posté le 10-05-2016 à 08:59:59

Marina (69).

 

La pré-rentrée des professeurs, une journée redoutable !

 

 

Ce lundi, pré-rentrée au collège !

Après une année sabbatique pour préparer mon agrégation de physique, lamentablement ratée, je retrouvais cet établissement que j’avais visité plusieurs fois incognito pendant mon absence.

Marina, la prof de SVT, me recevait de temps en temps dans son labo pour des travaux pratiques innommables qui se terminaient toujours sur la paillasse carrelée parmi le matériel de biologie qui puait le formol. Ma salle se trouvait juste en face de celle de mon ex-collègue qui croupissait en prison, aux Baumettes, pour le meurtre supposé de son mari Victor.  

La matinée se passa étrangement dans une salle de réunion, remplie de brouillard, me semblait-il. C’étaient peut-être mes yeux qui créaient cette sensation de flou après les nombreuses nuits blanches passées à penser à Sonata, la pharmacienne, disparue dans des circonstances suspectes. J’entendais parler le principal sans distinguer ses paroles. Il devait certainement évoquer le sacro-saint règlement intérieur, jamais appliqué et que nous connaissions tous par cœur. Mes paupières  se soulevèrent un tout petit peu lorsque j’eus entre les mains mon emploi du temps qui allait rythmer ma vie tout le long de cette année scolaire. Bof, il n’était ni meilleur, ni pire que les années précédentes ; j’avais mon lundi de libre, ce qui me permettait de digérer mes week-ends passés à corriger des copies.

A midi, comme des moutons, mes collègues se dirigèrent vers la cantine pour l’apéritif de rentrée. Moi, j’allais me réfugier dans ma salle du rez-de-chaussée pour éviter de parler. Je croisais dans le hall, ELLE, la prof de lettres modernes, qui avait, il fut un temps, titillé mes neurones et épanoui ma libido qui n’était que poétique. Oui je vous le jure !  Elle eut, comme un rictus d’ennui, en me voyant, ce qui fit brûler instantanément et virtuellement les quinze mille vers que j’avais écrits pour ELLE. J’eus, un bref moment de nostalgie, un retour gris dans le passé, lorsque je vis ses fesses, bien moulées dans un jeans en coton. Bonheur désuet, bonheur perdu, bonheur qui avait gravé à jamais dans ma tête, des espoirs insensés, des bulles d’amour, aujourd’hui défraîchies. Son prénom même, je l’avais oublié, Amandine ? Joséphine ? Clémentine ? En tout cas une rime en « ine » qui cadrait bien avec son humeur « assassine !

Le long couloir sentait la poussière de l’été et en tendant l’oreille, on avait l’impression d’entendre les cris des élèves dans la cour de récréation, des cris comme coincés entre ces murs gris, des cris fantômes, fugitifs, de l’année trépassée.

Quand j’étais vraiment seul, dans ma tête tournoyaient quatre prénoms de filles qui avaient animé mon année sabbatique : Marina, Serena, Amanda et Sonata. Arrivé devant la porte de ma salle de classe, je m’arrêtais un instant, comme pour effacer mes anciens souvenirs. J’entendis alors, derrière mon dos, le bruit d’une clé certainement  perdue dans une serrure. En me retournant, je vis une jeune femme qui tentait d’ouvrir, sans succès, la porte du labo de SVT. Une cambrioleuse ? Il suffisait de faire trois pas pour me retrouver à côté d’elle. Elle parut honteuse, gênée, quand elle se présenta :

- Je suis Antonella, la remplaçante de Marina V…….. et je n’arrive pas à entrer dans le labo.

Je pris un air important en lui répondant :

- C’est normal, il faut avoir un passe spécial pour ouvrir ce genre de porte !

Et immédiatement je lui proposais mon aide en introduisant dans la serrure ma clé tubulaire qui ouvrait toutes les portes sécurisées.

Antonella, savait-elle seulement, que je n’avais qu’une hâte, c’était de savoir, si Victor, le témoin de mes turpitudes passées, le squelette muet et moqueur, se trouvait encore dans le labo…

 

A suivre

 

 
 


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posté le 03-05-2016 à 08:15:04

Marina (68).

 

Sonata disparue ? Presqu’un coup de massue reçu en pleine face !

Je regrettais de l’avoir un peu mise de côté pour m’occuper de Marina et d’Amanda.

J’entrais dans ma voiture comme dans une chambre à gaz, presque ivre, avec un taux d’alcoolémie dépassant les normes autorisées. Et pourtant j’étais aussi sobre qu’un pinson tombé d’un nid situé sur un arbre d’une abbaye de moines abstinents. Comment conduire dans ces conditions ? Englué dans un brouillard incertain en ce mois d’Août qui rendait l’âme, j’entendis tapoter contre la vitre avant-gauche de ma voiture. Machinalement j’actionnais le bouton concerné du lève-baisse-vitre électrique. J’aperçus alors la tête d’une jeune femme qui ne souriait pas et qui me fit un signe avec son index droit replié vers le haut pour m’entraîner vers une porte cochère où elle avait l’habitude de se réfugier pour fumer une cigarette. Elle était pressée et semblait apeurée. Elle se présenta rapidement :

- Je suis Hortensia, la collègue de Sonata.

Elle portait une blouse blanche, ouverte sur un panorama qui me laissa de marbre ou plutôt de glaise ramollie. Elle se pencha vers moi et me lança une bouffée d’haleine « cigarétoïde », une odeur de tabac brûlé comme Jeanne d’Arc. Elle enclencha un monologue à haut débit qui me saoulait comme un verre de vodka trop matinal.

- Sonata m’a parlé de vous, un soir de solitude et j’ai cru comprendre que vous aviez flashé sur elle. Vers la mi-juillet elle me dit qu’elle allait passer quelques jours en Italie et depuis elle a disparu !

Je savais déjà tout cela et je la regardais sans rien dire comme lorsque l’on est réveillé brutalement la nuit par une crise d’apnée du sommeil. Je devais avoir l’air d’un caméléon dépressif sur un patchwork* de tissus multicolores.

Hortensia se tut un bref instant pour alimenter ses poumons en gaz cancérigènes. Je crus déceler sous ces relents de nicotine et de goudrons, un parfum que je connaissais bien, Shalimar de Guerlain. Et je pensais :

- Quel gâchis ! Les baisers mouillés de cette jeune femme doivent empester le tabac froid !

Hortensia, avec l’air d’un comploteur bolchévique, ajouta :

- Et vous ne savez pas tout. Sonata menait une double vie !

Je sentis ma peau se flétrir comme le papier des vieux parchemins du moyen-âge.

- Une double vie ? criais-je presque, avec l’étonnement ahuri d’un centenaire débonnaire.

 La jeune pharmacienne murmura :

- En fait, Sonata était aussi une escort-girl !

Mon cerveau devint soudain cent-pour-cent mâle :

- Une pute, quoi !

Je la voyais déjà assassinée par un client italien qui chantait « O sole mio » ou bien droguée et envoyée à Tanger par la maffia sicilienne ou alors enlevée et bâillonnée pour aller se prostituer dans les bordels de Tananarive…

- Pauvre Sonata, pensais-je, mais où est-elle en ce moment ?

Longtemps, j’avais espéré un signe d’elle, une bafouille de rien du tout pour me dire ce qu’elle devenait.

Pendant plusieurs semaines, ce fut un silence angoissant !

Je remerciais Hortensia qui avait fini de fumer sa clope. Elle me demanda le numéro de mon portable, pour me donner d’éventuelles nouvelles de Sonata.

En entrant chez moi, j’avais le cœur en vrille en pensant à cette grande rousse qui avait su me séduire et colorer ma vie, grise comme un après-midi londonien…

 

A suivre  

  

 

* Patchwork : ouvrage constitué de pièces de tissu, souvent disparates, cousues les unes aux autres pour créer un motif très coloré.

 

 
 

 
 
 
 
 
 


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posté le 26-04-2016 à 08:29:28

Marina (67).

 

 

                                                      Je n'ai vraiment pas de chance !

                                         Devinez quelle pharmacienne m'a servi...

 

 

J’étais assez impatient de revoir Sonata. Je l’avais un peu perdue de vue, en grande partie à cause d’Amanda, l’avocate de Marina, qui savait y faire pour extraire « la substantifique moelle » des mâles passant à sa portée. J’avais intérêt à gérer ma réserve de sperme qui n’était pas inépuisable. Sonata, je l’avais rencontrée par hasard et tout de suite j’eus, ce qu’on pourrait appeler un « coup de testicules » à défaut d’un coup de cœur qui viendrait peut-être plus tard.

Dans mes moments de solitude, le souvenir de cette fille, grande rousse sensuelle, au short marqué pas un cameltoe des plus coquins, avait permis de redresser la  tête de ma girafe, phallique et cracheuse, endormie dans ma main…

Ce matin-là, j’essayais d’améliorer l’ordinaire, c’est-à-dire de soigner ma présentation malgré la chaleur de ce mois d’Août. Rasé de près et légèrement parfumé, je voulais faire bonne impression après ces quelques semaines passées loin d’elle.

La pharmacie était pleine de « malades » ! Mais que venaient-ils faire là, mon Dieu ? Je pris un ticket pour attendre mon tour. J’en profitais pour regarder un peu autour de moi et « coller une histoire » sur chaque personne. En me fondant sur leur état physique, j’imaginais la pathologie qu’ils pouvaient avoir. Et peu à peu, mon empathie naturelle fit qu’ils me devinrent tous sympathiques. Les êtres humains sont fragiles et obligés de lutter contre de multiples fléaux. La maladie, je crois, en est le plus terrible.

