparé à l'anchois, poisson populaire. La variante au thon est donc la variante « riche » du pan bagnat.

Composition :

C’est la même que celle de la salade niçoise, c’est-à-dire uniquement des crudités, du thon ou de l’anchois et de l’œuf dur coupé en rondelles. Le tout est copieusement arrosé d’huile d’olive et d’un peu de vinaigre, afin de bien « tremper » le pain, ce qui le rend plus facile à mastiquer. Les ingrédients couramment utilisés sont : tomates, œufs durs, thon (les anchois sont préférables), févettes (fèves jeunes et tendres), poivrons verts, petits oignons frais, radis, salade, feuilles de basilic, olives noires de Nice, sel et poivre. Le pain (un pain généralement rond) est ouvert complètement en deux, mouillé de vinaigre et de beaucoup d’huile d’olive et garni de ces ingrédients.

 

 

 

 


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1. anaflore  le 04-10-2014 à 09:39:41  (site)

joli ton nouveau bandeau
toujours plein de fantasmes lol
bon début d'année

2. anaflore  le 04-10-2014 à 09:40:47  (site)

Hey

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posté le 27-09-2014 à 08:06:38

Grasse (118).

 

 
Voilà ce que je deviens lorsque je regarde
les gros seins de Pascale...
 

Sandrine enceinte ? Voilà un coup de massue qui s’abattait sur mes espoirs de la séduire. Mais je n’en étais pas sûr !

J’essayais de regarder Pascale comme on contemple une œuvre d’art. Avec mes yeux ronds et écarquillés, je devais ressembler à un calamar des grandes profondeurs.

- Mais elle a quoi Sandrine au juste ?

Je tentais une question qui me coûtait beaucoup d’énergie ; je m’en retrouvais tout ramolli.

Pascale devait se demander pourquoi j’étais aussi curieux. Elle se trouvait juste en face de moi et les effluves de son parfum commençaient à me saouler presque autant qu’un troisième whisky bu à un comptoir d’un bar plutôt louche de la vieille ville de Grasse.

Elle portait une sorte de polo bleu qui moulait ses seins que mon regard de physicien, habitué aux mesures scientifiques, devait estimer à un bon 95b. Il aurait fallu que je les tâtasse (subjonctif imparfait du verbe tâter à la première personne du singulier)  pour pouvoir déterminer plus précisément la texture de ses protubérances mammaires. J’en étais encore loin !

Pascale me lança une réponse qui me plongea presque dans un état qui ressemblait à un coma éthylique.

- Je n’ai pas le droit de te le dire !

Ma tête bascula vers l’avant comme si mon cou se ramollissait autant qu’un caramel oublié au soleil. Je vis alors ses genoux et au moins vingt centimètres de ses avant-cuisses qu’une jupe assez courte dévoilait sans pudeur. J’en oubliais presque Sandrine qui ne portait pratiquement que des jeans mouleurs de fesses.

Il était onze heures quarante-cinq. Je devais me presser pour aller dans mon labo avant le rush de midi des élèves affamés qui se précipitaient vers la cantine.

- Je vais manger dans mon labo, dis-je à Pascale pour rompre le contact et pour éviter que mes testostérones n’entrassent en compétition avec les sucs gastriques de mon estomac.

Elle osa me répondre :

- Tu veux bien m’offrir quelques miettes de ton sandwich ? Je n’ai pas encore de tickets de cantine.

J’avais bien envie de refuser, car mon casse-croute au thon, à la tomate et à l’huile d’olive dégoulinante, me faisait presque honte.

- Avec plaisir ! m’entendis-je lui répondre aussi hypocrite qu’un arracheur de dents de Nouvelle Guinée.

Et je la conduisis vers mon labo en pensant au désordre monumental de cette petite pièce qui communiquait avec ma salle de classe grâce à une porte semi-blindée de couleur bleu-pétrole.

