posté le 29-01-2013 à 10:12:17

Grasse (25).

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Finalement, j’étais un homme poursuivi :

-Poursuivi par Monsieur Coqualo qui me draguait.

-Poursuivi par Madame Coqualo qui me harcelait sexuellement.

-Poursuivi par Mademoiselle Belœil qui me faisait les yeux doux.

-Poursuivi par Monsieur Gédebras, le manchot, qui voulait me faire jouer au volley.

-Poursuivi par Aldo, Marco et Pipo qui voulaient m’entraîner dans des soirées gays.

-Poursuivi par Marilyne, la prof de philo qui oubliait Platon lorsqu’elle faisait dresser mon anatomie.

-Poursuivi par Emile, le futur ex-mari de Marilyne, tueur à ses heures perdues et qui voulait vraisemblablement m’assassiner dans son club de tir à l’arc en me faisant jouer le rôle de cible vivante.

Décidément Grasse devenait pour moi une ville dangereuse où je risquais ma réputation et ma vie bien plus que si je résidais à Kaboul où dans le quartier chaud de Harlem à New-York.

Ma seule consolation, le baume qui apaisait toutes mes angoisses, c’était Lola, lorsque je la voyais dans ma coursive (de plus en plus rarement) en train de lancer des paquets de cigarettes à Paulo le taulard, son protecteur, détenu dans la prison pour quinze ans encore ou quand je la voyais déambuler en mini-jupe en remuant des fesses, exerçant, dans la rue de mon immeuble, le plus vieux métier du monde.

Lola, c’était mon sirop à la menthe, ma barbe à papa colorée et ouatée à souhait dans laquelle j’aurais bien aimé me vautrer pour oublier tous mes soucis. Lola, c’était « mon avenir à moi », la fille à laquelle je rêvais d’offrir des bonbons comme dirait Jacques Brel. Quand, après une journée passée dans ma prison (le lycée), je la voyais me lancer des œillades près du hall de mon immeuble, mon cœur se mettait à battre comme une symphonie de Mahler.

Et quel scandale si les grassois apprenaient qu’un prof, éducateur de leur progéniture, était amoureux d’une pute.

Alors, comme pour me faire du mal, je fantasmais sur la relation qui existait entre un vieux professeur et Lola dans l’ange bleu (1), un film de 1930, craignant de terminer ma vie comme lui.

En tout cas, ma relation avec Marilyne ne pouvait plus durer. Elle souhaitait qu’elle fût secrète, alors que moi, pour affirmer mon hétérosexualité, je désirais la montrer aux grassois. Et en plus, son mari avait l’air d’un fou dangereux.

Il ne me restait plus qu’à choisir une nouvelle « victime » dans la salle des professeurs. Je pensais à Jeanne, la prof d’anglais, vieille fille patentée et certifiée presque conforme, car elle m’avait avoué, un soir d’infortune (un conseil de classe qui s’était terminé fort tard) qu’elle était presque vierge. Ce qui semblait plus vague que la théorie quantique relativiste où l’on n’était sûr de rien. Sur le plan physique, on pouvait dire que Jeanne était belle. Mais belle de l’intérieur ! L’extérieur, quant à lui, aurait été plutôt quelconque, si, la pauvre, n’avait pas eu des yeux un peu proéminents. Mais elle était gentille avec moi et souvent, quand j’avais envie d’un café, je l’envoyais en mission périlleuse vers la machine à boissons que l’administration avait eu la malencontreuse idée de placer dans la cour de récréation du lycée. Alors la pauvre, pour me faire plaisir, allait chercher mon café en se faufilant parmi les élèves qui s’écartaient à peine pour la faire passer, sans parler des affreux qui en profitaient pour se coller à elle et s’exciter sur ses fesses. La bandaison a des raisons que la raison ne connaît point, comme dirait Blaise Pascal ou Brassens peut-être…

Ce soir-là, je prétextais une panne de voiture pour demander à Jeanne de me raccompagner chez moi…

A suivre

Notes :

1 :L'ANGE BLEU

(Der blaue Engel)

Réalisé par Josef von Sternberg

Avec Emil Jannings, Marlene Dietrich, Kurt Gerron, Rosa Valetti, Hans Albers, Reinhold Bernt

Allemagne (1930) – 124 mn

Un professeur très autoritaire sombre dans la déchéance en succombant à la passion dévastatrice qu'il éprouve pour une chanteuse de cabaret...

En Allemagne en 1924, en se rendant dans un cabaret pour empêcher ses élèves de s'y corrompre, un vieux et sévère professeur de lycée célibataire s'éprend d'une séduisante danseuse aux tenues de scène affriolantes, l'épouse et la suit en tournée…

 

 


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posté le 25-01-2013 à 07:46:31

Grasse (24).

Le mari de Marilyne,

la prof de philo.

Dans ma tête, cette clé qui tournait dans la serrure devenait un roulement de tambour qui annonçait ma perte.

Marilyne se redressa brusquement et saisit à la volée un paquet de copies qui traînaient à ses pieds. Moi, en tremblant, je remballai mon affaire en refermant ma braguette et je m’éloignais d’elle de trente bons centimètres. Et le mari de Marilyne entra dans le salon. Grand et mince, il avait l’allure d’un révolutionnaire russe qui avait tué le tsar Nicolas II (1). Autant dire qu’il aurait même effrayé une armée de bolcheviks habitués aux bains de sang. Il me regarda fixement, comme si son cerveau malade tentait de savoir si j’étais l’amant de sa future ex-femme.

Marilyne essayait de cacher sa nervosité en me présentant comme un collègue qui venait préparer avec elle, le sujet du bac blanc de philosophie.

Alors il me serra la main avec une force qui me faisait présager le pire.

« Vous êtes professeur de philosophie vous aussi ? » dit-il d’un ton lugubre ?

Pouvais-je lui répondre que j’enseignais la physique et que Platon m’était aussi étranger que la mécanique quantique (2) pouvait l’être à un mécanicien d’automobiles.

Alors, malgré moi, je dus mentir et prétendre être un professeur de philo.

Il me répondit :

« Moi, je suis professeur de tir à l’arc ! »

Et devant mon air de débile profond, il ajouta :

« Et je possède aussi une armurerie ! »

Bref, il avait le profil d’un tueur !

C’est à ce moment-là, que je crus voir, sous sa veste, le relief caractéristique d’un révolver gros calibre.

Je me demandai alors, à quel moment il allait tirer sur moi.

Pour détendre l’atmosphère, Marilyne nous proposa de boire un Cognac. Je pensais :

« Le dernier verre du condamné à mort ! »

Le futur ex-mari qui se prénommait Emile, comme Zatopek (3) ou Zola, m’inondait de questions sur les philosophes grecs de l’antiquité. Il était cultivé, certes, mais surtout il devait bien se douter que la philosophie n’était pas la matière que j’enseignais.

Je répondais tant bien que mal en essayant de puiser dans mes anciens souvenirs de lycée. Souvent Marilyne intervenait pour compléter mes réponses aussi vaseuses que les rizières d’Asie. Chaque fois, Emile lui lançait un regard peu sympathique.

J’étais soumis à une véritable torture psychique de la part d’un paranoïaque sadique. J’avais hâte de partir, de quitter ce lieu toxique, de retourner chez moi, dans mon appartement, même s’il était situé au-dessus de la prison de Grasse. Je me levais donc pour prendre congé. Marilyne me lança un regard de détresse. De toute évidence, elle avait peur de rester seule avec Emile.

Il mit sa main sur mon épaule pour me forcer à me rasseoir.

« Mais on dirait que vous êtes pressé de vous enfuir ! » me dit-il.

Il voyait juste le bougre !

Je cherchais une raison valable pour justifier mon départ et je ne trouvais que :

« Je ne voudrais pas manquer mon feuilleton « Plus Belle La Vie ! »

Il se mit à rire comme le ferait Satan dans les gouffres soufrés de l’enfer.

Marilyne était décomposée.

Il fallait que je partisse au plus vite, j’étais au bord de la crise de nerfs. Emile serra très fort mon avant-bras et me dit :

« Je vous invite dans mon club de tir à l’arc. Vous pouvez venir quand vous le désirez ! »

Et pour ajouter à mon effroi, il déclara :

« Car en ce moment, on manque de cibles vivantes ! »… 

A suivre

Notes :

 

1 : Emprisonné à Perm, puis à Tobolsk et enfin à Iekaterinbourg, Nicolas II et sa famille furent exécutés dans les caves de la villa Ipatiev , le 17 juillet 1918, par un groupe de bolcheviks commandé par Iakov Sverdlov et Iakov Yourovsky, peut-être sur l'ordre de Lénine ; les Bolchéviques craignaient que le symbole même de l'autocratie en Russie, le tsar, ne soit libéré par les Blancs.