Pour patienter, je cherchais Sonata que je ne voyais pas et cela commençait à m’agacer. Au terme d’une attente de quarante-cinq minutes, je pus enfin, comme un bateau fantôme,  aborder à l’un des comptoirs de la pharmacie. Je fus accueilli par une fanfare, non, par une employée assez défraîchie, aussi sympathique qu’un hareng en fin de vie. J’étais déjà assez gêné de lui demander cinq boîtes de préservatifs, lorsque derrière moi vint se placer, une sorte de Cougar  avide de chair fraîche. Cette dame chasseresse ne respectait pas la distance règlementaire définie par le SNPR (Syndicat National des Pharmaciens Réunis) de 1m52 entre les clients. Cette distance légale était sensée respecter la confidentialité des échanges verbaux patient-pharmacien. Cette dame était loin du compte (ou trop près de la proie) car je sentais sur ma nuque son souffle chaud de femelle en chaleur. Dois-je l’avouer, un début d’érection commençait à dresser mon couvert avec un couteau de belle facture.

Au moment de payer, je trompais ma timidité en demandant à la pharmacienne :

- Sonata est absente ?

Miss blouse-blanche me lança un regard bifide qui me fit supposer que cette femme avait dû être un serpent dans une vie antérieure.

Le taux de phéromones que me lançait la cougar devait certainement suivre une courbe ascendante car dans mon slip, ce n’était plus un canif, ni un couteau à dessert, mais un véritable couteau de boucher, comme celui qui désosse les gigots de kangourous.

La pharmacienne se pencha vers moi et me murmura :

- Voici plusieurs semaines que Sonata est partie en vacances en Italie et depuis on ne l’a plus revue ! En deux mots, Sonata a disparu !

Mon couteau de boucher à désosser se transforma immédiatement en canif nain ! Que voulez-vous, je suis un homme sensible, moi !

 

 

A suivre

 
 
 
 
 
 

 

 
 


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posté le 19-04-2016 à 08:24:25

Marina (66).

 

La calanque de Morgiou.

 

Blowjob ? Ce mot, je l’ai entendu pour la première fois quand j’avais dix-huit ans, dans un cinéma de quartier, poussiéreux, presque désert, lorsqu’une fille de mon âge, Gloria, une anglaise, pas très jolie, que j’avais rencontrée à la fac des sciences de Marseille, avait éjecté son chewing-gum sur la moquette violette et tâchée, pour engloutir mon sexe en permanence dressé.

Sur l’écran, quelque peu avachi, un film, « La grande vadrouille » essayait de survivre. Pour moi, ma vie s’était concentrée sur mon gland que la langue baveuse de la fille triturait comme un bâton d’esquimau glacé qui avait perdu tout son chocolat. Machinalement, je lui triturais les seins ou plutôt ses tétons, car sa poitrine était aussi plate que le discours d’un écologiste militant.

Fatalement, je ne pus tenir longtemps dans sa bouche que je remplis avec une bordée de sperme chaud et gluant qu’elle recracha sur la moquette. Elle étala le liquide séminal avec la semelle de sa chaussure pour le faire pénétrer dans les mailles du tissu violet. Une fois séché, le sperme, allait côtoyer les autres souillures qui parsemaient la moquette, souillures recrachées par des filles trop faciles dont la bouche, gouffre de chair humide, leur permettait de s’approprier ce qu’elles ne possédaient pas : un pénis.

Amanda, elle, avec un violent coup de hanche, me fit basculer sur le côté. Elle se retrouva assise près de moi et pencha sa tête vers mon bas-ventre pour venir façonner mon désir dressé avec ses lèvres aspirantes et masseuses comme les mains d’un sculpteur sur une colonne d’argile.

Dès lors, pendant un certain temps, je fus prisonnier de sa bouche, véritable machine de guerre, capable de faire jaillir des sources dans les déserts les plus arides. Mon cerveau s’était réfugié dans ma tour phallique et semblait y avoir développé une profusion de terminaisons nerveuses, prêtes, à un moment donné, et toutes ensemble, à décharger une infinité d’influx nerveux vers ma moelle épinière, gardienne des vannes de mes jets spermatiques. Il y eut comme un tsunami dans la bouche de l’avocate, une vague gluante qui l’inonda jusqu’ à ses amygdales ; elle avala tout.

Elle voulut m’embrasser sur la bouche et, malgré mon dégoût, je la laissais faire pour la remercier. Mais je lui dis stop, quand elle se mit à quatre pattes dans la position favorite des lévriers femelles. Malgré la vision de sa fissure intime, je ne pouvais lui offrir qu’un caramel mou. Elle fut à la fois déçue et compréhensive. Bonne fille, elle passa sa main sur mon visage, comme pour me consoler.

Nous reprîmes la voie du retour par le chemin de Morgiou. Dans sa BMW, je gardais le silence, mais pas elle. En me laissant près de ma voiture, elle me fixa d’autorité un nouveau rendez-vous et je compris que j’avais intérêt à ce que ma flèche, cette fois-ci, ne se trompât pas de cible.

Chez moi, je constatais avec désolation que mon stock de préservatifs était épuisé et je me décidais à aller à la pharmacie pour que Sonata pût m’en procurer…

 

 

                                                                                                               A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 12-04-2016 à 10:48:00

Marina (65).

 

Je n'osais pas rejoindre  maître Amanda Di-Stretta dans l'eau

par peur d'une hydrocution...

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Sans lâcher mon sexe, maître Amanda Di-Stretta s’écria :

- Oh, on dirait que vous avez une fuite d’huile !

Mais ce n’était pas de l’huile de moteur, c’était plutôt une bordée de liquide séminal à 37°C, que mon gicleur phallique avait projeté sur son ventre. Là, mes spermatozoïdes, ivres de bonheur et remplis d’un espoir insensé, croyaient trouver les ovules de l’avocate. Las, pour eux c’était  pire que le désert de Gobi. Les pauvres, ils périrent bien vite, englués dans de la mélasse spermatique qui avait la fâcheuse tendance de sécher à l’air libre et au soleil.

Amanda me fit les gros yeux comme on les fait au cuisinier qui a raté sa mayonnaise et elle me dit :

- Je vais me baigner pour retirer de ma peau l’élixir de jeunesse éternelle que vous m’avez si généreusement offert ! Vous venez avec moi ?

Il était quatorze heures douze et il ne me restait plus qu’à subir une hydrocution de première classe. Elle m’entraîna dans l’eau en me tirant par la main. Je voulais traîner les pieds, mais cela s’avéra difficile sur les galets. Je me laissais donc faire, en lorgnant sur ses fesses nues quand même ; autant avoir une belle vision avant de mourir. L’eau glacée fouetta mon corps et je sentis des milliers d’aiguilles liquides s’enfoncer dans ma peau. Amanda se tourna vers moi et me dit :

- Allez, ne soyez pas cruche, aidez-moi à enlever toute cette saleté !

Ma main hésitante se promena, timide comme un moinillon, sur les seins, puis sur le ventre de l’avocate. J’aurais bien poussé l’excursion jusqu’entre ses cuisses, mais je n’osais pas car je craignais une réaction négative de sa part. Soudain je sentis sa main se refermer avec force sur mon appendice phallique et commencer, ce que les anglais appelleraient, un puissant handjob (1). Sans demander mon autorisation, mes doigts allèrent se ficher entre les lèvres de sa vulve et entreprirent un vigoureux mouvement de va-et-vient qui la fit crier. A ce moment-là, les mouettes nous regardèrent, perplexes…Encore une fois je pensais à Simone, ma voisine extra-vierge qui avait une odeur de moisi et  cela pour éviter de souiller, avec mon élixir testiculaire, la mer Méditerranée qui était assez polluée comme ça.

Les yeux d’Amanda avaient l’allure de ceux d’un junky (2) égaré dans une rave-party (3) qui se déroulait dans un coin perdu du Massif Central. Bien qu’une partie de moi-même ressemblât à une anguille turgescente, je n’avais pas la vocation de faire l’amour dans la mer comme les poissons. C’est pourquoi je forçais Amanda à sortir de l’eau pour la faire étendre sur le mini-pseudo-rivage caillouteux. Et illico je  m’allongeais sur elle. Merveilleux matelas pneumatique que le corps de l’avocate ! Mais avant de la pénétrer, je me devais d’entreprendre un bouche-à-bouche baveux avec elle accompagné d’un combat de langues  homérique. Je suis un grand romantique, moi, que voulez-vous !

Mais Maître Di-Stretta avait une autre idée en tête ! Elle retira sa langue de ma bouche pour me dire :

- Chéri, j’ai envie de te faire un blowjob (4) !

Tiens, elle me tutoyait maintenant ! Heureusement que la littérature argotique anglaise nous permettait de nous exprimer sans vulgarité !...

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Handjob : Le handjob (littéralement « travail de la main ») désigne une pratique sexuelle durant laquelle une masturbation est effectuée à l'aide des mains sur un partenaire consentant dans le but d'obtenir une excitation sexuelle ou un orgasme.

2- Junky : toxicomane qui consomme des drogues dures.

3- Rave-party : réunion souvent clandestine d'un grand nombre de personnes venues danser sur des musiques technos et cherchant à entrer dans un état de transe.

4- Blowjob : Fellation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 05-04-2016 à 09:30:37

Marina (64).

 

 

Amanda collée contre moi, parlait sans s’arrêter. Je ne l’écoutais même pas, occupé que j’étais à contrôler mon taux de testostérone qui me transformait en gladiateur du sexe. Elle, apparemment se souciait peu de ce membre turgescent qui dressait la tête, insolent comme un élève de troisième.

Il aurait suffi d’un mouvement maladroit de ma part, d’un geste tout à fait involontaire, pour la pénétrer et la clouer sur place comme un martyre des temps anciens. Allais-je pouvoir encore tenir longtemps, bloquer  le flux de sperme qui ne demandait qu’à jaillir ? De temps en temps, je regardais la mer qui paraissait glaciale et qui aurait pu figer ma libido ou bien me tuer par une hydrocution foudroyante. J’étais dans de beaux draps !

