posté le 13-02-2008 à 16:00:51

Souvenirs (1)

 

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La semaine prochaine, les élèves de 4ème feront un stage de 5 jours en entreprise. Autant dire que nous sommes bien contents de ne plus voir ces monstres quelque temps. Avec ma "prof préférée" nous avons en commun deux classes: la 4èmeA et la 4èmeB. Et ce matin-là en rentrant dans la salle des profs en traînant les pieds, la mine défaite et les idées vagabondes, je la vis devant le tableau blanc où était affichée la liste des élèves-stagiaires. Je la voyais de dos et je ne pus m'empêcher de contempler ses fesses moulées dans un jean's étroit un peu délavé et je me dis que décidément elle aurait pu faire autre chose que prof. Elle se retourna, me vit, me sourit et m'appela ( dans cet ordre). A cet instant je rentrais dans un monde paranormal où je n'étais plus moi, où mes idées devenaient confuses... "Tu ne veux pas me donner cet élève ?" me dit-elle en pointant son doigt sur un nom, "ça sera plus pratique pour moi ". Je me transforme toujours en chewing-gum frelaté devant elle. Vous savez, ce chewing-gum qui n'a plus de goût et que l'on mâche par habitude...
"Excuse-moi" répondis-je platement, "je n'ai pas mes lunettes et je ne vois rien." Elle me regarda plus craquante que jamais et me dit " mais rapproche-toi du tableau pour mieux voir". Le problème c'est qu'entre moi et le tableau il y avait ELLE. Alors je me suis rapproché et je me suis retrouvé un peu "collé" à son dos, le nez dans son cou (elle est plus grande que moi). Je sentais son léger parfum que je n'avais jamais perçu jusqu'à ce moment. Elle attendait ma réponse. Mais quelle réponse? Je me retrouvais jeune étudiant qui passait un certif de chimie à la fac de sciences de Marseille devant un professeur qui me demandait, l'air sévère, de résoudre l'équation de Schrodinger pour un atome hydrogénoide. C'est à dire le mystère du mystère, qui tenait à la mystique du secret de la matière... Autant avouer que j'étais paralysé devant toutes ces sensations qui parvenaient jusqu'à moi. Ma prof préférée devenait pire que de la mécanique quantique relativiste ( seuls ceux qui s'y connaissent savent qu'ils ne comprennent rien...) Mais j'ai quand même répondu: " heu, heu oui, oui, pourquoi pas..." Et c'est tout !!! Elle me regarda l'air déçu et rompit le contact en me disant: "tiens je vais prendre un café".
Ce jour là je fus, devant les élèves, pire que les autres fois: méchant et sans pitié en les traitant de nuls, parce-que en fait je m'en voulais d'avoir été avec elle,
un NUL parmi les nuls !!!  
 


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1. feline  le 14-02-2008 à 17:53:56  (site)

Désolée, mais il ne faut pas t'en prendre aux élèves pour une chose dont tu es seule responsable! Mais heureusement tu en es tout a fait conscient! Bonne soirée et puis bonne fête de saint valentin, en espérant que tu as une valentine pour fêter çà! bisous
Image hébergée par servimg.com

2. version5  le 18-02-2008 à 17:31:25  (site)

Faute avouée ....

mais en l'occurrence, la situation est-elle de nature à ce que la suite de cette maxime soit vérifiée ?!!!!

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posté le 13-02-2008 à 14:43:18

Futur

 

Je suis professeur de physique et je vais pouvoir me consacrer entièrement à mon métier que j’adore : l’enseignement.Avec les réformes de qui vous savez, je pense devoir travailler jusqu’à 70 ans.Il faudra cependant que je ne fasse pas tomber mon dentier quand je ferai cours et que mon sonotone soit réglé au maximum pour que je puisse entendre les bavardages de mes élèves.Perclus de rhumatismes, je resterai assis à mon bureau car il sera difficile de me déplacer dans la classe avec mes deux cannes ou mon fauteuil ambulatoire. Trois fois par heure, j’appellerai un surveillant pour me remplacer pour que j’aille aux toilettes à cause de ma prostate. Bon c’est vrai que vers 14h15 il y a un chahut pas possible dans la classe car ma digestion difficile m’oblige à faire une petite sieste involontaire. Le plus terrible, c’est quand je veux interroger un élève en l’appelant par son nom : je n’arrive pas à m’en souvenir. Alors je le désigne avec mon index, bras tendu qui tremble un peu à cause de ma maladie de Parkinson. Il m’est arrivé souvent de me tromper de salle et de faire cours à une classe qui n’est pas la mienne. Oui, comme tous mes collègues âgés j’ai les prémisses de la maladie d’Alzheimer qui s’installe.

Bon, il est 20h et les élèves sont en retard ; je les attends… 

J'ai oublié à quelle heure les cours se terminent. 

 

 


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1. lolotte54  le 13-02-2008 à 15:15:37  (site)

Malheureusement, on en est tous là!!!!
Courage l'espoir fait vivre...
Biz

2. feline  le 14-02-2008 à 17:47:07  (site)

quel tristesse tout de même! on ne peut pas travailler aussi vieux !!! quelle tristesse et pourtant, je suis morte de rire en lisant la tournure de ton article, il est bien fait et tellement véridique!

3. version5  le 18-02-2008 à 17:26:24  (site)

70 ans ... c'est un peu plus que prévu, non ? Arrête, tu vas leur donner des idées ...

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posté le 13-02-2008 à 07:48:11

Document.

 

 

Document

Prof dans le "neuf-trois"

LE MONDE

Les estrades.