Les corps de la famille impériale furent chargés sur un camion puis transférés dans une forêt proche de Iekaterinbourg. Ils sont jetés dans un puits de mine d'où ils furent, quelques jours plus tard, retirés pour être ensevelis sous un chemin forestier.

2 : La mécanique quantique est la théorie physique issue d'un des plus grands défis de la science : celui de vouloir comprendre le comportement des particules qui nous composent, et qui composent jusqu'à nos instruments de mesure ! Et c'est là l'obstacle principal que la mécanique quantique a eu à surmonter. Comment réussir à comprendre le comportement des particules quand les objets que nous manipulons sont constitués de plusieurs milliards de milliards de ces mêmes particules ?

On a beaucoup dit qu'elle était la théorie la plus éloignée de notre logique - disons surtout qu'elle a mis les neurones de beaucoup de monde à rude épreuve.

La mécanique quantique, la théorie, la vraie, ne fournit que des outils mathématiques très complexes qui permettent de prévoir les résultats des mesures. Elle dit "voici ce que vous allez mesurer". Elle ne dit pas "voici ce qui s'est passé". Et pour cause ! Tout ce qui se passe en mécanique quantique n'est pas accessible à notre expérience directe : on ne peut pas constater de nos yeux ce qui se passe.

3 : Emil Zatopek est un coureur de fond tchécoslovaque, né le 19 septembre 1922 à Kopřivnice (Tchécoslovaquie), mort le 22 novembre 2000 à Prague (République tchèque). Zatopek est détenteur de 4 titres olympiques et de 18 records du monde.

 


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posté le 21-01-2013 à 08:10:36

Grasse (23).

L'étagère de Marilyne.

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Franchement, j’étais un peu déçu par l’attitude de Marilyne.

Elle m’expliqua un peu plus tard, qu’elle était en instance de divorce et que son mari avait des tendances paranoïaques. Ma libido (1) déclina brutalement quand j’entendis cela. J’avais bien envie de chercher une excuse quelconque pour fuir ce lieu hautement dangereux.

« Il a la clé de l’appartement ? » dis-je à Marilyne avec le regard fuyant vers une étagère surchargée de livres qui n’allait pas tarder à s’effondrer.

« Oui ! » répondit-elle.

Mon inquiétude commençait à s’amplifier tout comme un soufflé bien portant dans un four à 180°C.

« Et il risque de venir ici sans prévenir ? » murmurais-je, peureux comme une tortue timide.

« Oui, pourquoi ? » s’étonna-t-elle.

Un mari paranoïaque qui surprend sa femme avec un collègue, la nuit dans son appartement, c’était aussi dangereux que de fréquenter les souks de Kaboul pour un GI américain.

Elle était assise à côté de moi sur le canapé et je baignais dans sa sphère parfumée. Pour me recevoir elle avait mis sur sa peau une eau de toilette de Guerlain, « les Jardins de Bagatelle » et je dois avouer que mon nez de chimiste apprécia ces senteurs un peu orientales où planait un discret effluve de jasmin. Elle portait une jupe noire, assez courte qui remontait sur ses cuisses musclées de nageuse peut-être ou de randonneuse. Dans mon cerveau mon bulbe (2) olfactif était à la fête, grisé par des senteurs peu communes. Ma main était prête à explorer ces vallons voluptueux, encore inconnus. Ma main oui, mais pas moi.

Inconsciemment j’élaborais un listing de ce que j’avais envie de lui faire :

- l’embrasser dans le cou,

- mordiller délicatement le lobe de son oreille droite,

- l’embrasser sur la bouche,

- titiller sa langue avec la mienne,

- la serrer dans mes bras pour sentir ses seins sur mon torse,

- lui murmurer dans l’oreille des « je t’aime » pathétiques,

- poser ma main sur sa cuisse,

- remonter ma main vers son aine…

J’en étais à toutes ces considérations romantiques, quand brusquement, elle posa sa main sur ma braguette.

Où étaient-elles, les midinettes effarouchées ? Notre siècle avait enfanté des femmes au potentiel sexuel démesuré.

En même temps, sa bouche se mit à dévorer la mienne et sa langue, épée de chair, livra un combat singulier contre mes papilles.

Je me devais de réagir, de montrer qui menait la gondole dans les canaux de Venise.

Alors carrément, je mis ma main entre ses cuisses et je fus surpris de constater qu’elle ne portait pas de culotte.

Mes doigts découvraient une humidité tiède à la consistance poisseuse, caractéristique des buées biologiques.

« Prends-moi ! » hurla-t-elle en me crachant dans la bouche.

Et sa main devint, en un instant, le fourreau de mon glaive !

C’est à ce moment-là, que j’entendis une clé tourner dans la serrure de la porte d’entrée…

A suivre

 

Notes :

1 : libido : ensemble des pulsions sexuelles.

2 : Le bulbe olfactif (BO), parfois appelé lobe olfactif, est une région du cerveau des vertébrés dont la fonction principale est de traiter les informations olfactives en provenance des neurones chémorécepteurs olfactifs. C'est une structure paire - il y a deux bulbes olfactifs - légèrement détachée du reste du cerveau et la plus proche de la cavité nasale.

 


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posté le 17-01-2013 à 13:13:44

Tempête de neige sur Fréjus.

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posté le 16-01-2013 à 21:19:46

Grasse (22).

L'uppercut de Monsieur Coqualo.

 

L’après-midi, dans le hall de l’immeuble, je rencontrai Monsieur Coqualo et j’eus l’impression qu’il me regardait d’un air bizarre. Sa femme lui avait-elle raconté la gâterie scabreuse qu’elle m’avait pratiquée dans le local à poubelles ? Je n’aimais pas trop cette situation et j’étais horriblement gêné. Il me regarda quand même avec l’air d’un varan (1) affamé ayant jeté son dévolu sur une brebis égarée sur l’île de Komodo (2). Et il me dit :

- Monsieur le prof, vous n’avez pas de problèmes avec votre batterie ? 

Que voulait-il dire par là ? C’est vrai que lorsque sa femme reçut dans sa bouche ma rosée séminale, je pensais que je devrais faire attention à ne pas trop vider mes batteries. Et aurais-je par hasard, murmuré à haute voix, dans un moment de sublime abandon, cette phrase à Madame Coqualo lorsque sa bouche prenait les allures d’un aspirateur Tornado ?

Monsieur Coqualo, devant mon air ahuri, précisa :

- Les nuits sont très humides à Grasse et parfois, lorsque les voitures restent à l’extérieur, les batteries se déchargent très vite… 

Ouf, je fus un peu soulagé et je me demandais si finalement, je n’avais pas mauvais esprit.

Mais alors que je me croyais tiré d’affaire, Monsieur Coqualo, avec un demi-sourire qui en disait long, m’asséna un dernier uppercut (3), en me disant : 

- Ah, au fait, demain à 12h45, ce sera à mon tour de descendre les ordures et peut-être qu’on se rencontrera dans le local à poubelles ? 

Voilà, Madame Coqualo avait dû tout lui raconter ! Et lui, voulait profiter de l’aubaine et même me faire chanter peut-être, pour parvenir à ses fins.

Bon et pour m’achever complètement, je me souvins que je devais passer la soirée avec Marilyne, la prof de philo. J’étais bien tenté de tout annuler, car quand on tire trop sur le démarreur, la batterie s’use beaucoup… Mais dans ma gestion de la reconquête de ma réputation, Marilyne jouait un rôle important : montrer aux grassois que j’étais un homme à femmes et que je n’avais aucune attirance pour mes homologues…   

Grasse, malgré ses parfums, devenait, de plus en plus, une ville pesante.

Quand elle ouvrit sa porte, Marilyne avait l’air inquiète. Ses yeux balayèrent le palier pour s’assurer qu’aucun voisin ne nous voyait.

- Entre vite !  me dit-elle,  Il faut être prudents ! 