Quand elle entra dans le labo, je vis presque ses narines frémir.

- Hum ça sent l’acide chlorhydrique par ici ! dit-elle en me lançant un regard peu anodin.

Comment connaissait-elle cet acide ? Pour un prof de lettres modernes c’était tout simplement étonnant.

Et soudain je me souvins, qu'elle m'avait raconté, que dans sa jeunesse elle était tombée amoureuse de son professeur de physique-chimie.

Avais-je fait entrer une louve dans ma bergerie ?...

 

A suivre

 
 
 


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posté le 20-09-2014 à 08:13:36

Grasse (117).

 

 

J’avais l’air d’une banquise, mais j’étais le Vésuve !

Je ne sais pas si Pascale Degrège s’en aperçut. Elle avait un regard qui ouvre les portes, qui traverse les murailles, je dirais.

Toute personne normalement constituée aurait rompu le contact, mais pas elle.  Avait-elle gratté suffisamment la couche de verni glacial qui me recouvrait pour sentir cette vapeur brûlante qui suintait de mon corps ?

- Tu enseignes quoi, toi ? me dit-elle en plantant ses yeux dans les miens.

Moi, je fis court :

- La physique-chimie.

Elle embaumait « Les jardins de Bagatelle » de Guerlain, moi je devais sentir un cocktail d’acide chlorhydrique et de soude, car j’avais passé une heure dans mon labo à remplir une multitude de flacons compte-gouttes en vue des prochains travaux pratiques de ma classe de 1ère S. 

- J’aimais bien cette matière quand j’étais au lycée, en seconde, murmura-t-elle. Il faut dire que j’avais un prof craquant ! Et puis j’ai divagué vers les études littéraires à cause d’un chagrin d’amour…

Je ne comprenais pas bien son histoire, ambigüe à souhait.

Et pour me troubler encore plus, elle ajouta :

- Mais maintenant je suis majeure et vaccinée !

Que voulait-elle dire par là ?

Fantasmait-elle sur les profs de physique-chimie au lourd parfum acidulé ?

Il fallait que je parlasse au lieu de rester muet comme une truite saumonée :

- Et c’est une mutation définitive dans notre lycée ?

Quelques neurones fatigués avaient dû griller dans mon cerveau à l’issue de cette phrase d’une longueur inhabituelle.

- Hélas non, répondit-elle ! Je remplace Sandrine S… pour une durée indéterminée.

Mon cœur devint comme un cheval sauvage dans un rodéo du Far-West. J’allais peut-être savoir ce qu’était devenue Sandrine, celle qui m’avait giflé en me faisant une caresse légère avec sa main sur la joue quand je l’avais embrassée sur la bouche à la fin de l’année scolaire précédente.

Curieux comme un jeune haricot qui sort de terre, je me hasardais à lui poser une question que je trouvais bien indiscrète :

- Mais elle a quoi ? Elle est malade ?

Pascale, avec la finesse d’une femme intelligente, dut lire dans mon cœur l’intérêt que je portais à ma collègue mystérieusement disparue.

- Heu oui, c’est-à-dire non…

Mais que signifiait cette réponse digne d’un chat quantique* qui se trouvait à la fois mort et vivant enfermé dans une boîte ?

Elle contempla mon visage comme si elle corrigeait une copie d’un cancre professionnel. Il faut dire que sur le coup de l’incompréhension, mes sourcils avaient pris la forme d’accents circonflexes alors que peut-être ils auraient dû adopter la position d’accents graves.

Pascale avait un sourire intérieur qui débordait un peu de son visage :

- On ne peut pas dire que ce qu’elle a est une maladie… !

Une digue se rompit et mon cerveau fut envahi par des flots impétueux.

Je crus alors comprendre !

Sandrine n'était-elle pas enceinte ?...

 

A suivre

 

 

Notes :

 

* Un pauvre chat est enfermé dans une boîte pourvue d'un hublot.