 Dans la cave du collège gisent les estrades oubliées depuis trente ans. Elles ont été bannies. Condamnées comme symbole d'une autorité abhorrée. Sans elles, les tableaux noirs sont démesurément hauts et les professeurs les plus petits ne les utilisent qu'à moitié ou passent leur temps juchés sur une chaise. Parfois, une prof à l'ancienne, chemisier et tailleur, calligraphie à l'anglaise, stylo plume et bouteille d'encre rouge, craies en étui, demande qu'on lui en ramène une à la surface. Elle retrouve alors le bruit disparu des talons qui claquent sur le bois creux et le regard amusé des élèves qui espèrent qu'elle trébuche. Elle doit cependant subir les récriminations des dames de service, qui lui font savoir que les estrades ne facilitent pas le nettoyage de la salle.

 

Le plafond.

 L'autorité d'un professeur s'évalue à l'aspect du plafond de sa salle. Le strict et redouté a un plafond immaculé. Le prof chahuté et dépassé a un plafond plein d'encre, de cartouches (les élèves les enduisent de colle puis les lancent le plus verticalement possible), de mouchoirs mouillés collés, de chewing-gums et d'autres choses inimaginables. On dirait des stalactites. Cela confère à la pièce une atmosphère rupestre dont elle avait bien besoin.

On ne pense pas assez à regarder le plafond. Il joue rarement un grand rôle dans la vie du collège. Il ne devient important que lorsqu'une plaque s'en détache, qu'un néon se délite ou que le prof de musique - dont la salle, par chance, se trouve au-dessus de la vôtre - décide d'initier les élèves à la pavane, à l'art du podophone ou se prend pour le Lully des collèges (ce qui a pour avantage de faire tomber les projectiles).

 

Maman.

Un gros dur. Impossible de lui faire décrocher un sourire. Il se montre odieux, agressif. Souligne de toutes les manières possibles que votre cours l'ennuie. Il soupire de temps à autre. Traîne les pieds en entrant dans votre salle. Lève les yeux au ciel à la moindre remarque. Marmonne des insolences. Puis vient le jour où il vous adresse la parole pour la première fois et vous appelle "maman". Grand moment. La classe est écroulée de rire. Lui se fait tout petit dans ses grosses baskets. Il est parfois drôle d'enfoncer le clou en lui rétorquant : "Ecoute, tu exagères, en cours je suis ton professeur et non ta mère, nous avions décidé que la classe ne saurait pas que tu es mon fils." Là, le gros dur ne peut s'empêcher de sourire et de rougir un peu. Il en serait presque attendrissant.

 

Démagogie.

 L'un des désagréments de l'enseignement, c'est que parfois (et même souvent) les élèves ne vous aiment pas. La plupart du temps il y a de quoi. Le professeur passe une grande partie de son temps à râler, surveiller, traquer, faire taire... Ce n'est jamais agréable de n'être pas aimé de ses élèves. Certains semblent terrorisés par cette idée, d'autres sont avides de séduction, d'autres encore dramatiquement sympa. Tout cela mène bien souvent à des formes multiples et variées de démagogie. Ce qui ne serait qu'un mal isolé si cela ne contribuait pas aussi à discréditer les professeurs qui persistent à travailler, transmettre, exiger sans pouvoir être sympa et jouer les animateurs tout le temps. Comment, en effet, continuer à faire visiter le Louvre à ses élèves quand d'autres leur proposent d'assister au "Bigdil" (objectif pédagogique : étude des médias) ? Comment organiser un voyage culturel en Espagne quand d'autres, au même moment, les emmènent s'éclater au ski (objectif pédagogique : apprentissage de la vie en collectivité). Comment faire cours quand, dans la salle d'à côté, le professeur regarde les matchs du Mondial à la télé (on espère au moins qu'il aura fait des commentaires liés à sa matière) ?

Le problème du prof démago, c'est souvent qu'il est chouette : il a envie de plaire à tout le monde et l'on a envie d'être son copain. Contrairement au prof élitiste, qui ne se balade jamais sans son "Budé" de Juvénal et l'œuvre complète de Chateaubriand, utilise des expressions latines, ose dire que certains élèves sont ignobles, émet l'idée qu'il y a un petit problème de niveau, se plaint de la carence d'autorité dans l'établissement - personnage qu'il est facile (trop facile) pour certains de détester -, le prof démago est désarmant. On a un mal fou à en penser du mal. Il vous renvoie même une image désastreuse de vous-même. Il vous oblige à des remises en question permanentes. On se sent rigide, strict, vieillot, distant. On a toujours l'impression de n'avoir rien compris. Il a plein d'idées chouettes, se "bouge" pour les "gosses", est au fait de la situation familiale de chacun (et c'est vrai qu'il y a souvent de quoi excuser les élèves tant c'est peu réjouissant), connaît les secrets de l'établissement, possède la clef de toutes les salles, participe à toutes les réunions, fait des projets avec la ville, le département, la région, visite tous les salons (la porte de Versailles est son royaume), dialogue avec les élèves, sait ce qu'ils pensent de vous, connaît les surnoms, les potins, parle jeune... Un peu mono, un peu GO, un peu assistant social, très pote et complice, pas mal aîné grand frère, il lui reste peu de temps pour être prof.

 

Exotisme.

 On surprend un élève avec un couteau de cuisine dans son sac. Il n'est exclu qu'un seul jour. Je demande pourquoi. On m'explique doctement qu'en Afrique le port du couteau est signe de virilité et que tout homme le conserve en permanence à son flanc. Honte à celui qui voudrait punir sévèrement cet élève, car ce serait non seulement très raciste mais aussi vraiment castrateur (de l'utilisation de la psychanalyse dans l'éducation nationale...). Cette personne se croit tolérante lorsqu'elle imagine les enfants africains arrivant à l'école le coupe-coupe à la main.