Apparemment, si Marilyne désirait avoir une liaison avec moi, elle voulait que cela se fît très discrètement. Et moi, c’est exactement le contraire que je voulais. Son appartement me mit tout de suite mal à l’aise. Il y régnait un désordre que l’on pourrait qualifier d’organisé. Pour arriver au salon, je dus éviter quelques écueils : une table basse encombrée d’objets hétéroclites, un aspirateur oublié dans un coin avec son tuyau qui courrait sur le sol comme un énorme serpent et partout, des livres et encore des livres et des paquets de copies…

Elle me regarda presque tendrement et me murmura :

- J’ai mis un peu d’ordre dans l’appartement en prévision de ta visite ! 

En entendant cela, j’eus l’impression de me transformer en statue de sel (4)…

 

A suivre

Notes :

1 : Le varan de Komodo est le plus grand lézard du monde.

Les plus vieux peuvent mesurer jusqu’à 3 mètres, 2 en moyenne, pour un poids de 80 kilos. Son corps recouvert d’écailles coniques lui assure une protection maximale face à d’autres prédateurs. Il est armé de puissantes griffes. Sa queue, aussi longue que son corps, est assez forte pour assommer un buffle. Ses mâchoires sont tout aussi impressionnantes: 60 dents de 3 à 4 cm de long, crénelées comme des lames de scie. Mieux vaut ne pas être mordu par ces crocs baveux, infectés d’un cocktail de bactéries et de poison. Habitant de cinq îles microscopiques, le dragon a la chance de contenir naturellement ses proies et a parfaitement adapté sa technique de chasse au terrain. Chassant le plus souvent à l’affût, il se contente généralement de mordre sa proie: dès ce moment, son repas sera prêt en temps voulu. Après quelques heures d’agonie, sa victime succombera immanquablement d’une septicémie foudroyante. Grâce à sa langue fourchue, véritable tête chercheuse, le dragon sera à même de retrouver sa victime à près de 10 kilomètres. Sangliers, buffles et cervidés: ses proies de prédilection sont à la mesure d’un appétit qui peut aussi se contenter de douze repas par année!

2 :Komodo, en indonésien Pulau Komodo, est une île d'Indonésie faisant partie des petites îles de la Sonde et située entre Sumbawa et Florès.

Komodo mesure trente kilomètres de longueur pour seize kilomètres de largeur. Sa superficie est de 390 km2 et sa population d'environ 2000 habitants. Ils sont des descendants d'anciens condamnés exilés sur l'île mêlés à des Bugis originaires de Sulawesi.

L'île n'est pas connue uniquement pour son héritage de condamnés mais aussi pour la faune unique qui y habite. Le Dragon de Komodo, le plus grand lézard vivant au monde, tire son nom de l'île.

3 : Coup de poing remontant ou uppercut est un terme anglais qui se prononce « U-percut ». Geste de percussion réalisé de bas en haut, et délivré le plus souvent à mi-distance avec le bras semi-fléchi.

Il est souvent qualifié de crochet dans le plan vertical, ce qui n'est pas toujours vrai. Sa trajectoire peut être effectivement curviligne mais elle peut être également rectiligne (oblique remontante le plus souvent). Ainsi, une trajectoire perpendiculaire à la cible évite plus facilement des esquives adverses.

4 :Être changé en statue de sel : immobilité, rester figé sous le coup d'une émotion trop forte. Origine : pendant leur fuite de Sodome et Gomorrhe, la femme de Loth fut transformée en statue de sel après, s'être retournée vers les villes que Dieu était en train de détruire par le feu et la grêle.

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 12-01-2013 à 09:36:07

Grasse (21).

Non !

Ce n'est pas la bouche

de Madame Coqualo.

Toute la nuit j’ai regretté mon inertie vis-à-vis de Lola. Mais qu’espérais-je retirer de cette situation ? Que Lola me viole dans le hall d’entrée de l’immeuble ? Je l’aurais fait monter discrètement chez moi, par les escaliers pour éviter Monsieur Coqualo qui devait être la réincarnation d’un maton des années vingt, pour ne pas tomber sur sa femme, sorte de fouine, toujours à la recherche d’un bon coup, pour éviter Monsieur Gédebras, le manchot, qui voulait organiser un tournoi de volley. Seul Monsieur Laderovitch, l’Alzheimer de l’immeuble, ne me faisait pas peur.

Et comme un pro-ermite, je passais la nuit seul en imaginant tous les trésors de Lola…

Le lendemain, vers 12h45 je commis une imprudence fatale.

12h45, c’est un moment calme en général. Les gens n’ont pas tout à fait fini de déjeuner, Mademoiselle Belœil n’est pas encore sortie pour promener son chien et Monsieur Coqualo sommeille en cuvant le vin qu’il a bu à midi. Je tentais donc une descente vers le front en supposant que mes ennemis ne reprendraient pas de sitôt la bataille.

Arrivé au rez-de-chaussée, près du local des poubelles, je tombais nez à nez  avec Madame Coqualo qui me sourit en découvrant ses dents de louve et en passant sa langue sur ses lèvres siliconées, signe évident d’une promesse  obscène.

« Mon compte est bon ! » pensais-je, quand d’une main virile, elle me poussa à l’intérieur du local où planait une odeur de sardines en décomposition bien avancée. Madame Coqualo s’esclaffa :

«  Tiens, ça sent comme à la morgue de Tananarive ! »

Et sans plus attendre, elle, avide poisson-ventouse, colla sa bouche sur la mienne et sa langue-marteau-piqueur s’activa sur mes papilles. Jamais je n’avais été embrassé comme ça. Elle connaissait bien son affaire, Madame Coqualo, car en deux minutes j’eus l’impression que la tour Eiffel avait poussé entre mes jambes…Avec sa main droite, elle vérifia la dureté de mon anatomie. Elle sembla satisfaite et elle s’accroupit devant moi, dans une position qui faisait remonter sa jupe sur le haut de ses cuisses et qui m’offrait un spectacle plus qu’affriolant. Sa main dégagea l’objet de ses désirs avant que sa bouche ne l’engloutît. Je ne pouvais, que la laisser faire et je dois l’admettre, ma situation était plus qu’agréable. Finalement, même en pensant à Mademoiselle Belœil qui, la pauvre, était aussi sexy qu’un cadenas de prison, je ne pus retarder le jaillissement de ma lave brûlante dans la bouche de Madame Coqualo, qui avala tout avec un bruit de lavabo bouché.

Elle me demanda de sortir le premier du local à poubelles et je me dis, que malgré les odeurs, dorénavant, j’irai plus souvent jeter mes ordures à 12h45 en espérant la rencontrer, elle, non pas Lola, mais Madame Coqualo…

En sortant de l’ascenseur, je rencontrais Monsieur Gédebras, le manchot, une feuille de papier dans son unique main et qui voulait m’inscrire à son tournoi de volley de samedi en quinze. J’acceptais, encore déboussolé par ces sensations étranges provoquées par Madame Gorge-Profonde (1)…

A suivre 

Notes :

1 : Madame Coqualo, en fait, en hommage à un film des années 70 et intitulé « Gorge profonde ».

Gorge profonde (Deep Throat) est un film pornographique américain de 1972 écrit et réalisé par Gerard Damiano  et mettant en vedette Linda Lovelace (pseudonyme de Linda Susan Boreman).

C'est l'un des premiers films pornographiques à comprendre un scénario, un développement des personnages et des normes de production relativement élevées. Gorge profonde devient même un succès public et lance l'ère du porno chic bien que le film soit interdit dans certaines régions et soit l'objet de procès pour obscénité.

 


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posté le 08-01-2013 à 08:05:02

Grasse (20).

A la fin de l’heure, il ne fallait pas se trouver sur le chemin de cette horde d’élèves qui ne pensaient qu’à sortir. C’était la récré de dix heures et la cour du lycée ressemblait alors à la bourse de New-York lors du krach de 1929 (1).

Pourtant, un élève rangeait lentement ses affaires, comme s’il voulait me parler en tête à tête. C’était Luc, le meilleur de la classe avec une moyenne en physique qui frôlait les 19 sur 20. Ce qui ne gâchait rien, c’est qu’il avait une excellente mentalité et je voyais que cette « petite affaire » avec son camarade le tracassait. Il me dit qu’il ne comprenait pas son intervention et m’affirma que toute la classe se moquait de Jérôme. J’étais un peu rassuré et je le remerciais pour ce qu’il venait de me dire.