Je m’en voulais d’être ainsi le digne représentant du macho de base, celui qui pense avec son sexe, haï par la majorité des femmes d’après leurs dires.

Alors je me mis à penser à Simone, ma voisine de palier, professeur de lettres classiques, vieille fille patentée, certifiée cent pour cent vierge, sexy comme une enclume et coincée comme une vis rouillée. En imaginant de passer une nuit avec elle, je me sentais devenir impuissant à vie, avec un sexe aussi mou qu’un avorton de limace anorexique. Et ça marchait ! Entre mes jambes, je sentais mon sceptre se ramollir et baisser la tête comme un moine obéissant. Fichtre et Amanda fichait tout par terre en me disant :

-Tiens, tiens, il me semble que votre levier de changement de vitesses a une petite faiblesse ! 

Cette phrase murmurée « innocemment » effaçait de ma tête Simone la quasi-nonne et faisait dresser, entre mes jambes, ma lance comme un canon en acier inoxydable.

Si proche d’elle, j’avais une vision limitée de son corps :

- ses yeux avaient la rouerie des filles des maisons closes du Moyen-Age.

- Son nez semblait frémir comme celui d’une femelle en rut à l’approche du mâle dominant.

- Sa bouche pulpeuse comme une orange maltaise se tenait prête à engloutir une légion de phallus romains.

- Sa petite langue humide promettait de languissantes caresses.

- Ses seins, semblables à des poires de Turquie, pointaient par des mamelons durs comme l’ébène.

- Sa vulve entrouverte ressemblait à une salle de cinéma pornographique interdite aux moins de trente ans.

Que faire pour ne pas jaillir, là, tout de suite, comme un geyser finlandais qui se réveillait après des siècles de sommeil ?

Alors j’essayais de parler de voitures avec elle. Discuter de moteurs n’avait rien de bien sensuel. Je lui demandais si elle était satisfaite de sa BMW. Le seul problème pour elle, c’est qu’elle trouvait sa boîte de vitesses un peu dure.

- Bizarre ça ! lui dis-je pour alimenter la conversation.

- Oui, continua-t-elle, j’ai des problèmes pour passer de la seconde à la troisième.

Mon visage se voulut expressif en simulant un rictus de doute.

- Vous ne me croyez pas ? me dit-elle. Je vais vous expliquer.

Elle se pencha vers mon bas ventre et saisit mon pénis comme si c’était un levier de changement de vitesses.

Elle mima, le passage sans accroc de la première, puis en me serrant de plus en plus fort, elle bascula mon sexe vers l’arrière comme si elle passait la seconde.

- Voilà, c’est en passant la troisième que j’éprouve un problème, cria-t-elle pour couvrir le bruit des vagues qui s’écrasaient contre les rochers.

Et c’est quand elle passa la troisième, que moi j’eus un gros problème !...

 

A suivre

 

 

 

 


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posté le 29-03-2016 à 10:05:44

Marina (63).

 

Risque d'hydrocution. 

 

Après le déjeuner sur la terrasse du Nautic-Bar, Amanda voulut, et ça je le redoutais, aller se baigner dans un petit coin tranquille de la calanque, à l’abri des regards indiscrets.

Il était 13h30 et pour moi, pas question de me mouiller avant 16h30, une fois la digestion presque terminée. Ma mère m’avait longtemps seriné (1), dans ma jeunesse, les dangers d’une hydrocution (2) après un repas. Pour Amanda, cela ne devait être qu’une baliverne (3) de bonne femme.

Elle me conduisit, par un chemin aussi tordu qu’elle, dans une sorte d’anfractuosité de quelques mètres carrés creusée dans la paroi rocheuse. Il y avait juste de la place pour deux personnes et encore, si elles étaient étroitement enlacées. Il suffisait de se déplacer de quelques dizaines de centimètres pour entrer dans l’eau et probablement périr brutalement d’une hydrocution.

Amanda se déshabilla sans façon et se retrouva rapidement nue en me priant de l’imiter.

L’imiter ? Je n’avais pas l’âme d’un chippendale (4) !

Elle comprit ma réticence à me dévêtir   devant elle et avec un air moqueur, elle me dit :

- Allez, enlevez tout sans crainte, je me retourne pour ne rien voir !

Mais mon problème à moi, était que la vision de ses seins en poires et de son pubis épilé avait déclenché une érection phénoménale. Pire encore, quand je fus totalement nu, de par l’exiguïté du lieu, mon pénis dressé se dandinait sur ses fesses rebondies.

Elle pouffa de rire et murmura :

- Je ne vois rien, mais je sens quelque chose de dur contre mon derrière !

Elle s’allongea sur les galets et me demanda de faire de même.

C’est que, à ce moment-là, je me retrouvais collé contre elle. Ses seins s’écrasaient sur ma poitrine et mon pénis devenait fou entre ses cuisses. A quel jeu jouait-elle ?

Je savais que l’eau froide ramollissait les sexes durs et arrivé à ce stade de la compétition, il ne me restait plus que deux possibilités :

 la petite mort (5) ou la grande mort.

Ou pour parler plus clairement : l’éjaculation ou l’hydrocution !...

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Seriner : répéter inlassablement (quelque chose à quelqu'un) dans un but didactique.

2- Hydrocution : syncope par choc thermique consécutive à une immersion dans l'eau froide.

3- Baliverne : parole ou écrit vain et peu sérieux.

4- Les Chippendales sont une troupe de danseurs masculins faisant du strip-tease.

5- « La petite mort  » : orgasme.

 L'origine de cette expression remonte au XVIe siècle, à l'époque d'Ambroise Paré.

A cette époque, "la petite mort" désignait la syncope ou l'étourdissement, mais aussi et surtout les frissons nerveux.

En ce qui concerne l'évanouissement court, on peut effectivement l'assimiler à une « petite » mort, contrairement à la « grande », la vraie, la définitive.

Les heureux hommes qui ont déjà vécu ça, savent que l'orgasme provoque, de manière plus ou moins fugace, des symptômes proches de ce que désignait autrefois la locution (le « grand » frisson).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 


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1. la piote  le 29-03-2016 à 11:10:47  (site)

Hello vous

J avoue la baignade c est pason piot truk

Mais avec une jolie fin comme ça...

Elle pourrait devenir un de mes loisirs

AU LE DIEUX M PARDONNE !!!!

A ton habitude l ami des Mots,

Un sublima ECRIT... Bravo & merci.

Bonne semaine a toi

Et au bon piot plaisir de te relir.

Bosoux de mpi.

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posté le 22-03-2016 à 08:50:29

Marina (62).

 

La terrasse du Nautic bar surplombait la calanque de Morgiou et nous nous installâmes à une table qui offrait une vue plongeante sur le port.

Amanda commanda aussitôt des apéritifs. Je la voyais venir de loin : elle comptait déjeuner ici et se régaler de la spécialité du coin, les poissons. Quelle horreur ! Que faire pour ne pas paraître ridicule à ses yeux ? Je n’ai jamais aimé manger du poisson et la seule fois, dans mon enfance, où ma mère me força à le faire, j’ai développé une brutale attaque d’urticaire.

En apéritif, elle prit un kir royal et moi un simple Martini rouge ; je commençais à me sentir minable devant elle.

En entrée, elle choisit des « Filets de rougets en tartines d'aubergine sur lit de ratatouille » et moi j’optais pour des « Beignets de fleurs de courgettes ». C’est à partir de là qu’elle commença à me regarder de travers.

En parfaite avocate, elle me devança pour commander ensuite une bouillabaisse (deux personnes minimum). Elle essaya ainsi de m’emprisonner dans son délire gastronomique.

Moi je fis la moue et j’eus l’impression de me trouver devant une cours d’assises, jugé pour le meurtre de quelques santons de Provence. J’eus le réflexe, vite réprimé, de lever la main droite et de jurer de dire toute la vérité. Ma vérité à moi, c’était que j’étais allergique aux poissons, ce qui torpillait de fait sa bouillabaisse pour deux personnes minimum.

Dépitée, elle se rabattit sur une « Dorade grillée de Méditerranée », tandis que j’osais commander une « Entrecôte sauce poivre vert », ce qui lui fit lever les yeux au ciel et maugréer :

- Quel con ! Manger de la viande dans un restaurant spécialisé dans le poisson… »

A partir de là, elle se mura dans un mutisme digne d’un Al Capone interrogé par le FBI dans les années quarante.

Je compris alors, malgré le Bourgogne qui commençait à saouler mes neurones, que jamais je ne parviendrai à  baiser Maître Amanda Di-Stretta, avocate au barreau de Marseille.

A la fin du repas, elle se leva pour aller aux toilettes et revint dix minutes plus tard avec un petit sourire qui me remonta le moral. Elle avança son visage vers le mien, ce qui me fit sentir son haleine parfumée au dentifrice à la badiane. De toute évidence, elle s’était lavé les dents, ce que j’appréciais beaucoup. Elle me dit en riant:

-  Je ne suis pas une morue ! Heureusement, car vous n’aimez pas les poissons ! Je ne vais quand même pas vous sucer avec une bouche qui a mangé une daurade.

Je ne savais plus quoi répondre à cette femme qui m’annonçait la suite du programme.

- Il fait chaud, on va aller dans un petit coin tranquille pour se baigner !

J’en avais assez de recevoir des tuiles sur la tête.

- Se baigner ? Mais je n’ai pas de maillot ! dis-je en pensant bien qu’elle allait se lasser de moi.

Elle me regarda comme si j’étais un poète du Moyen-Age.

- Moi aussi, je n’ai pas de maillot ! On se baignera tout nu !