Autoriserait-on un enfant canadien à apporter sa tronçonneuse en classe ?

 

La banlieue.

Mon collège n'est qu'à quelques stations de métro de Paris. Il serait donc tout à fait aisé pour les élèves de se rendre dans la capitale. Et pourtant je constate à chaque sortie avec eux qu'ils n'ont jamais vu le Louvre, la place de la Concorde, le jardin du Luxembourg, ni même parfois la tour Eiffel. Paris les intimide, ils n'ont pas l'idée d'y aller, ils n'y sont pas à l'aise. Il y a entre eux et la ville comme une frontière invisible et symbolique qu'ils n'osent franchir. Ils se sentent mieux dans leur département, auquel ils donnent tous les signes de l'attachement le plus profond, à commencer par le sobriquet "neuf-trois" qu'ils inscrivent partout, sur leur trousse, leur agenda, les murs, les tables, les chaises, parfois leurs copies, sous forme de tags assez peu réussis. Nous sortons donc à Paris en touristes, prenant parfois les bateaux-mouches, comme s'ils habitaient à des centaines, voire des milliers de kilomètres de cette ville.

 

Versailles.

Nous devons aller visiter le château de Versailles. Les élèves semblent préoccupés par cette idée. Je leur demande pourquoi. Ils me disent qu'ils n'ont rien à se mettre de correct pour aller au château.

Petit reste de monarchisme en Seine-Saint-Denis.

 

Aller au théâtre.

Deux classes travaillent sur le concours de la Résistance. D'anciens résistants viennent au collège leur parler. Ils les trouvent sympathiques et décident d'inviter tous les troisièmes de l'établissement à une pièce de théâtre relatant l'histoire d'une famille juive pendant la guerre. Tout cela se fait au dernier moment, s'improvise : et hop ! tous au théâtre.

Les lumières s'éteignent et le chaos commence. Pendant une heure et demie les élèves hurlent, s'esclaffent, insultent les acteurs. A une femme en tenue de déportée : "A poil, salope !" A un père qui dit adieu à son enfant : "Pédophile !" D'autres crient : "A la douche, à la douche !" Une heure trente abominable. Les lumières se rallument. L'un des acteurs vient annoncer que la troupe refuse de saluer. Quelques profs sont en larmes. Les résistants qui avaient invité tout le monde partent, certains pleurent. Le malaise est général. Un élève monte sur la scène et crie à ses camarades : "Frères musulmans, mes frères, ce que nous avons fait est mal, nous n'avons pas respecté le travail de ces acteurs..."

Les jours suivants, le collège est en émoi, des discours sont tenus aux élèves. Ces derniers décident de se rattraper. Ils bricolent une invitation qu'ils distribuent aux anciens résistants et déportés de la commune ainsi qu'aux acteurs et au metteur en scène, les conviant à une rencontre dont le contenu reste secret. Au passage, la jeune fille qui distribue le tract traite de salope une prof qui, selon elle, aurait "mal pris le papier". Par la suite, cette même charmante jeune fille, après une vraie minute de silence à la mémoire des morts (ce qui est un exploit), lit une lettre d'excuse et remet des fleurs aux résistants, aux acteurs et aux profs. Beaucoup pleurent. Les élèves vont ensuite au cimetière déposer des fleurs sur le monument consacré aux morts en déportation.

Je ne sais s'il faut hurler de rire ou vomir devant ce repentir hollywoodien : peut-être les deux (mais dans quel ordre ?).

 

La misère du monde.

 Le père d'une élève s'est suicidé. Depuis, elle a des pertes de mémoire et tombe sans cesse malade. La mère d'un jeune garçon ne veut plus l'avoir à sa charge, il vit désormais chez ses grands-parents. Le jour de son anniversaire, il attend sa visite toute la journée, elle ne vient pas. Il s'endurcit.

Une jeune fille dont la naissance n'était pas désirée est élevée par ses grands-parents, qui l'infantilisent. Elle suce son pouce à longueur de cours.

Un élève fait des allers-retours entre le domicile de sa mère et des familles d'accueil. Il est dans l'affrontement perpétuel.

Un de ses camarades arrive tout juste d'Afrique ; son père meurt d'une crise cardiaque deux mois plus tard.

Une autre débarque précipitamment d'Algérie ; on a peine à imaginer ce qu'elle y a vu et perdu.

Tous ces cas dans une seule et même classe. Ils vont mal, ils en donnent tous les signes. Ils deviennent souvent incontrôlables. Ils se montrent odieux. Ils restent sans aide, sans soins. Ils sont tous les jours devant nous. Notre sévérité et notre agacement envers eux nous paraissent tour à tour du respect et de la cruauté. Nous tentons de comprendre sans excuser. Nous nous efforçons de faire abstraction, d'éviter l'empathie, de travailler hors contexte, hors société. Dans tous les cas nous sommes injustes, balourds, peu délicats. La misère du monde pénètre au collège et nous ne savons qu'en faire. Alors on se dit que le mieux est de continuer à travailler normalement, de juger des résultats scolaires, de vérifier que les devoirs ont été faits, de veiller à ce que chacun se tienne bien en classe, comme si de rien n'était. De ne considérer que l'élève. Toujours avec l'idée que l'on est peut-être monstrueux.

 

Onanisme.