Dans un coin de la boîte, un atome d'uranium radioactif et un détecteur conçu pour ne fonctionner qu'une minute. Pendant cette minute, il y a 50% de chance pour que l'atome U se désintègre en éjectant un électron; lequel électron ira frapper le détecteur; lequel détecteur actionnera alors un marteau qui brisera une fiole de poison mortel placée dans la boîte du pauvre matou... Fermons la boîte, déclenchons l'expérience et demandons-nous AVANT de regarder par le hublot si le chat est vivant ou mort... Evident me direz-vous, il a 50% de chance d'être vivant et autant d'être mort.

Eh bien figurez-vous que la physique quantique a un doute: elle vous dira que le chat, AVANT observation, est vivant ET mort à la fois! Absurde! Et pourquoi!? L'état (vivant ou mort) du chat ne dépend en fait que de l'état (émission d'un électron ou non) de l'atome d'Uranium. Or la physique quantique affirme que l'atome U est un être quantique auquel est applicable le principe de superposition: les particules atomiques peuvent exister dans plusieurs états superposés et simultanés.

 

 

 


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posté le 13-09-2014 à 10:10:33

Grasse (116).

 


Vendredi matin à 11h, je traînais dans la salle des profs à cause de mon emploi-du-temps-gruyère parsemé de trous que je n’eus pas la force de tenter de combler en allant voir l’administration comme beaucoup de collègues faisaient, en pleurnichant, en invoquant des raisons familiales plus que douteuses, pour obtenir le déplacement de telle ou telle heure. J’avais ma fierté moi !

A 11h05, une jeune femme entra dans la salle. Elle me dit bonjour presque timidement et alla regarder dans son casier situé près de la fenêtre. Il était tout en bas et la pauvre dut s’accroupir pour l’ouvrir. Elle portait une jupe qui remonta jusqu'à mi-cuisses à cause de son mouvement tout en souplesse. Dois-je l’avouer, j’avais une vue plongeante entre ses jambes écartées et je me dis, dans ma tête de mâle-chasseur-d’émotions-érotiques, qu’il fallait bien que je profitasse de cette splendide vision qui vint, par hasard, me remonter le moral qui était au fond de la cave remplie d’araignées. Bon, au bout de trente secondes, vaincu par ma morale chrétienne, je détournais mon regard qui se porta sur le panneau syndical où se côtoyaient le SNES et le SNALC qui se regardaient en chiens de faïence…

Ma jeune collègue, du moins je le pensais, fila vers les toilettes et revint cinq minutes plus tard en se dirigeant vers moi. J’avais déjà apprécié l’arrondi soyeux de ses cuisses et maintenant son joli visage provoqua, sur mon cœur,  une décharge digne d’un défibrillateur à pleine puissance. Je m’en voulais d’être aussi sensible, de me transformer en larve émotionnelle au moindre contact avec une fille aussi sexy qu’elle.

Ne me demandez pas si elle était blonde, brune ou rousse, je ne sais pas ! Mon cerveau s’était ramolli comme de la bouillie préparée pour bébé gazouillant avec plein d’areu.

Elle me tendit la main, je me sentis soudain vieux, je lui donnais vingt-cinq ans et elle devait certainement estimer mon âge à …ans.

- Je suis Pascale Degrège, professeur de lettres modernes !

C’était donc bien une nouvelle enseignante nommée cette année dans notre lycée.

Elle avait un sourire à nous faire tomber dans les escaliers.

Mon cœur faisait de la balançoire ou s’affolait  dans le grand huit ou gigotait dans une auto-tamponneuse.

Je ne pus que répondre :

- Heu… (presqu’un areu…)

Pourtant son sourire ne vacilla pas et ses yeux pétillaient comme des bulles de Champagne.

- Tu peux me vendre un ticket de cantine ? me dit-elle.