Elle me fit penser à une mante religieuse nymphomane, ce qui n’est pas peu dire. Je me gardais bien de lui révéler la deuxième raison de mon hésitation : ma mère m’avait élevé avec le précepte (1) rédhibitoire (2) qu’on ne pouvait pas se baigner avant trois heures après la fin d’un repas. Et sans réfléchir, je lui avais toujours obéi.

Il était treize trente et j’essayais d’imaginer un stratagème pour ne pas nous baigner avant seize heures trente…

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Précepte : formule qui exprime une règle ou un enseignement à

                     suivre.

2- Rédhibitoire : qui constitue un obstacle infranchissable ou radical.

 

 Le chemin qui conduit de l'enfer au paradis:

 

 

 

A: la prison des Baumettes.

B: la calanque de Morgiou

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 15-03-2016 à 08:26:58

Marina (61).

 

 Comment passer de l'enfer au paradis...

 

« Passer de l’enfer au paradis… »

Mais que voulait-elle dire par là ?

J’avais bien une petite idée en tête, mais j’étais épouvanté par l’audace de cette femme qui me connaissait à peine. Je pensais qu’elle voulait me conduire dans un endroit tranquille, pour me sucer peut-être ?

- On prend ma voiture, me dit-elle, c’est un peu loin, mais c’est tellement romantique !

Effectivement, sa BMW noire emprunta une trajectoire que je n’arrivais pas à décoder. J’étais assis à côté d’elle et je scrutais bien la route pour éviter de regarder ses cuisses largement découvertes par sa jupe qui remontait au-delà de la décence. Je connaissais mes réactions hormonales et je craignais  sentir pousser un levier de vitesses entre mes jambes.

Elle conduisait vite sur un mauvais asphalte et les amortisseurs de sa voiture allemande, durs comme Madame Merckel, avaient du mal à absorber les soubresauts de ses roues motrices.

Elle parlait beaucoup en tournant fréquemment son visage vers moi.     

Moi, je restais muet comme une carpe enrouée et je me demandais finalement si Amanda n’était pas une « serial-killer ». Au-dessus de mes genoux, je tentais d’imaginer ce qu’il pouvait y avoir dans sa boîte à gants soigneusement fermée, un revolver 357. Magnum, certainement ou peut-être des préservatifs.

L’affaire s’engageait mal ! Je pensais à sa phrase « … passer de l’enfer au paradis… », cela ne voulait-il pas dire mourir tout simplement ? J’en oubliais la fellation que j’avais espérée  dans un petit chemin perdu à l’abri des regards.

La route devenait de plus en plus cahoteuse et mon destin toujours un peu plus chaotique…

Le deuxième levier de vitesses qui avait poussé entre mes jambes s’était transformé en caramel mou oublié au soleil.

Devinant mon angoisse existentielle, Amanda déclara :

- On arrive, on arrive ! Heureusement, car je meurs de soif !

Amanda, elle aussi, serait-elle une buveuse de sperme ?

Mon moral regagna quelques degrés et mon caramel mou se transforma bien malgré moi en nougat de Montélimar, bien dur.

Après un dernier virage sur la droite, Amanda freina brutalement et me dit :

- Vite on descend ! On fera le reste du chemin à pieds !

Nous étions partis de l’enfer, la prison des Baumettes :

 

Une cellule à la prison des Baumettes.

 

Et nous arrivâmes au paradis : la calanque de Morgiou :

 

L’avocate n’avait donc pas menti et me saisissant la main, elle me guida vers le Nautic bar dont la terrasse offrait une magnifique vue sur la plage et le petit port.

- On pourra boire un verre et même diner si ça vous chante ! Ils servent ici d'excellents poissons !

La tuile ! Les poissons et les fruits de mer me refilaient de l'urticaire !

 

                                                                                                              A suivre

 

 
 

 
 


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posté le 08-03-2016 à 08:26:36

Marina (60).

 

Marina dans sa cellule aux Baumettes...

 

Maître Amanda Di-Stretta s’éclipsa lorsque je fus en face de Marina.

Ce parloir ressemblait à un aquarium coloré et agité par une houle sonore. J’étais vraiment gêné de me trouver près de cette femme avec laquelle j’avais eu des relations un peu compliquées.

Que dire à part des banalités ? Le sourire triste de Marina fit accourir dans ma tête ce sentiment d’empathie (1) qui empoisonnait régulièrement ma vie et il suffisait que je fermasse un instant les yeux pour me projeter dans le corps de mon ex-collègue, pour prendre sa place en prison et ressentir toute sa détresse.

Marina reprit des couleurs d’innocence quand elle affirma haut et fort qu’elle n’avait pas assassiné son mari. Je la laissais parler et je me gardais bien de lui révéler que j’étais l’instigateur du test ADN qui avait été effectué sur Victor, le squelette de son labo.

Moi, à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, j’étais convaincu de sa culpabilité et pour alimenter notre discussion, je lui demandais comment elle justifiait la présence du squelette de son époux sur son lieu de travail. Marina contestait, malgré les tests ADN effectués, que ce tas d’os fût celui de Victor.  Elle me dit même, avec force :

- C’est mon mari, qui m’a offert ce squelette pour mon anniversaire !

Là, je crus même qu’elle voguait sur la mer des délires.

Elle ajouta :

- Les squelettes réels sont hors de prix et les SVT n’avaient pas assez de crédits pour effectuer cet achat. Un matin, en entrant dans mon labo, je vis un grand paquet cadeau enveloppé dans du papier métallisé rouge que j’ouvris bien vite : il contenait Victor, le squelette.

Je regardais Marina dans les yeux entourés de cernes qui la vieillissait beaucoup et je m’aperçus que ses pupilles étaient un peu dilatées comme celles de certains élèves qui entraient en classe après un arrêt prolongé dans les toilettes. De toute évidence, elle avait fumé une substance destructrice de neurones.

Devant ma mine aussi dubitative que celle d’un moine défroqué, Marina continua :

- Avec l’aide du concierge du collège, à qui il avait offert une bouteille de whisky, mon époux, la veille, vers minuit, pour me faire une surprise, avait déposé le squelette dans mon labo.

Elle voulut continuer, mais une matonne survint pour annoncer la fin de la visite.

En quittant Marina, j’avais l’impression d’abandonner un fétu de paille dans un brasero argentin et je me dis qu’il fallait que je fisse quelque chose pour elle.

A la sortie du parloir, maître Amanda Di-Stretta m’attendait. Elle m’aida à regagner le chemin de Morgiou, car on lui avait dit que je n’avais aucun sens de l’orientation. La pauvre Marina veillait sur moi à distance.

Je voulais vite quitter Marseille et sa célèbre prison des Baumettes et, après avoir remercié l’avocate, je commençais à me diriger vers ma voiture située à quelques centaines de mètres. J’invoquais Saint-Christophe (2), car je craignais de ne plus retrouver mon véhicule, volé certainement, ou du moins de découvrir ses quatre pneus crevés.

Amanda, me retint en serrant mon avant-bras, ce qui commençait à devenir une habitude chez elle. Elle s’approcha de moi plus que nécessaire, comme pour me phagocyter (3) dans une vacuole de volupté parfumée. Mon érection renaquit de plus belle !

- Mais vous êtes si pressé de partir ? me dit-elle.

- Oui, ce lieu ressemble à un enfer !

Son haleine dégageait un arôme de dentifrice à la badiane. J’étais presque fichu, éperdu, comme écrasé par un rouleau compresseur sur les routes glacées de Sibérie Orientale.

- Vous ne trouvez pas que dans cette prison de femmes, il y règne une tension sexuelle insoutenable ? Il se dégage de chaque détenue frustrée des halos de désirs insatisfaits. Moi, chaque fois, ça me rend toute chose et vous ?

J’étais dans le viseur de sa kalachnikov et elle me mettait en joue, prête à m’abattre pour satisfaire ses pulsions sexuelles. Mon cerveau immigra dans mon sexe aussi dur et dressé qu’un sabre napoléonien.

Elle se colla presqu’à mon corps et me murmura :

- Venez donc avec moi, je vais vous apprendre comment passer de l’enfer au paradis…

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Empathie : faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui et de comprendre ses sentiments et ses émotions

 

2- Le prénom « Christophe » vient du grec « Christophoros », signifiant « celui qui porte le Christ ».

La légende raconte qu'un géant, alors appelé « Réprouvé' », aida le Christ à traverser une rivière.

Réprouvé fut donc « rebaptisé » Christophe, celui qui porta Jésus.

Ainsi, Saint Christophe devint le patron des voyageurs, pour les protéger dans leurs expéditions, et aujourd'hui Saint Christophe est le patron des voyageurs modernes : les automobilistes !

 

3- Phagocyter : détruire par un processus d'absorption et de digestion (des particules ou des micro-organismes étrangers).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1. anaflore  le 08-03-2016 à 09:30:07  (site)

rencontre épisodique sur ton roman j'ai une préférence pour lire un livre
bonne continuation bon mardi

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posté le 01-03-2016 à 08:24:08

Marina (59).

 

 

 La prison des Baumettes à Marseille.

 

J’avais donc décidé d’aller voir Marina aux Baumettes, juste pour lui remonter le moral et me laisser bercer par la nostalgie de nos bons moments passés ensemble.

Et ce jour tant redouté arriva sans que je m’en rende bien compte. En vérité Marseille me faisait un peu peur et les médias en rajoutaient une couche quant à la dangerosité de cette ville. Pourtant j’y avais fait mes études à la faculté des sciences Saint-Charles sans problèmes, mais c’était il y a longtemps.

Comment dénicher le chemin de Morgiou où se trouvait la prison ? Heureusement que le GPS existait.

Je me rasais de près ce matin-là, me parfumais légèrement avec « Habit rouge » de Guerlain, juste pour faire craquer les taulardes que j’allais côtoyer dans le parloir.