 Un élève de sixième, obèse et rejeté par ses camarades, se masturbe en cours. Il ne se rend pas vraiment compte de ce qu'il fait, il est comme absent. Lorsque j'en parle, on me dit : "Il faudrait voir s'il ne fait ça qu'avec toi", puis on ajoute : "Mais, au fait, tu étais habillée comment, ce jour-là ?"

 

Les crachats.

 Mon collège est doté de beaux escaliers en bois. Cela pourrait être tout à fait joli si chaque marche n'était ornée d'un gros mollard luisant et encore chaud. Dans les couloirs, c'est pareil. Parfois, un élève crache à 10 centimètres de vos chaussures avant d'entrer dans votre cours. Je ne parle pas des crachats que certains laissent tomber dans le plat de la cantine afin de dégoûter leurs camarades et de pouvoir se servir à volonté. Nous sommes alors obligés d'expliquer que cet acte est intolérable, et de punir. Comme souvent, des adultes fort généreux et cultivés viennent au secours des élèves en affirmant que, dans certaines régions du monde, il est tout à fait courant de cracher par terre (en classe, à la maison, dans un bureau, sur son oreiller, dans son assiette, aussi ?) et que nous sommes particulièrement racistes et odieux en punissant ce genre de faits. Même chose lorsqu'il nous arrive de punir un élève qui rote en plein milieu du cours (ce qui n'est pas exceptionnel).

Heureusement, personne n'a trouvé pour l'instant d'excuse ethnologique pour interdire de punir ceux dont le grand jeu est d'uriner sur votre porte ou de déposer des excréments dans les couloirs.

 

La langue.

 Les élèves de sixième n'ont pas d'accent. Pardon, les élèves de sixième ont un accent parisien. Cela ne dure pas. En trois, quatre mois, ils prennent l'accent du "neuf-trois". Ils parlent d'abord ainsi entre eux, puis quand ils s'énervent, enfin tout le temps. Quand je le leur dis, ils s'en amusent, puis ne s'en amusent plus du tout. Leur vocabulaire et leur intonation n'ont rien de véritablement inventif ni désopilant. Osons dire qu'aplatir tous les mots et sembler prêt à exploser d'agressivité dès qu'on ouvre la bouche n'est digne de personne. Il faudrait aussi se demander si l'on peut avoir des pensées profondes et subtiles avec vingt mots de vocabulaire. Que l'on cesse de croire que chaque môme est un petit MC Solaar. Il n'y a pas grand-chose de rigolo dans tout cela, il n'y a qu'un registre de discours limité et souvent assez laid. Un registre discriminant, aussi, celui de la misère sociale comme culturelle.

© Librairie Arthème Fayard

Collèges de France, de Mara Goyet, éditions Fayard

 

Source:

 

 


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1. kecoeurita  le 13-02-2008 à 08:29:34  (site)

rien que le titre ne me donne pas envie de lire...oui je pense que cela me rappellerait de mauvais moments de mon début de carrière de prof de la région parisienne...j'avoue je ne suis pas nostalgique de cette époque. Ceci dit j'ai peut être tord de ne pas le lire.

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posté le 13-02-2008 à 00:31:56

Le contrôle du vendredi.

Vendredi, j’ai donné un contrôle aux élèves de 3ème. Sujet : action de l’acide chlorhydrique sur le fer. Il y a quelques semaines j’avais surpris quelques tricheurs qui avaient écrit à la maison, les réponses au crayon gris sur leur copie soit disant vierge. Pour ne pas qu’ils recommencent, j’ai fourni moi-même les feuilles comme à un examen. J’ai bien vu qu’ils n’étaient pas contents et même plusieurs élèves se sont révoltés en disant que c’était trop difficile et qu’ils n’avaient rien compris. C’était une leçon qu’il fallait apprendre et bien sûr, la majorité n’avait pas appris, comptant sur leurs « pompes ». Je crains le pire et je sens que ce contrôle va être catastrophique. Après la lecture du sujet, Aurélie me déclare brutalement : «  Monsieur, j’ai mal au ventre. Je peux aller à l’infirmerie ? » Je lui réponds que si elle sort de la salle, le contrôle est annulé pour elle et qu’elle devra le recommencer un autre jour avec un autre sujet. Elle me regarde de travers et me dit : «  mais pourquoi ? » Je lève les yeux au ciel et je rétorque qu’elle pourrait avoir des « pompes « dans sa poche… et que je ne peux pas la fouiller. Elle sort, accompagnée du délégué. Cinq minutes plus tard, Stéphane me demande de sortir aussi parce qu’il avait mal à la tête. Je lui tiens le même discours. Il insiste et je le fais accompagner par le 2ème délégué. Déjà quatre élèves avaient disparu de la salle. Ils sont revenus vingt minutes plus tard en affirmant que l’infirmerie était pleine et qu’il a fallu attendre. Les deux délégués ( qui n’étaient pas malades, eux) me disent qu’ils ont perdu beaucoup de temps et que il faudrait annuler le contrôle pour eux aussi. J’en avais vraiment assez de cette dernière heure avant les vacances.

 Les élèves veulent avoir de bonnes notes sans travailler à la maison et utilisent pour cela tous les moyens possibles et parfois malhonnêtes.