Dans la salle des profs, je repérais Marilyne qui enseignait la philo et j’allais m’asseoir à côté d’elle. J’avais encore quelques minutes devant moi pour la convaincre d’aller boire un verre quelque part, en fin de journée. Je lui proposais le bar S…… près du lycée. Elle me regarda comme si j’avais dit que Platon (2) était un crétin et me répondit :

« Mais c’est le bar des élèves voyons ! »

C’était le but de la manœuvre, que les élèves me voient avec une femme. Juste pour leur montrer que je les appréciais beaucoup, les femmes. Mais ça, elle, elle ne pouvait pas le savoir. Elle me dit :

« Mais on ne pourra pas s’embrasser en public ! »

Elle se moquait de moi, bien sûr et j’avais envie de lui répondre que c’est ce que je désirais le plus. Elle m’expliqua qu’aujourd’hui ce n’était pas possible car elle devait aller à Cannes en fin d’après-midi. Elle me dit alors :

« Demain, si tu veux, mais je préfère que tu viennes chez moi ! »

Chez elle ? Mais pour faire quoi, mon Dieu ?

La sonnerie de fin de récré abrégea notre dialogue et nous nous séparâmes sans fixer de rendez-vous précis. Finalement, je n’étais qu’un mollusque dépressif.

En fin de journée, vers 17h15 quand j’arrivais près de mon immeuble, je vis sur le trottoir d’en-face, Lola dans une tenue pas très catholique. Mon cœur, usé par cinq heures passées au fond d’une mine de charbon (cinq heures passées avec les élèves) retrouva une nouvelle jeunesse. Lola m’avait reconnu et me regardait à distance. Alors, dans mon cerveau naquit un fantasme que j’ose à peine exprimer :

« Je vais accoster Lola et je vais lui demander combien elle prend pour la totale. On ira chez moi et Monsieur Coqualo ne pourra rien dire ! »  

Lola, comme un pêcheur professionnel s’était aperçue qu’elle venait de ferrer sa proie et elle vint à ma rencontre en remuant les fesses. Je voyais son reflet s’agrandir dans la porte vitrée de l’entrée de l’immeuble et moi, comme un zouave en perdition, je tentais de me souvenir du code, en vain. J’essayais 1248, ça ne marchait pas. Puis 2481, encore un échec(3). Ma main tremblait sur le clavier, comme si un danger imminent allait s’abattre sur moi. Je suis très émotif, que voulez-vous. Soudain je sentis son parfum ; elle était derrière moi et j’avais l’impression que ses seins pointus appuyaient sur mon dos. Je sentis son souffle dans mon oreille quand elle me dit à voix basse « 4182 ». J’essayais ce code et c’était le bon. La porte s’ouvrit et je me sentis aussi heureux qu’Ali-Baba quand il prononça : « Sésame ouvre-toi (4) ! » Mais alors, comment me comporter avec Lola ? Mon fantasme s’était désintégré quand je l’avais perçue si proche de moi. Je me sentais aussi nul que Benoît de 1èreS2 qui avait une moyenne de 2,52 sur 20 en physique. Que faire ? Mais que faire ? Vraisemblablement, elle comprit mon désarroi et elle s’éloigna de moi, toujours en remuant les fesses…

J’avais encore raté une occasion de caresser ses cuisses…pour le moins…

A suivre

Notes :

1 : Le krach de 1929 est une crise boursière qui se déroula à la Bourse de New York entre le jeudi 24 octobre et le mardi 29 octobre 1929. Cet événement, le plus célèbre de l'histoire boursière marque le début de la Grande dépression, la plus grande crise économique du XXe siècle. Conséquence directe, aux États-Unis, le chômage et la pauvreté explosent pendant la Grande dépression et poussent quelques années plus tard à une réforme agressive des marchés financiers.

2 : Platon.

Philosophe grec (Né à Athènes vers 427 avant J-C, mort à Athènes vers 348 ou 347 avant J.-C.).

Platon est un des philosophes majeurs de la pensée occidentale, et de l'Antiquité grecque en particulier. Son œuvre, essentiellement sous forme de dialogues, se présente comme une recherche rigoureuse de la vérité, sans limitation de domaine. Sa réflexion porte aussi bien sur la politique que sur la morale, l'esthétique ou la science.

3: D'après les probabilités, il y a 24 combinaisons possibles avec les chiffres 1,2,4,8.

4 : formule magique permettant d'accéder à un lieu secret.

 


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posté le 03-01-2013 à 07:38:34

Grasse (19).

 

Heureusement, cette affaire avec les deux CRS  s’est bien terminée et pour une fois j’ai eu de la chance.

Mais les plus gros soucis étaient devant moi et entre autre, je devais résoudre l’énigme du neveu de Monsieur Coqualo. Ce neveu, potentiellement dangereux, car il pouvait répandre des calomnies sur moi et dont j’ignorais le nom, était le fils de la sœur de sa femme. J’aurais pu me renseigner directement auprès de son oncle, mais je ne voulais rien lui demander à celui-là. Alors comment faire ? J’élaborais plusieurs stratégies qui auraient fait honte aux guerriers Sioux, tellement elles étaient fumeuses.

Le lendemain, j’avais précisément une 1ère S à laquelle je devais faire un cours sur les forces capables de provoquer un mouvement de rotation. Les élèves entrèrent dans la salle avec des mines renfrognées en pensant (je l’imaginais) : « Mais qu’est-ce qu’il va encore nous faire ch..r ce prof ! » Même pour des pseudo-scientifiques, les études arrivaient au second plan ou plutôt au dernier plan, après, et dans le désordre, leurs affaires amoureuses, les amis, les sorties, le sport et tous les vices de leur âge…

Je commençais par l’exemple le plus simple : quelles sont les forces qui s’exercent sur une pédale de bicyclette pour la faire tourner ?

Il y eut soudain un silence glacial comme en Sibérie Orientale. Apparemment, ils se fichaient de cet exemple digne des années 1900. Je les regardais, un par un, en essayant de détecter dans leurs yeux une lueur d’intelligence. Rien ! C’était l’obscurité totale des mines de charbon du XIXème siècle. Alors j’insistais, je reformulais ma question en la simplifiant au maximum. Toujours rien ! Apparemment, ils attendaient patiemment la fin de l’heure. Pour avancer un peu, je commençais mon cours en ayant perdu tout espoir. Quand soudain, au fond de la salle, Jérôme, un élève, que je connaissais à peine, tant il était timide et effacé, leva la main pour répondre.

Il était assez grand et maigre, presque un fantôme transparent et insignifiant. Et ce qu’il me dit, me fit l’effet d’une douche froide.

« On ne peut pas trop savoir, car il y a pédale (1)  et pédale (2) ! » déclama-t-il avec une tête à gifles. Ces camarades sortirent soudain de leur coma profond et le regardèrent avec un sourire qui en disait long.

« Précise ton affirmation ! » répliquai-je en pensant: « Ca, y est, c’est lui le neveu de Monsieur Coqualo ! »

Il ne répondit pas et se recroquevilla sur sa table après l’effort colossal qu’il venait de produire.

Alors je lui posais la question qui allait me permettre de bien l’identifier :

« Dis-moi, tu as un oncle ? »

Il me regarda avec l’air d’un hérisson poursuivi par une pince à épiler. Oui, j’admets que la question était saugrenue pour tous, mais pas pour moi. Il avait l’air perdu, effaré, quand il me répondit :

« Non, Monsieur, je n’ai pas d’oncle ! »

Et zut, tout était à refaire… !

Mais j’avais déjà éliminé, une possibilité sur soixante-dix…

 

A suivre

 

Notes :

 

 1 : Pédale : levier actionné par le pied humain, permettant de transmettre une force à un dispositif mécanique.

Sur les vélos, les pédales permettent au pied de faire tourner le pédalier.

 

2 : Pédale : Homosexuel efféminé.

 

 


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posté le 26-12-2012 à 17:57:17

Grasse (18).

 

J’avais la tête ailleurs et à la sortie d’un virage, ma voiture livrée un peu à elle-même, chevaucha la ligne continue de quelques centimètres. Je n’avais pas de chance ce jour-là, car à la sortie de la courbe, deux CRS « m’attendaient au tournant » (1).

 

Ils me firent signe de m’arrêter et de me garer sur le bas-côté de la route. Dans ces moments d’injustice divine, on a l’impression que le ciel va nous tomber sur la tête.