Et un peu craintif je me lançais à l’aventure.

Arrivé à Marseille, je devais trouver le boulevard Michelet, puis prendre à droite le boulevard de la Concorde   et enfin tourner à gauche  pour aboutir au chemin de Morgiou. La prison était située au numéro 239.

Je ne sais pas si je me faisais du cinéma, mais ce chemin avait une mine patibulaire et les rares passants que je croisais, avaient le physique de bandits de grand chemin. Dans ces conditions, je me dis qu’il était prudent de garer mon « Alfa Roméo », loin, mais vraiment très loin de la prison. Je fis le reste du parcours à pieds en serrant fortement ma petite sacoche contre moi

Arrivé à cinquante mètres de la prison, je vis une femme qui faisait les cents pas devant le portail.

- Mais on trouve des putes partout, me dis-je en réfléchissant bien à l’attitude que je devais adopter dans le cas d’une offre de service tarifiée.

Quand la fille me vit, elle s’avança vers moi en remuant des hanches.

- Je suis fichu ! pensais-je. Je vais devoir repousser ses avances.

Lorsque mes myopie-presbytie-astigmatisme me permirent de distinguer son visage, je me dis qu’elle devait avoir la quarantaine, cette pute. Elle était jolie et souriante et déjà je commençais à oublier, les raisons de ma présence ici.

Quand elle fut à portée de parfum, mon nez exercé put capter les molécules odorantes. Alors elle me tendit la main et se présenta :

- Bonjour, je suis maître Amanda Di-Sretta et vous c’est Alain n’est-ce pas ?

Zut j’avais pris l’avocate pour une pute !

J’étais plutôt gêné comme si elle pouvait lire dans mes pensées. Elle avait la même voix qu’au téléphone et en plus je pouvais contempler ses lèvres charnues que j’imaginais agir comme un aspirateur.

C’est alors que j’eus une double érection que ma braguette eut toutes les peines du monde à contenir.

Amanda me regardait avec un sourire moqueur qui me déstabilisait plus qu’une kalachnikov (1) pointée dans mon dos.

Elle se pencha vers moi, dans un contact presque épidermique, ce qui me fit glisser inexorablement sur une planche savonneuse. Elle murmura, avec une tête de comploteuse :

- Marina a insisté pour je vienne vous chercher à l’entrée et vous conduire au parloir. Il paraît que vous n’êtes pas très débrouillard…

Pas très débrouillard moi ? Et si ce n’était qu’une feinte attitude pour séduire les femmes, pour leur donner de l’importance et leur permettre d’exercer ce qui les fait le plus vibrer   : leur instinct maternel.

Elle me saisit par l’avant-bras et me guida, comme si j’étais un petit enfant, vers le parloir, parmi les allées et venues des familles apparemment pauvres et perdues, porteuses de sacs en plastique qui contenaient certainement des friandises pour les malheureuses détenues.

Et moi, pendant tout le trajet vers le parloir, mais dois-je le confesser, la main de l’avocate, qui me serrait l’avant-bras, me procurait des sensations inavouables…

 

A suivre

 

Notes :

 

  1- Kalachnikov : fusil d'assaut soviétique muni d'un chargeur à trente cartouches, qui permet de mitrailler.

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 23-02-2016 à 08:25:24

Marina (58).

 

Ciel, j'ai encore maigri ! 

 

 

Les nuits, ce sont des loups,

                                     Qui rôdent autour du lit.

                                     On n’ose plus bouger,

                                     On transpire, on a peur…

 

                          

- Encore maigri ! Et zut ! dis-je en poussant sous mon lit la balance électronique qui en trembla jusque dans ses circuits intimes.

Il faisait chaud malgré l’heure matinale et mon lit ressemblait de plus en plus à un radeau disloqué dont la voile, en boule, ne jouait plus son rôle.

Quelle nuit !

Une nuit longue comme un lombric radioactif et mutant, un voyage dans le temps, dans un sauna encore plus chaud que l’enfer. J’imaginais l’image de mon corps et de ma tête dans une exposition de monstres  d’un cirque mongolien au bord de la faillite.

Je portais un pyjama court, rayé bleu et blanc, froissé comme le visage angoissé d’un centenaire. Le tissu, un coton qui provenait d’on ne sait où, je crois bien du Bangladesh, collait à ma peau largement humectée des sueurs de l’été. Il fut un temps où j’avais envisagé de faire installer la climatisation dans mon appartement. Une idée qui s’était perdue dans les limbes de ma paresse.

Je me dirigeais vers le bar, ma cuisine en fait, pour essayer de me préparer un café fort comme un haltérophile casaque bien chargé en testostérones. Heureusement, le paquet d’arabica n’était point vide et dégagea, quand je l’ouvris, des arômes attendrissants.  Je trouvais sieur Malongo bien sympathique. Je remplis une casserole en acier inoxydable, avec de l’eau et plaçais le tout sur ma plaque à induction thermostat 12. L’ébullition ne se pressa pas et j’eus tout le temps de contempler les parois métalliques recouvertes de calcaire blanc accumulé au fil des matins peu glorieux. Quand le café fut prêt, je me forçais à manger quelques biscuits Belvita au miel et aux pépites en chocolat. Juste pour tenir le coup.

Vers sept heures du matin, après la toilette, j’étais d’attaque pour effectuer un travail harassant : vivre !

C’est à ce moment-là que dans mon cerveau, commencèrent à se coaguler des images de Marina dans un désordre chronologique. Elle était incarcérée aux Baumettes, la pauvre, dans la prison de femmes de Marseille, pour l’assassinat de Victor, son mari.

A dix heures, le téléphone se manifesta et me tira d’un engourdissement neuronal inquiétant. C’était maître Amanda Di-Stretta, l’avocate de Marina qui me communiqua les informations nécessaires que je devais connaître pour aller rendre visite à ma pauvre collègue emprisonnée.

La prison des Baumettes était située au 239 chemin de Morgiou.

Quand maître Amanda Di-Stretta raccrocha, un sentiment de panique envahit mon cerveau.

Aller à Marseille en voiture me semblait une mission impossible et trouver le chemin de Morgiou, une incongruité angoissante.

Comment faire ?

Peu à peu, naquirent en moi des idées d’abandon et d’oubli et je me demandai si Marina avait vraiment envie de me voir.

A 11h je pris la décision irrévocable de ne pas bouger et de rester chez moi.

Vers 11h15, le souvenir de la voix de maître Amanda Di-Stretta provoqua en moi une érection incompréhensible.

Un quart d’heure plus tard, je décidais, dans un souci d’humanité, d’aller rendre visite à Marina, ma collègue de SVT agrégée de nymphomanie chronique…

 

A suivre

 

 

 
 
 

 
 


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posté le 16-02-2016 à 10:03:28

Marina (57).

 

                                                       L'avocate de marina.

 

Chez moi, je ne pus m’empêcher de penser à Sonata et comme un ado amoureux, je me mis à attendre son appel.

Attendre un coup de téléphone, fait grossir le temps qui passe, à coup sûr. Le cerveau semble subir la torture des mâchoires en acier d’un étau diabolique. Les heures se diluent et s’étalent à l’infini comme de l’huile sur l’eau tranquille d’un lac. La nuit, on se met à croire aux sorcières et aux sorts maléfiques qu’elles nous jettent. Allez donc comprendre ce qu’elles mijotent dans leur crâne !

Alors, au petit matin, pour ne point trop souffrir, on abandonne.

Un après-midi, quand le soleil brillait si fort que la sueur sur la peau nue des bras s’évaporait instantanément, le téléphone grésilla comme le chant désespéré des cigales devenues folles sur les branches des arbres assoiffés. J’étais dans un état de doute profond sur la nécessité de vivre ou de survivre et je lisais, avec une attention toute gluante, un essai de Cioran (1) intitulé « De l'inconvénient d'être né (2) ». Cioran, disparu à jamais maintenant et qui aurait voulu ne point naître. Ah comme je le comprenais, ce philosophe d’origine roumaine qui haïssait le genre humain.

Ma tentation à moi, c’était de ne pas décrocher, de rester seul dans ma bulle qui se recroquevillait sur elle-même.

Mais la sonnerie, têtue comme une mule, insistait. Alors, pour mettre fin à cette agression auditive, je décrochais avec la sensation qu’éprouve un alpiniste tombant dans un gouffre.

- Allo, dis-je comme un noyé qui réclame une bouée.

- Bonjour, c’est maître Amanda Di-Stretta, l’avocate de Marina X….

- C’est pour quoi, murmurais-je sans énergie.

- Ma cliente Marina X… désire absolument vous voir.

Je croyais en avoir fini avec cette affaire. Je voulais l’oublier, moi, Marina la suceuse du labo de SVT. Pourtant je savais bien, que dans sa chair, devaient bien se trouver quelques milliards de mes atomes, résultats de la déglutition de mon sperme et de sa digestion.

L’avocate avait quand même une jolie voix et à vue d’oreille, j’estimais son âge à 42 ans. Comme aurait pu dire le renard dans la fable (3), si son plumage ressemblait à son ramage, elle devait être jolie et sexy. Allons cessons de rêver, elle était peut-être aussi laide que Mlle Papona, la vieille fille, prof de lettres classiques, qui habitait dans mon immeuble. Sans photo, on ne peut rien dire !

L’avocate, pour me convaincre, me décrivit l’état psychologique épouvantable de Marina, incarcérée à la prison des Baumettes à Marseille.

Un bref instant, je me sentis redevenir presqu’humain et aussi tendre qu’un filet de bœuf charolais. Je ne pouvais oublier les sensations de mon concombre turgescent massé par sa langue jusqu’à ce qu’il projetât, dans sa bouche, une liqueur biologique chaude et gluante. Alors, mon bon-cœur naturel reprit le dessus et la nostalgie aidant, je répondis :

- Je suis d’accord Maître, expliquez-moi ce que je dois faire.