Quand la sonnerie a retenti, j’ai eu l’impression qu’il était 17h alors qu’en réalité, il n’était que 15h : une nouvelle preuve de la dilatation du temps…Phénomène très connu par les profs…

 


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1. Briana  le 13-02-2008 à 00:49:02

Je compatis : pas facile d'être prof!!! la plupart de mes amies le sont et sans "zen attitude" je pense qu'il leur serait parfois difficile d'enseigner.
Je suis retournée sur les bancs de l'école -formation infirmière oblige- donc je suis en quelque sorte de l'autre côté de la barrière. Mais évidemment la done est faussée car pour ma part, je bosse pour réussir... question d'âge et de priorité je pense.
Bonnes vacances bien méritées

2. feline  le 13-02-2008 à 01:34:33  (site)

bonjour je découvre ton blog, et mon mari qui est enseignant aussi, mais pour des jeunes adultes se plaind également, les jeunes ne veulent plus apprendre, ils viennent à l'école pour avoir une formation et un diplôme, mais ils voudraient avoir çà sans rien faire pour réussir! pfff!!! Bon courage

3. version5  le 18-02-2008 à 17:25:00  (site)

Pas facile en effet, ceci étant dit "l'action de l’acide chlorhydrique sur le fer" ... ça leur sert à quoi quand, comme tu le dis, comprendre ce qu'ils lisent, être capable d'écrire et de compter relève déjà de l'exploit .... ?!
J'aimerais bien que quelqu'un m'explique !!!

4. Galate2  le 18-03-2008 à 22:01:58  (site)

Je me souviens quand j'étais en seconde on avait un contrôle par trimestre et ma moyenne se situait à 2,5/20! C'est dire que cette matière n'était pas mon fort. La seule fois où j'ai eu un 17 c'était pour un expo sur le nucléaire et je devais parler du côté positif alors je me suis mise à parler (entre autre) de Ramses II...
Ce n'est pas que je détestais cette matière mais je n'ai jamais été foutue de placer les formules lors des contrôles.
Quand je pense qu'un des métiers que j'aurais aimé faire était astrophysicienne! J'en rigole encore...

5. pff  le 17-05-2008 à 11:03:55

puis sin ils ont envie de tricher laisser les faite semblant que vous ne voyez rien!

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posté le 01-02-2008 à 11:43:18

Le sleen...

Le spleen d’un prof ordinaire.

 

Je n’enseigne pas en ZEP, ni dans un collège difficile. J’enseigne dans un collège parfaitement ordinaire.

Le malaise commence dès la prérentrée en Septembre. On nous réunit tous dans la salle audio visuelle et là commence une tentative de lavage de cerveau par le principal ( qui a reçu des directives du rectorat, qui lui-même a reçu des directives du ministère, qui lui-même…), qui nous débite pendant plusieurs heures un discours bien formaté, assez éloigné de la réalité du collège. Puis les profs essayent d’amener «  l’équipe dirigeante « vers des problèmes plus terre à terre, bien loin de l’idéologie de pacotille du collège unique. On met dans un même moule tous les élèves, obligatoirement jusqu’à 16 ans et on leur enseigne la même chose !

Parmi ces élèves il y a :

-         des élèves super doués qui comprennent au quart de tour, qui ont des notes de 18 à 20 et qui s’ennuient bien vite et comprennent qu’il est inutile de travailler plus et qui font ensuite le minimum…,

-         des élèves moyens, avec quand même, beaucoup de problèmes, surtout en français et en math,

-         des élèves très faibles, parfois illettrés, complètement perdus, à la dérive et que l’on fait passer de classe en classe sans jamais redoubler car leur cas est désespéré.

On a tous, ces trois cas, dans nos classes et on doit se débrouiller !

Que fait un élève qui ne comprend rien ? Hé bien, il s’ennuie. Et que fait un élève qui s’ennuie ? Hé bien il chahute, il souffre, il est mal dans sa peau…

Le collège est un lieu à part , hors de la réalité. Imaginez :

-         une femme ordinaire, au physique ingrat parfois et obligée de vivre en permanence dans une assemblée de top modèles, minces, jolies et tout et tout… Que ressent cette femme ?

-         un homme ordinaire, peu sportif, parfois un peu rond, obligé de côtoyer des athlètes de haut niveau ou des play-boys superbes. Que ressent cet homme ?

Voilà ce que ressent chaque jour, chaque minute, un élève qui n’est pas à sa place dans un collège.

Revenons à notre journée de prérentrée. A un moment, vient le problème des portables. On demande, qu’ils soient interdits dans collège. On nous répond que c’est illégal et que l’on n’a pas le droit de confisquer un portable qui sonne en classe. La situation est bloquée et les élèves comprennent vite la faille du système.

Les élèves sont insolents ? On les punit ! Le lendemain, les parents arrivent et font un scandale. Il faudrait presque s’excuser d’avoir donné une punition.

On donne du travail à la maison, qui n’est pas fait parce-que :

-         les élèves font beaucoup de sport en dehors du collège ( je vais être critiqué ) et sont trop fatigués ensuite pour faire leurs exercices. C’est une excuse valable pour les parents.

-         Les enfants ont parfois une activité artistique qui passe avant les études…

-         En plus, il y a les jeux, les amis… Une mère à qui je disais que son fils ne travaillait pas assez à la maison, me répondit du tac au tac : » vous croyez qu’il n’a que ça à faire ? »

Je ne suis pas un professeur tout jeune, j’ai de l’expérience et j’avoue que je n’ai pas de problèmes de discipline. Je côtoie chaque jour, de jeunes collègues au bord de la dépression nerveuse qui n’arrivent plus à gérer une classe. Ils se font insulter, parfois même bousculer, sans qu’il y ait de sanction. Les élèves ont fait un coup d’état et ont pris le pouvoir dans la classe !    

Problème majeur : l’orthographe. Pour régler ce problème, la dictée du brevet des collèges est passée de vingt lignes il y a 20 ans à cinq lignes aujourd’hui, avec de multiples tolérances pour éviter aux élèves d’avoir zéro. Et ils ont quand-même, presque tous zéro.