 

Un CRS, impressionnant dans sa tenue, avec un casque et des lunettes de soleil règlementaires, tapota sur ma vitre pour que je l’ouvre et me dit :

 

« Bonjour Monsieur, vos papiers s’il-vous-plait ! »

 

Mes papiers ? Mais encore, il eût fallu que je susse (2) où ils étaient ! Pas dans la boîte à gants en tout cas, ni dans mon portefeuilles et moi je me voyais directement en prison ! Je les trouvais finalement dans la poche de ma veste.

 

Le CRS faisait sa tête des mauvais jours en me disant :

 

« Vous savez, que vous avez mordu la ligne continue de plus de vingt centimètres ! »

 

J’essayais de me défendre comme je pouvais : 

 

« Mais vingt centimètres, ce n’est pas beaucoup ! »

 

Il me regarda avec un petit sourire bizarre et me dit :

 

« Ca dépend pourquoi… ! »

 

Son collègue faisait le tour de ma voiture, regardait les pneus, les phares et l’état de mes essuie-glaces qui étaient en phase terminale.

 

J’avais le visage en feu et j’étais sûr que j’étais plus rouge qu’une crevette de Thaïlande.

 

Finalement, ils décidèrent de me faire souffler dans l’alcotest.

 

Je soufflais, avec l’énergie d’un condamné à mort.

 

« Votre compte est bon ! » dirent-ils en chœur, « votre taux d’alcoolémie est de 1,18 ! »

 

C’est vrai qu’une heure plus tôt, j’avais bu un double Cognac.

 

Voilà, c’était la suspension de permis assurée et j’avais besoin de ma voiture pour aller travailler.

 

J’essayais de négocier, de les attendrir, de m’aplatir comme une crêpe froide. Rien n’y fit. Ils commencèrent par me dresser une contravention. A la limite, je les aurais soudoyés pour qu'ils me laissent tranquille. Un des CRS murmura quelque chose à l’oreille de son collègue qui me dit :

 

« Voilà, on peut passer l’éponge, si… »

 

Soudain, Waterloo ne fut plus une « morne plaine ».

 

Il se racla la gorge et ajouta :

 

« Il suffit de nous faire une bise à chacun ! »

 

Mais sur qui étais-je tombé ? Mais les homosexuels sont partout et on ne les voit pas, comme les envahisseurs (3) d’une célèbre série américaine.

 

Je descendis de ma voiture, prêt à n’importe quoi pour sauver ma peau.

 

Et les deux CRS éclatèrent de rire en voyant ma mine déconfite. Ils ôtèrent leurs lunettes de soleil, leurs casque et je vis apparaître Aldo et Pipo, les amis de Monsieur Coqualo, rencontrés lors de son Coming Out. Je ne savais pas si c’était positif ou négatif. Alors Aldo me dit :

 

« Ne vous inquiétez pas Monsieur, on oublie tout. On est de la même confrérie non ? Les amis de Monsieur Coqualo sont nos amis ! Vous pouvez partir tranquille ! »

 

A ce moment-là, je les aurais réellement embrassés et je les trouvais vraiment gentils et hyper-sympathiques.

 

Comme quoi « il ne faut jurer de rien (4) » et qu’il ne faut jamais dire « Fontaine, je ne boirai pas de ton eau (5) ! »

 

« On se reverra peut-être à la prochaine soirée de notre cher Coqualo ! » me dirent-ils, alors que je démarrais. Je leur fis un signe de la main pour les remercier…J’espère que ce n’était pas un geste efféminé…

 

 

 

A suivre

 

 

Notes :

 

 

1 : attendre quelqu'un au tournant :

Se venger à la première occasion [Familier].

 

2 : susse : 1ère personne du singulier de l’imparfait du subjonctif du verbe savoir.

 

3 : Les envahisseurs (The Invaders), diffusé du 10 janvier 1967 au 26 mars 1968, Etats-Unis, 43 épisodes de 50 minutes, 2 saisons, couleur.

 

4 : Il ne faut jurer de rien :

Ce proverbe incite à ne jamais affirmer avec certitude, il faut toujours être conscient qu'il existe une marge d'erreur.

Il ne faut jurer de rien est une pièce de théâtre d'Alfred de Musset, écrite en 1836.

Le genre de la pièce est le proverbe dramatique. C’est une courte comédie (trois actes) qui illustre un proverbe qui sert de titre à la pièce et qu'on trouve aussi dans sa toute dernière réplique. Ce proverbe affirme qu'il ne faut jamais être trop sûr de soi puisque tout peut toujours changer.

 

5 : Il ne faut pas dire : Fontaine, je ne boirai pas de ton eau :

Ce proverbe fait allusion à l’aventure d’un ivrogne qui avait juré qu’il ne boirait jamais d’eau et qui se noya dans le bassin d’une fontaine. On le cite comme un conseil donné à quiconque ne veut participer à aucune des pratiques usitées dans les affaires et ne jamais s’adresser à des gens qui lui sont antipathiques. On cherche à lui faire comprendre qu’il peut dans l’avenir avoir besoin de revenir aux choses ou aux personnes dont il avait résolu de se tenir éloigné.

 

 

 


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posté le 17-12-2012 à 07:39:52

Grasse (17).

--

Un peu curieux et surtout très inquiet, je me rassis assez brutalement sur la chaise, ce qui me fit mal aux fesses. Monsieur Coqualo s’en aperçut et eut un sourire malsain. Il avait gardé le meilleur du pire pour la fin. Il faisait durer le suspense, juste pour pouvoir se régaler de ma réaction. Il se racla la gorge en faisant un Borborygme* bruyant qui n’attira pas ma sympathie.

« Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais vous avez mon neveu, le fils de ma sœur, en 1ère S ! »

Après avoir dit cela, il attendit que je réagisse, comme le pêcheur patiente après avoir lancé sa ligne dans l’eau.

Moi, habitué à la guerre des tranchées (à enseigner dans les classes agitées), j’avais acquis au fil des années, une maîtrise parfaite de ma gestuelle en face de mes pires ennemis (les élèves insolents et paresseux), ce qui fit que ma physionomie n’évolua pas d’un iota.

Je répondis : « Et alors ? ». Il fut aussi déçu que l’acnéique qui compte ses boutons. Il se leva brutalement et me dit : « Bon, je file ; je dois aider ma femme à préparer les cartons d’invitation ! » Et il partit sans m’attendre.

Moi, je restais assis, tétanisé par cette information. Quitte à sombrer dans un coma éthylique, j’allais au bar pour commander un double Cognac que je bus rapidement en pensant à ma glace Tiramisu qui n'allait pas tarder à tourner de l'œil.

J’étais déjà dans ma voiture quand l’alcool commença à titiller mes connexions neurales**, en donnant de l’amplitude à mes divagations.

Je regrettais d’abord de ne pas avoir demandé le nom de famille du neveu, qui ne s’appelait pas Coqualo, puisqu’il il était le fils de sa sœur ! (comprenez-vous ce que je dis, car je crains d’être profondément ébréché, euh, éméché) !

J’avais deux 1ères S, ce qui faisait soixante-dix élèves.

Ma première mission était de repérer, le neveu de la « langue de pute », Monsieur Coqualo en l’occurrence. Car enfin, j’étais sûr que cet énergumène à la chemise rose, avait dressé, à son neveu, un portrait peu reluisant de moi, en mettant en exergue mes soi-disant vices cachés. Et de fil en aiguille tout le lycée allait être au courant de mes supposées turpitudes.

Déjà, je me devais de me refaire une virginité virtuelle de ma réputation. Et quoi de mieux que les gens me voient avec des femmes, partout dans la ville de Grasse pour introduire le doute dans le cerveau des commères professionnelles.

Tout en conduisant, je passais en revue, toutes les filles qui étaient à ma disposition :

- Marilyne la prof de philo, sur qui je pouvais compter,

- Claudine la prof de lettres modernes qui venait de Paris,

- Cécilia la prof d’italien, divorcée et un peu nymphomane,

- Jeanne la prof d’anglais, aux yeux globuleux…

- Mademoiselle Belœil.

Malheureusement, il n’y avait pas Lola (la meuf de Paulo) sur ma liste !

Mais voilà, je devais surmonter quelques obstacles de taille :

- la prof de lettres modernes était mariée au prof d’espagnol qui enseignait dans notre lycée. Mais ma chance était que ce prof d’espagnol, la trompait avec la prof de lettres classiques.