L’avocate me dit qu’elle me recontactera dans quelques jours.

Maître Amanda Di-Stretta était satisfaite et moi aussi, car j’allais voir la tête qu’elle avait.

Que voulez-vous, on ne se refait pas…

 

A suivre

 

Notes :

 

 

1- Cioran.

Emil Michel Cioran est né en 1911 à Rasinari, en Transylvanie.

Son premier livre paraît en 1934 et le titre révèle déjà le programme de toute une vie : Sur les cimes du désespoir. Il s’installe à Paris en 1947 et décide alors, pour se libérer de son passé, de ne plus écrire qu’en français, renonçant définitivement à sa langue maternelle.

A Paris Cioran mène une vie studieuse, solitaire et nocturne.

Son œuvre, essentiellement composée de recueils d’aphorismes, marquée par l’ascétisme et l’humour, connaît un succès grandissant : «J’ai connu toutes les formes de déchéance, y compris le succès. »

Toute son œuvre tend vers la recherche, lucide et désespérée, du sens de la vie et de ce qui caractérise l’humanité. Son essai préféré demeurera De l’inconvénient d’être né.

Son dernier livre, Aveux et anathèmes, est publié en 1987. Au début des années 1990 il en a assez « d’insulter Dieu et son monde » et ne sent plus le besoin d’écrire, ce qu’il accepte comme une récompense de son travail. Il meurt à Paris le 21 juin 1995 à l’âge de 84 ans.

 

2- De l’inconvénient d’être né.

 « Aucune volupté ne surpasse celle qu'on éprouve à l'idée qu'on aurait pu se maintenir dans un état de pure possibilité. Liberté, bonheur, espace - ces termes définissent la condition antérieure à la malchance de naître. La mort est un fléau quelconque ; le vrai fléau n'est pas devant nous mais derrière. Nous avons tout perdu en naissant. Mieux encore que dans le malaise et l'accablement, c'est dans des instants d'une insoutenable plénitude que nous comprenons la catastrophe de la naissance… »

 

3- Le corbeau et le renard.

 

 

 

 

 

 


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posté le 09-02-2016 à 10:04:10

Marina (56).

 

Quand la pharmacienne-stagiaire me dit ça,

je devins plus rouge que l’emballage.

 

Faire mon choix, mais comment?

Peu habitué aux préservatifs, je ne les avais pratiquement jamais utilisés dans ma vie. Les filles avec qui je couchais ne me les avaient jamais imposés, jugeant d’après ma tête, que mon sérieux ne cadrait pas avec des MST.

Un peu lassé par tout cet étalage de préservatifs, je décidais d’acheter n’importe quoi. La jeune pharmacienne stagiaire allait et venait dans le rayon parapharmacie. Sa blouse déboutonnée à cause de la chaleur, s’ouvrait davantage quand elle marchait, révélant de belles cuisses et un short étroit qui moulait bien son entrejambes. Elle était grande, au moins 1m78, mince et rousse et je souhaitais que son pubis ne fût point épilé. C’était un simple fantasme, jouer avec les poils de sa toison et y promener mon nez et mes lèvres. Je  levais discrètement ma main pour lui faire signe de venir.

Elle arriva sans se presser comme une chaloupe sur une mer d’huile. Ma petite sardine ne put s’empêcher de frétiller ; j’avais l’impression qu’elle faisait des bonds dans ma braguette.

Quand Sonata fut près de moi, une bulle aromatique m’enveloppa et je me demandai quel pouvait être son parfum. Mystère ! Mon nez de chimiste n’arrivait pas, peut-être sous le coup de l’émotion, à analyser les fragrances qui émanaient d’elle.

- Alors, vous avez fait votre choix ? me dit-elle avec un sourire lanceur-de-flammes.  

- Je voudrais une boîte de Durex ! lui répondis-je avec une voix chevrotante.

Elle soupira :

- Oui, mais quelle taille ?

Je me sentis rougir comme un collégien qui avait vu subrepticement la culotte de sa prof d’anglais.

Et moi, si je lui demandai la taille de ses seins ? Ils semblaient petits, mais certainement plus appétissants qu’un chou à la crème au chocolat.

Je bredouillais :

- Heu, heu…

Sonata eut un sourire inquiétant et, se tournant vers le comptoir qui se trouvait derrière elle. Elle cria à l’adresse de sa collègue :

- Josepha, tu peux m’apporter le double-décimètre, c’est pour prendre une mesure !

Soudainement je me sentis devenir aussi rouge qu’une coccinelle dépressive.

La jeune pharmacienne éclata de rire :

- Ca marche à tous les coups ! Mais je plaisante voyons !

Elle se moquait de moi, la chamelle !

Plusieurs personnes nous regardaient et je craignais que parmi tous ces clients il n’y eût des parents d’élèves.

Alors je me jetais à l’eau pour éviter le naufrage :

- Je voudrais une boîte de Durex Confort XL !

Son sourire se figea et instinctivement son regard se porta sur ma braguette où j’avais l’impression qu’un requin avait dévoré ma sardine.

Elle alla chercher la boîte et revint vers moi, un peu  gênée.

- Voilà, c’est la dernière ! Si vous en voulez d’autres, il faudra les commander !

- Oui, j’en fais une grosse consommation ! dis-je pour plaisanter.

- Alors donnez-moi le numéro de votre portable pour que je vous prévienne de leur arrivée, murmura-t-elle.

Ouf, l’affaire se présentait bien.

Avant de partir, je me penchais vers elle et je susurrais :

- Vous, vous devez faire du 85 A !

Mais j’avais bien remarqué qu’elle ne portait pas de soutien-gorge…

 

A suivre

 
 
 
 

 
 


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posté le 02-02-2016 à 08:41:54

Marina (55).

 

Le temps qui passe assouplit l’angoisse.

La lotion capillaire n’avait aucun effet sur la chute de mes cheveux, ça je pouvais m’en douter, mais ce n’était pas le but du jeu, qui était tout simplement une parade de séduction destinée à la pharmacienne stagiaire.

Ce qui m’inquiétait surtout, c’est que je maigrissais régulièrement et cela me coupait l’appétit, provoquant invariablement une perte de poids. C’était le paradoxe du serpent qui se mordait la queue.

J’appris un beau matin que la police avait débarqué dans le labo de Marina et qu’elle avait saisi le squelette. Les experts déclarèrent, après des analyses ADN poussées,  que ce squelette n’était autre que celui de son époux prénommé Victor que l’on avait cru mort, brûlé dans son usine de portemanteaux Solido.

L’affaire comportait encore de nombreux points d’ombre. Le commissaire Lataule avait sa petite idée là-dessus.

1- Marina avait assassiné son mari.

2- Pendant quelque temps, elle fit agir de la soude caustique sur le cadavre placé dans sa baignoire pour désagréger les chairs et obtenir des os parfaitement propres.

3- Patiemment, elle transporta ces os, en pièces détachées, dans le labo de SVT du collège, où, grâce à ses connaissances en anatomie, elle avait reconstitué un squelette qu’elle avait prénommé Victor, comme feu son mari.

4- Par ce stratagème, elle avait fait croire que son époux était mort accidentellement dans l’incendie.

L’affaire avait fait grand bruit au collège, surtout quand les policiers vinrent arrêter Marina en plein cours des 3èmes B. Menottée, la tête baissée, elle sortit de sa classe sous les rires et les quolibets de ses élèves qui étaient contents de ne plus avoir SVT pendant un certain temps.

Quand mes idées devenaient plutôt grises, il m’arrivait de penser à Marina, presqu’avec tendresse. Ma quenelle était en berne depuis pas mal de temps. Elle avait juste redressé la tête, un bref instant, quand mes yeux se portèrent innocemment vers le bas-ventre de la jeune pharmacienne qui exposait sans vergogne un « cameltoe » impudique, qui aurait réussi, j’en suis certain, à rallumer la flamme du soldat inconnu.

Je retournai dans la pharmacie sous le prétexte fallacieux d’acheter des préservatifs. A quoi m’auraient-ils servi mon Dieu ? C’était juste pour la revoir, elle, la fille au short en jeans.

Elle me demanda le modèle, la taille et la marque que je désirais. Mon regard devint alors aussi fuyant que celui de Benoît, le benêt de 3èmeA, quand je l’interrogeais et qui avait zéro de moyenne (par générosité).

Je commençais à avoir honte car derrière moi la queue s’allongeait (pas la mienne, par contre…), alors la pharmacienne me tendit de la pub préservative en me disant :

- Quand vous aurez fait votre choix, appelez-moi, je me prénomme Sonata…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 26-01-2016 à 08:52:35

Marina (54).

 

On peut toujours rêver !

 

Finalement je devais me rendre à l’évidence, je n’étais ni au paradis, ni en enfer, je me trouvais tout simplement sur Terre. Ici, aucune chance de rencontrer des anges ou des âmes   bienveillantes, mais plutôt des démons et autres créatures maléfiques.

La débauche de crèmes glacées ne m’avait point fait mourir, mais j’étais sûr, que dans mon corps, des animalcules microscopiques travaillaient à me détruire.

Pourtant, le miroir de ma salle de bains me renvoya une image digne de celle que l’on acquiert après la signature d’un pacte avec le diable. Je me voyais vieux, chauve, petit et gros, mais était-ce vraiment moi ou plutôt la représentation physique de mon âme après mes multiples duels érotiques avec Marina la nymphomane du labo de SVT.

Ma tête résonnait comme une darbouka (1) de Tunisie et de ce fait transpirait de déraison, celle qui pousse dans le cerveau après une nuit de libations peu conventionnelles.