Ne parlons pas des mathématiques. Les élèves sont bloqués dès la lecture du sujet dont ils ne comprennent pas les mots.

J’invite les parents grincheux à venir faire un tour dans la salle des profs à l’heure de la récré pour constater l’état de décrépitude avancée psychique et physique des professeurs, qui parfois font la grève tout simplement pour se reposer.

Imaginez que bientôt, il y aura des professeurs qui pourront avoir jusqu’à 67 ans ( début de carrière 25 ans + 42 ans de services ). Autant faire courir un marathon à des vieillards impotents.

Pensons aussi à la suppression de milliers de postes d’enseignants. Certaines matières ne seront plus enseignées comme les arts plastiques, l’éducation musicale et l’EPS. Tout cela se fera hors des collèges avec des intervenants extérieurs ; avec quelle pédagogie ?

 

A suivre…

 

 


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1. espaprof  le 11-02-2008 à 13:22:30

Je suis prof d'espagnol. Je partage cette vision des choses.

2. version5  le 12-02-2008 à 23:24:29  (site)

Je ne peux pas m'empêcher de ressentir une grande tristesse en lisant ce quotidien qui est le tien ... et que partage "espaprof".

Ce ne doit pas être simple à vivre jour après jour, année après année ; et d'un autre côté, étrangement, il est difficile de comprendre où va cette grande maison qu'est l'Education nationale.

Nous avons fait le choix de sortir un de nos deux enfants du système en 4e, et de l'instruire en famille ... justement, pour lui donner une chance. Pour prendre le temps d'apprendre à apprendre ; de se réapproprier des bases et consolider les acquis. Pour ne pas être "l'intrus" dont tu parles ...

En te lisant, on ne peut s'empêcher de penser que nous avons fait le meilleur choix possible pour celui de nos enfants qui était le "moins adapté" à cette jungle d'intérêts antagonistes qui réduit à une peau de chagrin les potentiels prometteurs et laisse sur le bord de la route les plus faibles ...

Quel gâchis !

3. feline  le 13-02-2008 à 01:31:21  (site)

tout a fait d'accord avec ton point de vue! mon mari est enseignant aussi, et il se plaind également, pourtant il donne cours à des jeunes adultes, et bien il ne savent plus compter non plus, une simple division, ou soustraction, ils ne savent plus faire çà!!! honteux!!!

4. tilt  le 23-02-2008 à 11:31:33

Tiens je découvre ce blog qui ma foi est assez amusant à lire pour moi, lycéenne en 1ereS de l'autre côté du tableau.

Oui c'est vrai, les élèves, et surtout au collège, sont insupportables. Les elèves pensent avoir toujours raison, c'est un principe qu'on garde et qu'on assume jusqu'au bout même quand on sait qu'on a tord.
On tire sur la corde sans s'arrêter.

Mais pour tirer il faut être deux... Même si je comprend cette lassitude des profs, que je côtoie quand même quotidiennement puisque ma chère môman enseigne, je crois bien que c'est tout un environnement qui est à changer... Pour moi c'est pas normal que le corps enseignant croit tellement peu en leurs élèves.

"Les élèves sont bloqués dès la lecture du sujet dont ils ne comprennent pas les mots"
Franchement ça me scie! On s'étonne qu'après certains élèves soient en difficulté, mais avec des généralités pareilles ce n'est pas étonnant et ça me désole de me dire que les profs nous voient la plupart du temps comme une masse de jeunes uniforme, sans relief, plats. On n'est finalement, apparemment, aux yeux de nos chers profs qu'une bande d'incapables. Et on le ressent, mine de rien, et ça ne nous pousse pas à faire des efforts puisqu'on se sent tellement inconsidérés, avec cet air que prennent les profs, pensant apparemment que la jeunesse n'est vraiment bonne à rien et n'a pas d'idées, seulement trois neurones impossibles à connecter. "Tous les mêmes".

Faut pas s'étonner, après, que les élèves se sentent incompris et soient en guerre contre les profs.

Bon j'ai peut-être été un peu virulente mais j'avais envie d'exprimer "l'avis des autres", de ces gosses dominés...

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posté le 30-01-2008 à 10:32:09

Examen...

Hier, mardi, brevet blanc. J’ai surveillé l’épreuve d’histoire-géographie de 14h à 16h.

Les élèves sont rentrés dans la salle, pas stressés du tout. Il y en avait 24, à raison d’un par table. J’ai vite repéré Stéphane et Julien, deux mauvais élèves que j’avais l’année dernière. Je me suis dit, qu’encore une fois je n’avais pas de chance et que certainement, ça n’allait pas bien se passer. Le sujet : Staline et la dictature, le respect des voisins en instruction civique et un document à compléter avec une échelle chronologique et des villes, des océans… à placer sur une carte. En passant dans les rangs, j’ai vu Moscou près de Tombouctou, la mer méditerranée en Asie du Sud Est… et la découverte de l’Amérique en 1950. Rien d’étonnant à tout cela, hormis leur portable, leur lecteur MP3 et leur console de jeu de poche, les élèves ne sont intéressés par rien. Deux heures, c’est trop long, en quarante minutes, presque tous les élèves avaient terminé. Et c’est là, que les problèmes ont commencé. D’abord Stéphane avec un sourire bête et horripilant que se retournait vers son copain Julien en lui faisant des signes, ensuite Nathalie qui était assise de côté, appuyée sur le radiateur, en laissant sa copie bien visible à sa copine Julie qui ne se gênait pas pour copier… J’ai dû gérer pendant une heure une situation vraiment inconfortable en surveillant des élèves qui s’ennuyaient… C’est à ce moment là que j’ai pu toucher du doigt la relativité du temps et son étirement, son gonflement qui fait qu’une heure en paraît quatre dans certaines circonstances… La sonnerie de 16h a été pour moi le gong, comme pour un boxeur sauvé du KO.