- la prof d’italien avait un magnifique herpès sur sa lèvre inférieure.

- la prof d’anglais, un peu vieille fille, m’avait avoué, un soir, à la fin d’un conseil de classe soporifique, qu’elle était presque vierge. Et moi, je n’avais pas envie de terminer le travail commencé par un autre !

- Mademoiselle Belœil était 100% vierge, appellation d’origine   contrôlée.

Mon choix était donc restreint.

Et tout à mes pensées, je ne m'aperçus pas que...

A suivre

Notes :

*Borborygme :

    Bruit stomacal ou intestinal produit par des gaz. Synonyme :   gargouillement.

 **Neural,ale,aux :

     Qui a rapport au système nerveux.

 


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posté le 13-12-2012 à 10:09:26

Grasse (16).

  

  

                                                     Monsieur Coqualo.

-----

Monsieur Coqualo m’attendait à la sortie du supermarché. Comment avait-il fait, le bougre, pour sortir avant moi ? Il avait dû utiliser une caisse automatique, que moi je fuis comme la peste. Il avait fait une provision de préservatifs (au moins dix boîtes), en prévision peut-être d’une autre soirée avec ses amis. Cette fois-ci je me méfiais et déjà je préparais ma réplique, s’il lui venait l’idée saugrenue de m’inviter une nouvelle fois. Je faisais ma tête des mauvais jours, sans me forcer d’ailleurs, car je suis bien rodé à ce genre d’exercice.

Il prépara le terrain en m’invitant à aller boire un verre dans la cafétéria du supermarché. J’avais trouvé l’excuse idéale pour refuser : « désolé, mais j’ai des produits surgelés ! ». Il regarda ma glacière qui était encore dans mon caddie et affirma : « ho, ne vous inquiétez pas, ça ne sera pas long et il faut plusieurs heures pour que les produits se décongèlent ! » Comme si j’allais le croire, maniaque comme je suis. J’avais envie de lui dire vulgairement qu’il me faisait ch… et que j’avais envie de vomir quand je le voyais. Mais mon verni d’homme civilisé censura tous mes mots grossiers. Comment faire pour me décoller de cette glu super-efficace, de cette colle-minute qui résiste à tout ? J’acceptais donc pour me débarrasser le plus vite possible de lui.

Il prit un café et moi un déca ; j’avais le cerveau qui frôlait l’apoplexie* et il ne fallait pas en rajouter. Il s’assit sur une banquette en moleskine rouge et moi sur une chaise en face de lui. Il avait le rictus des dauphins en chaleur. J’avais l’impression que son regard me déshabillait. Avec un petit sourire qui se voulait enjôleur, il me dit : «  mais venez-donc, vous asseoir sur la banquette, à côté de moi ; c’est plus confortable. » Et pour me convaincre tout à fait, il ajouta : « et en plus, ça évite d’avoir mal aux fesses ! » Oh les fesses, un mot qu’il ne fallait pas prononcer ! J’allais me lever et partir, me sauver comme un voleur de sac de vieille dame. Mais je restais ; j’étais un faible, ça je le savais depuis longtemps. Il me parla de sa femme qui me trouvait très sympathique. Phrase banale en soi, mais moi, avec mon esprit mal tourné, je le soupçonnais déjà de vouloir organiser un trio entre lui, sa femme et moi. Mais qu’étais-je donc venu faire à Grasse ? Pourquoi avais-je demandé ma mutation pour cet enfer ? Je regardai ma montre, j’étais réellement inquiet  pour mes surgelés et surtout pour ma glace tiramisu qui était très fragile.  Je soulevais mes fesses pour me lever  Je pris appui sur mes jambes pour me lever. Monsieur Coqualo me regarda, étonné : « mais attendez, j’ai encore quelque chose à vous dire ! »

Et ce qu’il me révéla alors dépassa de beaucoup le pire que je pouvais redouter…

A suivre

  *apoplexie : Coma soudain provoqué par une lésion cérébrale.

 


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1. hibernatus  le 13-12-2012 à 10:13:09  (site)

je suis en état de Grasse

2. gabycmb  le 13-12-2012 à 11:23:36

Bonjour

Heureux de pouvoir écrire de nouveau sur le blog.
Suspense!! La suite! La suite! La suite!
Bonne journée

3. prof83  le 13-12-2012 à 18:15:33  (site)

A Gaby
Bonsoir.
Merci pour ton com.
Les coms se sont ouverts tous seuls et je vais les refermer, tu sais pourquoi.
Bonne soirée.

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posté le 09-12-2012 à 08:17:34

Grasse (15).

             

-----J’étais arrivé, tant bien que mal, à éviter tout contact avec mes voisins en élaborant une stratégie digne du général Marc Antoine(1). Mais il y avait un autre lieu autrement plus dangereux que l’immeuble : c’était le supermarché. Un lieu obligé comme on dit. J’y allais deux fois par semaine, vu que j’aime les produits frais et que je n’avais pas de congélateur. Dans cet endroit aussi périlleux que le Bronx(2) à minuit, rempli de personnes bizarres qui vous regardent de travers, où le danger pouvait survenir à chaque coin de rayon, je voulais me rendre méconnaissable en revêtant une tenue de camouflage : feutre, lunettes de soleil, long manteau presque kaki, un véritable retraité du Viêt-Nam. Mon caddie, c’était mon char d’assaut, je fonçais dans la foule des clients sans regarder, saisissant au passage les articles dont j’avais besoin. Pour aller vite, je ne regardais pas sur les étiquettes, l’origine des produits que j’achetais. Je triais en arrivant chez moi et c’était un vrai massacre :

- les avocats du Mexique, à la poubelle,

- les bananes de Côte d’Ivoire, à la poubelle,

- les escargots de Bourgogne de Roumanie, à la poubelle,

- les tomates de Belgique, à la poubelle,

- le thon à l’huile d’olive de Sumatra, à la poubelle.

Mais bon sang, il n’y avait rien de français dans mes achats ? Si, peut-être, cette brosse à dents qui paraissait sympathique. Pas pour longtemps ! Elle fit un saut périlleux dans la poubelle, quand je vis avec une loupe cette inscription qui me brisa le moral : made in India. Que des produits exotiques ne soient pas français, ça je l’admets, mais que des tomates soient importées de Belgique, alors qu’en Provence (France) il y en a de si belles, ça c’est inadmissible !

Finalement, la soirée de Monsieur Coqualo me coûtait bien cher.

Monsieur Coqualo, je l’avais oublié celui-là, quand je le vis de loin dans le rayon parapharmacie. « Damned(3) ! » me dis-je en tournant les talons avec la furieuse envie de me défaire de mon caddie n’importe où, comme la miséreuse qui abandonnait son bébé dans un couffin devant la porte d’une église au XIX ème siècle.

Ouf, j’avais terminé d’acheter l’essentiel et j’étais devant la caisse où il me semblait que la queue était la moins longue. Je me faisais des illusions car :

- la caissière était atteinte de logorrhée(4) chronique : elle discutait  avec sa copine de la caisse voisine,

- un vieux monsieur avait oublié le code de sa carte bancaire,

- une dame avait omis de peser ses légumes sur la balance automatique etc…

La routine, quoi !

Et mon tour arriva ; j’étais presque sauvé, j’étais sur la chaloupe qui s’éloignait du bateau qui sombrait, quand une main s’abattit sur mon épaule gauche. C’était la main du diable. C’était la main de Monsieur Coqualo !

Il était derrière moi !...Il était content de me voir, pas moi !

« Ah comme on se retrouve ! » dit-il avec une voix forte. « Vous vous êtes esquivé l’autre lundi lors de la soirée de mon coming-out(5) ! » Il avait un air plus vicieux que malicieux. Il se racla la gorge et ajouta : « Et vous avez disparu dans les toilettes en même temps que Pipo ! » J’étais devenu plus vert que les concombres du Chili acheté par le client précédent.

Les gens commençaient à nous regarder ; j’avais honte ! Parmi eux, il pouvait y avoir des parents d’élèves qui me connaissaient.

Je voulus répliquer : « Mais vous faites erreur, Monsieur Coqualo… ! » Il me coupa la parole : «  Taratata, je sais tout ! Mais je serai muet comme une bonbonnière(6) ! » A ce moment-là je ressemblais à de la morue décongelée depuis quarante-huit heures. Il ne me restait plus qu’à aller à Cannes pour me noyer dans le port. (Grasse n’est pas au bord de la mer)…

A suivre

Notes :

 

1:Marc ANTOINE (83 av JC-30 av JC).