Je constatais avec désespoir qu’il ne me restait plus de cachets d’aspirine et que j’allais être obligé d’aller en acheter. La pharmacie la plus proche devait se situer à quelques deux dixièmes de lieues (2). Pas très éloignée donc, mais allais-je m’y rendre à pieds ou en voiture ? Je risquais gros en voiture, je craignais un contrôle intempestif des représentants de « Mangeons moins de crèmes glacées nuisibles à la santé », une nouvelle directive indiquait qu’un taux de glycémie élevé était encore plus dangereux que celui de l’alcool.

Je devais parcourir la rue du Docteur Bonaventure sur quelques dizaines de mètres, arriver à un rond-point hyper stressant pour les piétons, puis traverser la rue sans me faire écraser pour aboutir à ma pharmacie habituelle dont les vitrines faisaient de la pub pour la lotion « Stop-fall » qui ralentissait la chute des cheveux.

- Mais tout le monde est malade ! pensais-je en apercevant au moins dix personnes à la mine cireuse et patibulaire qui attendaient leur tour.

Mon premier réflexe fut de fuir, de tout abandonner et de regagner mon logis pour attendre que la bulle du temps se dégonflât spontanément. On peut toujours rêver !

Je pris donc la décision de rester, d’autant plus qu’une jeune pharmacienne stagiaire allait et venait dans le rayon parapharmacie. Il faisait chaud et cette jeune femme portait un short en jeans vraiment serré à l’entrecuisse qui laissait apparaître le relief indécent de sa fente moulée dans le tissu ; c’est ce que les revues pornos appellent « Cameltoe (3) » (pied de chameau). (Allez savoir pourquoi).

J’oubliais les aspirines et ma probable séropositivité et je lui demandais  un flacon «Stop-fall». Elle regarda ma tête et moi son bas-ventre. Elle fronça les sourcils en me disant :

- Vous voulez bien enlever votre casquette s’il vous plait ?

Elle désirait certainement vérifier l’étendue des dégâts.

En voyant mon crâne plutôt dégarni, elle murmura :

- Je vous conseille de prendre plutôt cinq flacons ! Ils sont en promotion.

Je réglais cent cinquante euros à la caisse en fantasmant sur son «Cameltoe ».

De retour chez moi, je me demandais si cet achat était bien justifié, car pour cent cinquante euros j’aurais pu me payer une pute…

 

A suivre

 

Notes :

 

 

1- Darbouka : instrument de percussion faisant partie des membranophones. Selon ses variantes, c'est un tambour en gobelet répandu dans toute l'Afrique du Nord, et en calice dans le Moyen-Orient et les Balkans. Elle daterait de 1100 avant J.-C.

 

 

2- Lieue : (de latin leuca, emprunté au gaulois) est une unité de longueur anciennement utilisée en Europe et en Amérique latine.

La lieue a comme origine la distance que peut marcher un homme ou un cheval pendant une heure.

3- Cameltoe : terme argotique anglais utilisé pour désigner la forme, vue sous des vêtements moulants, des grandes lèvres d'une femme. Le cameltoe est le plus souvent le résultat du port de vêtements moulants tels que blue-jeans, shorts, micro-shorts ou maillots de bain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1. tchan  le 02-02-2016 à 09:11:43  (site)

kikou bien beau chez toi

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posté le 19-01-2016 à 08:50:25

Marina (53).

 

                              J'ignorais que les crèmes glacées donnaient le mal de mer...

 

Ce téléphone qui criait me donnait la nausée. Mon estomac semblait danser le cha-cha-cha sur un bateau qui tanguait dans le triangle des Bermudes. Je voyais le mât qui avait l’air redoutable d’un bandit de grand chemin qui rêvait de me trancher la gorge. Autour de moi, le chaos, tout bougeait et glissait sur le pont souillé par des matières visqueuses. Le téléphone s’énervait et sa sonnerie ressemblait de plus en plus à une sirène assourdissante, comme celle des pompiers. Ma main décrocha le combiné et le porta à mon oreille. J’entendis une voix, comme un cri lointain dans un concert de rock :

- Allo, allo, c’est Marina !

Marina ? C’était qui celle-là ? Une forme féminine émergea de mon cerveau gélatineux et je crus me souvenir d’elle :

- Dégage, grosse truie !

Et je raccrochais brutalement, quand sortit de ma bouche un cocktail à moitié digéré de glaces aux parfums sataniques : vanille-caramel-pistache. Benny Goodman était reparti dans son arrière-monde avec sa clarinette et ses copains braillards. Moi, j’attendais.

Le matin ne se pressait pas d’arriver. Mes yeux distinguaient à peine les grands chiffres lumineux rouges projetés sur le plafond de mon salon : mon radioréveil, imperturbable, travaillait en silence.

4 :00, c’est ce que je voyais.

Je confondais l’heure et la valeur de ma pression sanguine.

4 :00, ciel, je suis en brutale hypotension ! pensais-je dans un bref sursaut de lucidité.

Je tâtais mon pouls ; il avait des pulsations qui ressemblaient aux pas de danse des vieux pensionnaires des maisons de retraite.

J’avais soif.

J’essayais de séduire ma bouteille d’eau minérale. Mais miss Evian me faisait la gueule, jalouse comme une vieille fille délaissée. Après plusieurs essais infructueux, elle eut pitié de moi et accepta de pleurer dans mon verre peu reluisant. Dans ma gorge coula un liquide inconnu ; il rinça mon tube digestif qui devait avoir une drôle de tête.

4 :10, tiens ma tension remontait peu à peu.

Et je sombrais dans un coma cataleptique* !

Quand, beaucoup plus tard, ma paupière droite se souleva avec rancœur, je m’apprêtais à explorer mon nouveau monde.

Le paradis ? C’est vrai, que dans ma vie j’avais accompli pas mal de bonnes actions. Combien ? Une dizaine en étant optimiste.

L’enfer ? Aie, que de péchés j’avais commis ! Une centaine en arrondissant. Mais j’avais oublié le labo de Marina, la nymphomane, débauchée, perverse et  vicieuse. Alors je pouvais bien multiplier par cinq le nombre de mes mauvaises actions.

Que faire dans ma nouvelle vie ?

Attendre et attendre encore…

 

A suivre  

 

    

 

* Catalepsie : état caractérisé par la perte des mouvements volontaires et par la rigidité des muscles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 12-01-2016 à 09:10:34

Marina (52).

 

 

Sous l'effet conjugué de l'alcool, des trois litres de crème glacée

et peut-être des malfaisants virus,

je me voyais dans la peau de Fred Astaire.

( On peut toujours rêver). 

 
  Etrangler Marina ? Un bref instant, j’en eus bien envie ! Mais moi, gentil comme un moine cistercien, je contins bien vite ce brutal désir d’assassinat. Je lorgnais bien sur un flacon d’acide chlorhydrique, que j’aurais pu lui lancer au visage pour la défigurer définitivement. Décidément, Marina, avait non seulement tué son mari, mais aussi certainement contaminé une grande partie du personnel masculin de ce collège. A mes yeux, elle s’était transformée en une hyène  lubrique  seulement capable du pire. Pourquoi avait-elle brûlé l’enveloppe qui contenait les résultats de mon test VIH ? Je lui posais la question, mais elle ne répondit pas. Je me mis alors à élaborer des théories plus fumeuses les unes que  les autres avec la conviction d’un élève de troisième face au théorème de Pythagore. Avant de sortir de ce maudit labo, je lui lançai un regard improbable, comme celui d’un touriste qui jette un crouton de pain à un lépreux de Bombay. Je ne pus que murmurer :

- Adieu !

Dans le couloir, aussi à l’aise qu’un équilibriste alcoolique, je heurtai un élève qui se déplaçait en pianotant sur son Smartphone pour envoyer un SMS, tout en écoutant son lecteur mp3 , bref un élève aveugle et sourd, digne représentant de la jeunesse actuelle dont seront issus les futurs aviateurs ou chirurgiens…

Que faire maintenant ? Bien sûr, je pouvais aller demander au labo d’analyses médicales, un duplicata de mes tests VIH, mais c’était au-dessus de mes forces, du moins pour l’instant. Il ne me restait plus qu’à attendre, je ne savais pas quoi, attendre que ma santé chancelât comme la flamme d’une bougie arrivée en bout de course.

Chez moi, je fus saisi par une brutale envie de crème glacée au caramel, seule capable, à mon avis, d’adoucir mes derniers instants. Mon congélateur était aussi désert que la toundra gelée de l’Arctique et je dus me résoudre à me rendre dans le magasin Picard situé au coin de ma rue. Là, la vendeuse me dévisagea comme si j’avais été un esquimau anorexique. Dur, dur, de supporter ces regards qui ne comprennent pas. Moi, en échange, je me mis à contempler ses seins qui avaient le volume des melons de Cavaillon, mais en avaient-ils le parfum ? Mystère, mystère, car je ne sentis, en m’approchant d’elle, que de vagues effluves de déodorant Rexona. Finalement j’achetais trois bacs de crème glacée de un litre (pistache, vanille et  caramel) de quoi avoir une crise d’hyperglycémie ce soir, en les consommant toutes, vautré sur mon canapé à écouter un cd de Benny Goodman à la clarinette et de ses acolytes. Ça valait bien une giclée de sperme dans la bouche de Marina la nymphomane. J’avoue aussi que j’arrosais le tout de Cognac, histoire  d’apprécier le rythme endiablé de la musique que j’écoutais et dont les notes  avaient une fâcheuse tendance à s’agglutiner dans mon cerveau.

C'est alors que je me mis à fantasmer sur Ginger Rogers. Je me voyais danser avec elle et moi j'étais dans la peau de Fred Astaire ( voir la vidéo en fin d'article).

 Vers trois heures du matin, je me sentais proche du coma diabétique et j’attribuais tous ces symptômes aux petits virus du SIDA qui devaient festoyer dans mon corps.