Elle ne pouvait pas le savoir, mais moi je ne mangeais jamais à la cantine ! Je déjeunais dans mon labo, tout seul, dans le silence, en respirant avec délice les vapeurs d’acide chlorhydrique (notez bien l’orthographe) qui s’échappaient des flacons mal bouchés placés dans des armoires bancales …

Je fus obligé de répondre :

- Non !

Une longue phrase sans fioriture !

Elle ne se découragea pas et me donna une information qui fit plonger tous mes neurones dans une piscine remplie de whisky…


 


A suivre


 


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posté le 06-09-2014 à 08:59:25

Grasse (115).

 

Surtout, ne me demandez pas pourquoi

j'assimile Françoise Jétoulu à une puce... 

 .

  La première semaine de cette nouvelle année scolaire est terminée et déjà les profs ont commencé à tisser cette armure qui les protège contre les élèves, leurs parents, l’administration, l’inspecteur et le ministre de l’éducation nationale.

C’est une armure invisible qu’on est obligé de porter dès que l’on pénètre dans le lycée et que l’on rapporte chez soi en fin de journée. Car à la maison on a des copies à corriger et des soucis, parasites immatériels, véritables puces suceuses de cervelle, qui nous suivent partout et qu’aucune potion magique n’arrive à nous en débarrasser.

Ça a commencé le jour de la prérentrée quand j’ai noté la disparition du casier de Sandrine, la prof de lettres modernes, dont la vision de ses fesses moulées dans son jeans, arrivait, l’année dernière, à me remonter légèrement le moral.

Où était-elle passée celle-là ? Malade ? Morte ? Mutée   dans un autre établissement ? J’avais essayé de mener ma petite enquête auprès de Françoise Jétoulu, la documentaliste, nymphomane et langue de pute au sens propre comme au sens figuré… Rien, elle ne savait rien !  Déjà le premier Mardi elle avait voulu m’entraîner vers la petite salle sans fenêtre de la photocopieuse, pour essayer, contre mon gré, de pratiquer sur moi, une ponction séminale. Elle aimait ça, la garce, tout comme Madame Coqualo, ma voisine dans l’immeuble où j’habitais. Je résistais comme je pouvais à ces femelles pompeuses qui se délectaient de mon nectar qui n’était pas inépuisable.

J’avais déjà repéré Michèle Latuire, la cinquantaine avancée, parfumée avec Shalimar et porteuse d’une petite paire de moustaches pratiquement invisibles qui avaient chatouillé mes joues le jour de la prérentrée. Elle enseignait l’histoire-géo, une matière que je détestais quand j’étais élève.

Il fallait que je trouvasse parmi les nouveaux arrivants celui ou celle qui allait remplacer ma déesse aux fesses joufflues, disparue sans laisser d’adresse.

Lionel Allaru, un autre néo-prof, lui, enseignait l'EPS, discipline que j’abhorrais* quand j’étais jeune. Je l’ai tout de suite surnommé, dans ma tête, « le SDF », allez savoir pourquoi.

Il y avait aussi Patrice Pianot, qui, Mercredi matin, s’était assis à côté de moi dans un fauteuil défraichi de la salle des profs. Quand il se présenta, naïvement je lui demandai :

- Prof de musique ?

Il me répondit laconiquement :

- Non d’italien !

Pour lui montrer que j’avais de la culture latine j’eus envie de lui dire le proverbe « chi va piano, va sano », mais il ressemblait tellement à Mme Merckel, l’allemande qui fait la loi en Europe, que cela me refroidit quelque peu.

Mon nouvel emploi du temps était chaotique ; j’allais passer de longues heures à « glander » près de la machine à café.

Il ne me restait plus qu’à découvrir Emeline Fiton et Pascale Degrège. L’une d’entre-elles était nécessairement la remplaçante de Sandrine, ma muse disparue…


A suivre

 

Notes : 


* Abhorrer : Détester.

 


 


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