Général, Homme politique et Militaire (Romain)

Entre -58 et -56, il servit comme officier de cavalerie durant les campagnes romaines en Palestine et en Égypte et, de -54 à -50, en Gaule sous Jules César qui se l’attache comme questeur en -53. Il est ensuite, toujours avec l’appui de César, augure et tribun de la plèbe. Marc Antoine, toujours prêt à prendre de téméraires résolutions, n’est sans doute pas totalement étranger à la décision de César de franchir le Rubicon. Il fut nommé commandant en chef de César en Italie et élimina les partisans de Pompée à Pharsale en -48 (il contrôlait l’aile droite de l’armée). Maître de cavalerie, premier lieutenant de César, il se comporte à Rome comme un véritable dictateur en second.

2 : Le Bronx est l'un des cinq arrondissements de la ville de New York aux États-Unis (avec Manhattan, Brooklyn, Queens et Staten Island). En 2010, sa population était de 1 400 761 habitants. Son nom provient de Jonas Bronck, un émigrant suédois qui fut le premier à coloniser cette zone.

Le Bronx est mondialement connu pour être l'un des coins les plus dangereux de New-York du fait de la violence des gangs et des trafics. Le Bronx est également connu pour être le berceau de la culture hip-hop.

3 : je suis maudit.

4 : logorrhée : trouble du langage caractérisé par un abondant flot de paroles débitées rapidement sur de longues périodes.

La logorrhée est un signe particulièrement caractéristique d'un trouble psychiatrique, la manie, ou accès maniaque. Le malade saute d'une idée à une autre, multiplie les jeux de mots. Son attention s'éparpille au gré des sollicitations extérieures, rendant impossibles réflexion et synthèse. Des éléments délirants peuvent être associés.

5 : voir Grasse (11).  http://prof83.vefblog.net/Grasse_11

6 : muet comme une tombe.

 


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1. impression  le 11-12-2012 à 13:14:41

vite vite la suite, j’adore le récit et suis surtout très fan de tes notes.

Bisous

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posté le 05-12-2012 à 08:07:28

Grasse (14).

---

Bien enfermé chez moi, je me sentais en sécurité. Lola se faisait de plus en plus rare à cause des cerbères qui montaient la garde près de la porte de la coursive. Je crois que le pauvre Paulo avait attrapé un torticolis à force de regarder en l’air pour rien. Paulo n’était pas un tendre ; Monsieur Coqualo m’avait dit un jour avec l’air comploteur des gens qui croient tout savoir : « il en a pris pour quinze ans ! » Mais qu’avait-il donc fait pour ça ? C’était un mystère.

Pourtant, un jour, aussi morne que Waterloo(1) à l’époque de Napoléon, vers 7h30, quand je sortais de chez moi pour aller au lycée, j’aperçus avec délice les fesses de Lola qui était penchée par-dessus la rambarde. Il n’y avait personne dans la cour de la prison, mais elle  y lançait quand même un paquet de cigarettes. Les cuisses de Lola, c’étaient autre chose que les bras poilus de Monsieur Coqualo !  Mon cœur s’affola : dans mes veines, circulait de la caféine à haute dose. Je m’attardais, pour fermer ma porte ; mon tronc effectuait une torsion de quatre-vingt-dix degrés, pour que mes yeux puissent profiter du spectacle…

Arrivé au milieu de la coursive, j’entendis, derrière mon dos : « Monsieur, Monsieur, s’il vous plait… » C’était Lola qui me hélait. Moi, à ce moment-là, j’étais roi de Suède, prince des bienheureux, angelot à clochettes… Je n’étais plus qu’un bloc d’adrénaline ! « Oui ? » dis-je avec l’air détaché d’un condamné à mort. Elle venait vers moi ; elle était un mirage matinal dans un lieu froid et humide. Elle me demanda : « Vous pouvez m’aider ? Heu, j’ai envie de faire pipi ! » Elle voulait utiliser les toilettes de mon appartement ! Que répondre à cette demande saugrenue ? J’aurais bien aimé être une carpe à ce moment-là ou du moins avoir la verve d’une carpe muette…Je répondis comme d’habitude « euh…. », ce qui ne m’engagea à rien. Que faire ?  C’est alors que,

Du bout de la coursive accourut avec furie
Le plus terrible des copropriétaires
Que l’immeuble eût portés jusque-là dans ses étages.(2)

C’était Monsieur Gédebras qui arrivait en courant malgré son infirmité ; je vous rappelle qu’il était manchot.

Il apostropha Lola, la pauvre, qui ne savait plus où se mettre : « Mais que venez-vous faire ici ? Allez ouste, ouste ! » C’était bref mais parlant. Je pense qu’il aurait agi autrement en présence de Paulo. Puis se tournant vers moi, il me dit : « Mais monsieur, il ne faut pas vous laisser faire comme ça ! »

Fantasme : Et si moi je voulais me laisser faire par elle !

Monsieur Gédebras agitait son unique bras avec colère, il continua : « Mais vous ne voyez pas qu’elle vous fait son cinéma ? »

Fantasme : Et moi, si je voulais tourner un film porno avec elle ? 

Lola fila à l’anglaise, en remuant des hanches, sous le regard courroucé de mon voisin.

Encore un empêcheur de tourner en rond celui-là… !

A suivre 

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Notes :

1 :"Waterloo, morne plaine..."

18 juin 1815 : Les troupes britanniques de Wellington et les troupes prussiennes de Blücher remportent une victoire décisive sur l'armée de Napoléon Ier à Waterloo au sud de Bruxelles. L'Empereur fatigué multiplie les erreurs tactiques. Cette défaite provoquera la chute de l'Empire napoléonien. Louis XVIII, qui avait fui Paris lors du retour de Napoléon de l'île d'Elbe, reprendra le trône.

 

                                  L'expiation.

…Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L'empereur se tourna vers Dieu ; l'homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »
Alors il s'entendit appeler par son nom
Et quelqu'un qui parlait dans l'ombre lui dit : Non.
Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons…

Victor HUGO (1802-1885)
(Recueil : Les châtiments)

(2)…

Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.

                                               Le Chêne et le Roseau.

                                       Jean de LA FONTAINE   (1621-1695)


 


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posté le 01-12-2012 à 08:15:58

Grasse (13).

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Après cette mémorable soirée, la vie devint intenable, pour moi, dans cet immeuble.

Je ne voulais plus voir personne et surtout pas Monsieur et Madame Coqualo, Monsieur Laderovitch et Mademoiselle Belœil. Un point positif cependant, j’étais sûr de ne jamais rencontrer Paulo, le taulard. Déjà, je pris la décision de ne plus utiliser l’ascenseur, lieu dangereux où l’on pouvait faire de très mauvaises rencontres. Alors, sous le prétexte de pratiquer de la gymnastique, très bonne pour le cœur comme nous le serinent les médias à longueur de journée, je descendais par les escaliers. J’évitais ainsi les guets-apens de tous genres. Mais il y avait d’autres lieux dangereux dans cet immeuble : le hall d’entrée avec les boîtes à lettres et le local à poubelles. Au moins une fois par jour, j’étais bien obligé de fréquenter ces endroits pires que les rues de Kaboul à la tombée de la nuit. Je mis donc au point une stratégie qui était fondée sur les habitudes des habitants de l’immeuble. Je savais que Madame Coqualo allait chercher le courrier vers dix heures, que son époux descendait les poubelles vers treize heures et que Mademoiselle Belœil allait promener son chien en début de matinée et juste après le repas de midi. Alors, je m’arrangeais pour prendre mon courrier et descendre les poubelles à minuit environ. Il ne restait plus que le cas de Monsieur Laderovitch, qui, atteint de la maladie d’Alzheimer, descendait n’importe quand et faisait des fugues imprévisibles. Je l’ai même rencontré à minuit dans les escaliers, mais heureusement, dix secondes plus tard, il avait tout oublié. 