Mon estomac était une outre dilatée contenant un mélange détonnant de près de trois litres de crèmes glacées à la vanille, au caramel et à la pistache. Malgré tout son talent, j’avais l’impression  que Benny Goodman me frappait sur le ventre avec sa clarinette.                                                                                                                         

Une demi-heure plus tard, le téléphone sonna…

                                                                             

                                                                                 A suivre 

 
 
 Benny Goodman - Sing Sing Sing 1935
 
 
 

GINGER ROGERS ET FRED ASTAIRE

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posté le 05-01-2016 à 09:11:01

Marina (51).

 

Marina fumait-elle vraiment du tabac?

J'avais comme des visions lorsque la fumée

arrivait à mes narines...

 

Dans le labo de SVT, Victor, le squelette, semblait sourire en contemplant ma mine fantomatique, il pensait certainement que bientôt, j’irai jouer aux osselets avec lui dans l’autre monde.

Marina se colla à moi, dans un sursaut de tendresse inhabituel chez une nymphomane comme elle. Au-dessous de ma ceinture, c’était le calme plat, une larve molle et dépressive, incapable de relever la tête. Bien sûr, j’en voulais beaucoup à cette femme, mais n’avais-je pas été, aussi, un peu irresponsable en acceptant ses jeux pervers sans préservatif ?

Je sortis la fameuse enveloppe froissée et la tendit à Marina en lui disant :

- Vas-y, ouvre la et ne m’annonce pas trop brutalement la mauvaise nouvelle.

Avec un sourire presque moqueur, elle saisit cet emballage en papier qui cachait encore la révélation de ma condamnation à mort. Elle déposa l’enveloppe pliée en deux, dans le sens de la longueur, dans un bécher (1) en verre à la propreté douteuse qui avait dû contenir beaucoup de cadavres de grenouilles ou d’animaux, gluants comme mon moral.

- Tu ne l’ouvres pas ? lui dis-je avec une voix chevrotante comme celle de l’animal de Monsieur Seguin.

Dans ses yeux, des éclairs semblaient faire la fête et sa poitrine se soulevait comme si sa respiration devenait incontrôlable.

- On peut s’amuser un peu avant si tu veux, dit-elle avec l’aplomb d’un plombier-zingueur.

Elle se mit à genoux devant moi et entreprit d’ouvrir ma braguette aussi plate que la poitrine de Jane Birkin. Elle en sortit un caramel mou qui avait bien rétréci au lavage.

- Mais tu ne bandes pas ? me dit-elle en se fourrant dans la bouche cette friandise ratatinée.

Ma réplique fut cinglante :

- Comme si j’avais la tête à bander avec tout ce qui m’arrive ! Allez dépêche-toi, ouvre cette enveloppe !

De toute évidence, Marina se moquait de moi.

Sans que je le voulusse, le caramel, dans sa bouche, perdait de son atonie (2), devenait dur, prenait de l’ampleur, ragaillardi par la salive chaude et par la langue fureteuse de Marina. Elle savait y faire, la garce, sans dégoût, sans crainte et cela, sans que je susse pourquoi, avait un effet positif sur mon moral. Fatalement, en ce moment-là, je n’étais pas le champion de l’endurance et en trente secondes, je projetais dans sa bouche des salves gluantes, peut-être empoisonnées.

Elle avala le tout en gloussant comme une poule pondeuse ensemencée par le coq de la basse-cour. Moi, je pensais qu’elle était folle !

Elle s’assit ensuite sur la paillasse en carreaux de faïence blanche en balayant d’un revers de main des béchers, des tubes à essais et des têts (3) en terre cuite ; ses pieds oscillaient nerveusement à vingt centimètres du sol. Elle écarta les cuisses et en tirant sur le tissu de son string noir, elle me dit :

- Baise-moi chéri !

A ce moment, je pensai qu’elle savait qu’on était tous les deux séropositifs et qu’elle m’offrait ainsi l’équivalent de la dernière cigarette du condamné à mort, le dernier verre de rhum avant la guillotine…

Je refusais ce qu’elle m’offrait, sans protection, avec tant d’impudeur. Entre ses cuisses, sa fente aux lèvres gonflées et entrouvertes laissait suinter une mousse blanchâtre qui indiquait le degré de son excitation.

Mon obsession renaquit en même temps que mon caramel se ratatinait et redevenait tout mou. Je lui dis :

- Alors, tu l’ouvres, cette enveloppe ? Oui ou non ?

Elle était vexée, blessée, insatisfaite à cause de mon refus.

Elle murmura, en se remettant debout :

- Sois patient, je vais d’abord fumer une cigarette.

Elle mit dans sa bouche l’empoisonneuse de poumons et actionna son briquet qui fit apparaître une flamme bleue et joyeuse. Sans que je pusse réagir, paralysé par l’angoisse, je la vis mettre le feu à l’enveloppe qui contenait les résultats de mon test VIH. Le papier sec brûla entièrement en quelques secondes en laissant au fond du bécher un petit tas de cendres noires.

C’est à ce moment-là que j’eus envie de l’étrangler…

A suivre

 

Notes :

 

1- Bécher : récipient gradué cylindrique en verre ou en plastique utilisé pour de nombreuses applications de laboratoire, notamment en chimie, physique, biologie et pharmacie. Le mot provient de l'allemand Becher qui signifie gobelet.

2- Atonie : manque de tonus, d’énergie (d'un organe)

3- Têt : coupelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 


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1. anaflore  le 05-01-2016 à 12:31:30  (site)

bonne et heureuse année 2016
bonne écriture

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posté le 29-12-2015 à 08:36:29

Marina (50).

 

Dans la cour, quelques élèves s'ennuyaient...

 

J’avais hâte de rencontrer Marina, juste pour me faire consoler bien qu’elle fût la cause de tous mes tourments.

Je me pointais vers 12h45 devant le portail fermé du collège et je sonnais pour que le concierge pût l’ouvrir. Il me regarda comme s’il ne me connaissait pas, avec un air suspicieux, presqu’hagard, rougeaud et bouffi, portant sur son visage les stigmates de son alcoolisme. J’essayais d’être normal, cachant mon inquiétude et essayant de dissimuler les quelques boutons qui étaient apparus sur mon visage.

- Ah, c’est vous Monsieur X….., me dit-il dans un brusque sursaut de lucidité.

- Oui, répondis-je, c’était le mot le plus court possible.

Pour rejoindre le labo, je devais traverser la cour de récréation, heureusement déserte à cette heure-ci. Il y avait bien quelques élèves anorexiques ou dans le besoin qui désertaient la cantine. Ils étaient agglutinés par groupe de cinq ou six, dans les endroits ombragés, assis par terre et pianotant comme des malades sur leurs Smartphones ou sur leurs consoles de jeux. Je craignais de rencontrer des collègues logorrhéiques (1) à la recherche d'une victime pour la noyer sous un déluge de phrases gluantes et inutiles.

Ouf, j’avais traversé cette maudite cour sans encombre et il ne me restait plus qu’à atteindre le préau qui précédait la porte qui ouvrait sur les différentes salles du bâtiment.

Au rez-de-chaussée il ne me restait plus qu’à tourner à droite pour atteindre le labo de SVT. J’y étais presque, quand je sentis une main se poser sur mon épaule. C’était celle de Jeanne, la CPE, qui rôdait dans les couloirs. Elle était blonde, mignonne, assez petite, les cheveux courts et un joli sourire rassurant et empathique (2) illuminait son visage. Pour être honnête, je dois avouer que j’avais souvent fantasmé sur elle, des désirs doux sans sexe, juste des envies de la prendre dans mes bras et de l’embrasser sur la bouche…Elle s’approcha de moi pour me faire la bise, geste instinctif que je ne pus éviter et qui me plongea un instant dans son petit monde parfumé.

- Comment vas-tu, Alain ? me murmura-t-elle avec des mots qui ressemblaient à des chamallows parfumés à la framboise.

Devais-je lui avouer que mon moral avait atteint la profondeur de la fosse  océanique des Mariannes (3) ? Je ne pus que lui répondre avec un sourire forcé :

- Ca va et toi ? C’était le minimum pour éviter l’impolitesse.

Son regard continuait à me troubler et son sourire, léger comme une plume de poussin, me caressait à distance. J’étais prêt à sombrer, à tout lui révéler, à exposer sur des tréteaux toutes mes pensées les plus intimes, quand,  au bout du long couloir, apparut un élève à la mine patibulaire. Jeanne dut me quitter pour aller faire son devoir : sermonner cet intrus qui ne devait pas errer dans le bâtiment entre 13h et 14h.

Moi, je me sentis soudain abandonné et je frappai donc à la porte du labo de SVT. En entrant dans la salle où planait une odeur forte de formol, j’aperçus Marina en blouse blanche qui vint vers moi en souriant.

Sourire, était-ce approprié dans la situation catastrophique dans laquelle je me trouvais ?

Dans ma poche, l’enveloppe qui contenait le résultat du test VIH, appuyait sur mon cœur comme un poignard empoisonné…  

 

A suivre

 

Notes :

 

 

1 – Logorrhée : pathologie du langage qui conduit le malade à

                       déverser un flot rapide et ininterrompu de paroles.

2 : Empathie : faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui et

                      de comprendre ses sentiments et ses émotions.

3 : Fosse des Mariannes : La fosse des Mariannes est la fosse

                                       océanique la plus profonde actuellement

                                       connue et l’endroit le plus profond de la

                                       croûte terrestre. Elle est située dans la

                                       partie nord-ouest de l’océan Pacifique, à

                                      l’est des Îles Mariannes et à proximité de

                                      l’île de Guam. Le point le plus bas se situe 

                                      selon les relevés entre un peu moins de

                                      11 500 mètres et un peu plus de 11 000

                                     mètres de profondeur.

 
 

 
 


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