 


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1. version5  le 01-02-2008 à 09:02:49  (site)

Comme c'est triste ce que tu racontes là. Quel gâchis. Pour les enseignants, qui font un métier extra-ordinaire ... pour les élèves qui pourraient s'enrichir tellement pendant ces années d'études !
....

2. esuna  le 01-02-2008 à 09:23:48  (site)

smiley_id117725Bonjour, Tu as des élèves vraiment irrespectueux décidément. Je me demande dans quel quartier tu enseignes. A moins que je ne me rende pas compte de ce qu'il se passe de nos jours (je suis d'une génération où les profs nous frappaient les bouts des doigts avec la règle en bois mais ce n'était pas mieux car la peur bloque l'esprit !).

Les autres profs ont les mêmes problèmes que toi ? Sans doute cela dépend du proviseur et du règlement qui n'est pas assez sévère.
Je pense à ça car lorsque mon fils est rentré en 6ème, des parents d'élèves de classes au-dessus me racontaient la venue d'un nouveau directeur plus sévère (d'où un nouveau réglement). Les années précédentees étaient un vrai "bazard", les élèves passaient par-dessus les murs, bousculaient les surveillants, etc....
Depuis l'arrivée de nouveau directeur, les élèves doivent présenter leur cahier de liaison où se trouve l'emploi du temps et idem pour sortir, pour la moindre bêtise, ce sont les heures de colle qui tombent, les mots aux parents... je n'en sais pas plus en fait car mon fils fait parti des "gentils".hihi
Les élèves, étant des enfants, ont besoin de ses limites sinon ils n'ont plus ces repères nécessaires. Je pense que c'est comme l'éducation à la maison.
cela me fait penser à l'émission (j'ai oublié le nom) de la nounou qui remet de l'ordre au sein de certaines familles où les enfants font la loi. J'imagine cette nounou arrivant dans la classe... Une telle émission devrait exister, on ne s'ennuierait pas devant la télé !Rire
Bon courage, j'espère ne pas t'ennuyer
avec mon bavardage shocked mais le sujet m'intéresse beaucoup.
A bientôt.Sourire

3. espaprof  le 11-02-2008 à 13:39:38

J'ai surveillé moi aussi le brevet blanc et j'ai été confronté exactement aux mêmes difficultés. La plupart des élèves avaient fini une heure avant et se sont livrés à des jeux équivalents à ceux décrits dans votre récit.
Parfois, il n'y a rien de vraiment répréhensible, mais c'est toujours à la limite. Au lieu de composer certains vous fixent en attendant que vous détourniez le regard pour en faire une. Un petit jeu usant pour les nerfs. J'ai de l'expérience et j'essaie de tenir mes classes. On y arrive, on sauve les apparences, on cache, mais honnêtement, comment se satisfaire de la situation.

4. Leshaya  le 24-02-2008 à 11:12:36

Mais ils font des erreurs extraordinaires quand même! Des trucs de base! La méditerranée borde la France quand même mince alors! Et Christophe Colomb, mais tout le monde connaît Christophe Colomb et son 1492! (même si c'est pas vraiment le premier à avoir mis le pied sur le continent américain...)
Quand on est au collège on est encore des gamins, c'est vrai, on peut pardonner certains trucs mais bon faut pas abuser non plus niveau comportement. Ca doit être vraiment horripilant d'avoir toujours des élèves comme ça.

(esuna=> c'est super Nanny ^^)

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posté le 28-01-2008 à 22:44:33

Routine.

 

 

 

 

Vendredi, deux heures de 4ème en groupes de 8h à 10h.

 J’ai eu comme l’impression d’avoir parlé en chinois au cours précédent. J’ai posé quelques questions sur la leçon faite mercredi : ce que j’ai entendu va peut-être m’inciter à changer de métier*. C’est simple, les élèves n’ont rien retenu de la leçon sur la combustion du butane dans l’air. Cela prouve d’abord qu’ils n’ont pas été attentifs en classe et qu’ensuite, ils n’ont pas ouvert leur cahier à la maison. J’ai séparé Céline de Manon, les deux bavardes professionnelles qui m’ont lancé des regards de haine en me disant : «  mais monsieur, pourquoi vous nous séparez ? » Moi je les ai regardées de travers avec un rictus professoral convaincant qui les a fait taire. Antoine, lui, se fichait de tout ça, il menait sa vie sans être troublé par le prof  qui faisait cours ( moi ). Il avait une activité incertaine, pas nette, baveuse… En m’approchant de lui, je vis bien que ses mains se déplacèrent avec une dextérité digne de Gérard Majax. Je crois bien qu’il consultait son portable posé sur ses genoux. Quand je l’ai accusé de cela, il se dressa comme un coq et me dit : «  le portable ? Quel portable ? Je n’ai pas de portable ? Ma mère ne veut pas m’en acheter un. » Je l’écoutais en regardant son Samsung noir qui dépassait de la poche de son jeans. «  Et ça, c’est quoi ? » dis-je en désignant l’objet du délit. Il ne se démonta pas et me répondit du tac au tac : «  ho mais c’est le portable de Stéphane ; il me l’a prêté… » Décidément, ils nous prennent pour des imbéciles, ces élèves ! Alors, j’ai confisqué l’appareil, j’ai mis une observation et l’élève concerné me lança : «  je vais le dire à mon père, vous allez voir ! ».

Il y a quelques jours, le portable d’une élève sonna pendant que j’expliquais ce qu’était le pH d’une solution aqueuse ( autant dire que je parlais en pakistanais) . Je lui mis donc une observation. Au cours suivant, je reçus un mot de sa mère me disant que c’était elle qui avait appelé parce qu’elle devait dire à sa fille quelque chose d’important… Les portables rassurent les parents et font c…. les profs !

 

* j’hésite entre :

  •   Dresseur de fauves dans un cirque,
  •   Charmeur de serpents à Bombay,
  •   Equilibriste sur les chutes du Niagara,
  •   Alpiniste sur l’Etna,
  •   Dentiste en Tanzanie…

Des métiers beaucoup moins dangereux que celui de professeur.

  

 

  
 


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1. liloo  le 29-01-2008 à 00:35:28  (site)

Et dire que j'ai voulu être prof d'anglais puis CPE!

2. version5  le 29-01-2008 à 09:21:47  (site)

Ce que tu dis là est marrant ! Marrant et triste à la fois.
J'ai expérimenté (un remplacement dans un collège de province) ... mais ... je persiste à croire que tout le monde (enfants, ados, adultes) aime apprendre dès lors que l'apprentissage fait sens.
Or, c'est là que le bât blesse ... et s'il est vrai que les renoncements sont pluriels, il n'en est pas moins vrai, je trouve, que peu est fait pour donner du sens, pour rendre "apprendre" enthousiasmant et valorisant ! Finalement enseigner se résume à examiner ... c'est un tout autre métier me semble-t-il !?

3. esuna  le 29-01-2008 à 22:47:41  (site)

Bonjour et bienvenue !
Dur métier, nous le savons mais là, franchement, les élèves exagèrent, c'est tout simplement un manque d'éducation des parents. (rien que l'exemple de la mère dont tu parles est significatif...)
Mon fils (en 5ème) n'emmène pas son portable, c'est mis dans le règlement du collège de toute façon et je ne vois pas l'utilité (il a aussi peur qu'on lui vole de toute façon).
Je pense que certains élèves sont aussi distraits en classe s'ils n'ont rien suivi dès le départ ou simplement rien compris et donc, ils sont perdus. Bon, ce n'est pas pour défendre ceux dont tu parles !
Je vois bien mon p'tit gars en anglais : il a l'impression de perdre son temps (et il perd son temps pour de vrai d'ailleurs)J'en ai discuté avec sa prof' mais elle dit ne rien pouvoir faire pour lui, qu'elle n'a pas le temps de s'occuper des élèves qui ont pris du retard et que c'est comme ça ! Agréable à entendre... Et dire qu'il était motivé en septembre... Oui, je m'éloigne....
J'espère tout de même que tu as des élèves plus intéressants dans les classes car je suis certaine qu'il y en a, non ? Siiiii, j'en suis sûre !
J'espère te relire très bientôt.
Bon courage.smiley_id147757
(pas dresseur de fauves dans un cirque, ils doivent rester en liberté)

4. espaprof  le 11-02-2008 à 13:57:10

Dans notre collège, nous avons interdit purement et simplement l'usage des portables et des mp3 dans l'établissement. Ils peuvent en avoir mais nous ne devons pas les voir. (pas de confiscation mais sanction immédiate). Me concernant, j'étais indifférent à cette mesure car dans l'échelle de l'indiscipline j'ai tellement plus gênant (le non travail)... Toutefois, j'avoue que cette mesure a éliminé bien des sujets de discussion stérile.
A part ça, me concernant, j'ai aussi des paquets d'élèves qui n'écoutent pas et n'ouvrent pas le cahier. Rien n'y fait. Punitions, mots carnets, notation, heures de colle, coup de fil parents, exclusion par paquets de quinze (à titre symbolique: un cours ça se mérite)... sur le long terme, la situation est intenable. Pour avancer un peu, on réduit les exigences pour pouvoir les tenir.

5. feline  le 13-02-2008 à 01:37:03  (site)

les portables devraient êtres interdit en classe, ou en tout cas devraient êre éteind!!!! mais où va le monde actuel????

6. Legolas  le 22-02-2008 à 16:46:16

Le coup du portable et de la mère qui écrit un mot contre le prof, je trouve ça vraiment lamentable. Les parents devraient être un peu plus sensibilisés aux conditions de l'éducation : concentration, respect, règles ; pour que derrière le travail des enseignants puisse s'exercer.

Perso, pour les quelques cours de groupe que j'ai donné, j'essayais d'être le plus rigoureux possible sur la discipline (en en laissant rien passer), en offrant un contenu que je voulais moderne et stimulant dans une bonne ambiance de cours - à condition qu'ils soient concentrés sur le sujet.
Mais j'avoue que ca ne doit pas être facile partout..

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posté le 28-01-2008 à 14:53:02

Illusions...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1. Lhouria  le 28-01-2008 à 15:22:05  (site)

Bonjour et bienvenue sur Vef' ! Une question... : tu es prof' de quoi ?? (de math??)
Bonne après-midi

2. Mandy  le 28-01-2008 à 17:24:38  (site)

Bienvenue sur Vef'
J'attends avec impatience de voir la suite de ton blog.

3. bea22  le 07-04-2008 à 20:59:01

salut

sympa ces illusions.j'ai parcouru ton blog donc tu es prof de physique chimie au collegue ? je comprends que ce ne soit pas de la tarte. pourtant ça devrait les intéresser de faire des expériences.
le college c'est l'age rebel je te souhaite donc bcp de courage.

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