Seulement, les plans les plus astucieux ont quand-même des failles ! Cela se produisit quand je reçus une lettre recommandée qui m’obligea à descendre dans le hall à dix heures. J’aurais pu aller la chercher à la poste, mais ma paresse, me fit jouer avec le feu. Le feu, s’était Madame Coqualo qui discutait avec le facteur et avec Monsieur Gédebras qui était manchot : il avait perdu un bras à la guerre d’Algérie. Après avoir récupéré ma lettre recommandée, je me dirigeai comme un voleur vers la cage d’escalier, quand une main virile serra fortement mon avant-bras (une nouvelle fois) et bien sûr c’était Madame Coqualo qui me dit en souriant : « On ne vous voit pas beaucoup en ce moment ». Elle avait le regard carnassier des louves affamées.  Je ne pus que répondre : « euh… » et c’était mieux que rien. J’allais rompre le contact, quand elle ajouta : « mais au fait, à quelle heure descendez-vous votre poubelle ? »

J’avais peut-être l’esprit mal tourné, mais je crus comprendre qu’elle avait envie d’une rencontre (avec moi) dans le local à poubelles. Mais pour quoi faire mon Dieu ? Et puis, aussi rapide qu’un Unau* dépressif, je compris tout et des mots se bousculèrent dans mon cerveau : gâterie, gâterie, gâterie, mais aussi : dents de louve, dents-cisailles, castration…Et je me vis devenir eunuque, hantant les vieux harems d’Orient…

A suivre

*Unau :

L'Unau ou Paresseux est un animal herbivore qui se déplace très lentement dans les branches d'arbres, à l'aide de ses longues griffes.

L'Unau vit au Venezuela et au Brésil.

La tête du paresseux est ronde, son nez est écrasé, il n'a pas d'oreilles, mais de grands yeux. Il a de longues griffes, ce qui lui permet de se suspendre aux branches des arbres.C'est un herbivore qui se nourrit de feuilles, de fleurs et de fruits. Il est actif la nuit, c'est donc un animal plutôt nocturne. Il passe de 16 à 18 heures par jour à dormir et le reste du temps à manger et à se reproduire. (La belle vie quoi !) : Remarque de moi.

Il est d'une lenteur incroyable et lorsqu'il est au sol sa vie est en danger, donc il vit dans les hauts arbres et ne descend à terre que tous les dix jours pour soulager sa vessie et ses intestins. Il perd alors le tiers de son poids.

 


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posté le 27-11-2012 à 08:05:11

Grasse (12).

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Je me retrouvais avec Monsieur et Madame Coqualo, Aldo, Marco et Pipo. Ces trois derniers étaient apparemment aussi gênés que moi. Peut-être parce-que j’étais prof ?

Aldo se jeta à l’eau le premier et me dit : « tu travailles où exactement ? » Mais qu’avait-il à me tutoyer celui-là ? Je voulais répondre « euh… » comme d’habitude, mais je me forçais à faire une longue phrase : « Et vous ? » Et pan, c’était pour lui montrer que je voulais qu’il me vouvoie. Il ne répondit pas ; il regarda juste ses copains avec un air fautif.

Autour de nous, la température commençait à augmenter et Monsieur Coqualo alla chercher des boissons. Sa femme s’adressa aux trois compères pour justifier un peu mon attitude déroutante. « Vous savez, il faut être compréhensif, c’est la première fois qu’il vient ici ! » Et s’adressant directement à moi, elle débita des niaiseries dignes d’une élève de SEGPA* du genre « C’est le premier pas qui est le plus difficile » et aussi, en regardant le bas-ventre de Pipo « quand vous y aurez goûté, vous ne pourrez plus vous en passer !» Mais de quoi parlait-elle cette folle ? Moi, goûter à une chenille gluante ? Elle regarda sa montre et dit « bon, je m’en vais mes zoulous et amusez-vous bien !» Ah, les zoulous sont tous homos ? Elle nous tourna le dos et se dirigea vers la sortie. J’étais encore assez lucide pour regarder ses fesses que je comparais mentalement à celles de Lola, la meuf de paulo et je dis à haute voix « Ya pas photo ! » Les trois Zouaves ne comprirent pas, mais pouvaient-il comprendre quelque chose, focalisés comme ils étaient, sur mon anatomie.

Monsieur Coqualo revint avec un plateau et cinq verres de Vodka remplis à ras bord. Il m’en tendit un avec le secret espoir de me décomplexer. Le pauvre, il ignorait que je ne supportais pas l’alcool et qu’au service militaire un demi-verre de Calvados me conduisit presque au coma éthylique.

Bon, avant de me sauver et par pure curiosité intellectuelle, je pensais que c’était le moment et l’endroit pour poser certaines questions du genre « dans un couple homo, les rôles sont-ils bien définis ? C’est-à-dire que l’actif est toujours actif et que le passif est toujours passif ? » J’osais, à haute voix, formuler ma demande. Monsieur Coqualo se mit à rire et me dit « ah, il va falloir refaire toute votre éducation ».  Aldo, Marco et Pipo gloussaient en sirotant leur vodka.

« Soyons clairs » me dit-il, « il y a les hétéros comme vous (pour le moment) et il y a les homos comme nous. Et parmi les homos il y a les « bi » et les « tri » ! » Je sursautais, «  les tri ? » dis-je, étonné. Monsieur Coqualo se pencha vers moi pour m’expliquer à voix basse ce qu’étaient les « tri ». Et il en profita pour introduire sa langue baveuse dans mon oreille. Comment réagir à cette agression ? Je n’étais pas du genre à faire un scandale. La seule solution c’était la fuite et en me contrôlant, je demandais où se trouvaient les toilettes. Monsieur Coqualo m’expliqua en tendant son bras : « vous voyez, là-bas, c’est à droite du panier de préservatifs. Et profitez-en pour vous servir au passage ». Puis il me tourna le dos et s’occupa des autres invités.

Moi, je savais où était la sortie et une fois dehors, je me mis à courir, courir, courir et un mois plus tard, je courais encore… !

                                                                                                A suivre.

 

* SEGPA : sections d'enseignement général et professionnel adapté.

Au collège, elles  accueillent des élèves présentant des difficultés d'apprentissage graves et durables. Ils ne maîtrisent pas toutes les connaissances et compétences attendues à la fin de l'école primaire.                         

                                                                                                                                     

 


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posté le 23-11-2012 à 10:21:35

Grasse (11).

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Et le lundi arriva ! Une journée à marquer d’une pierre blanche…

J’avais donc décidé de me rendre à l’invitation de Monsieur Coqualo. La salle des sports, rue des remparts, était située à dix minutes, à pieds, de mon immeuble. C’était pratique, je n’avais pas à prendre ma voiture. Je m’habillais sobrement en évitant surtout de mettre une chemise rose ou mauve cachou, que je n’avais pas d’ailleurs.

A dix-neuf heures précises, j’entrai dans la salle, déjà bruyante. J’étais aussi perdu que le Petit Poucet sans ses cailloux. Ça commençait mal, sur une petite table, j’aperçus un panier en osier rempli de préservatifs. « Cela va finir en partouze, je le sens » pensais-je, inquiet comme un calmar manchot. Et ni une, ni deux, j’entrepris une rotation de cent quatre-vingts degrés, pour fuir ce lieu de débauche.

Presque dehors, je sentis une main virile serrer fortement mon avant-bras pour me retenir. En me retournant, je vis une femme qui me souriait : c’était Madame Coqualo ! Elle devait avoir la cinquantaine, encore bien conservée pour son âge. Mon regard fut tout de suite attiré par sa grosse poitrine. Encore lucide, je pensais : « ses seins doivent être aussi mous que les fesses de Josiane Balasko ».  Elle me regardait, accueillante comme un boucher qui reçoit un agneau vivant… « Bienvenue, vous devez être notre voisin prof. Mon mari m’a beaucoup parlé de vous » ! Quand je vis ses dents entre ses lèvres pulpeuses, des dents acérées comme celle d’une louve, je me dis : « oh là là, les gâteries de Madame Coqualo, c’est la castration assurée ! Ça explique pourquoi son mari fait son coming out !»

Madame Coqualo poursuivait son monologue : « je suis la seule femme ici, mais ne vous inquiétez pas, je vais bientôt partir ! » Moi inquiet ? Au contraire, sa présence me rassurait comme une bouée dans une mer déchaînée. Elle poursuivit, en riant : « je vais vous laisser entre hommes » ! Entre hommes ? Façon de parler… !

Monsieur Coqualo arriva tout sourire et me dit, en me désignant trois gaillards musclés qui frétillaient comme des truites parkinsoniennes : « Mon cher ami, je vais vous présenter Aldo, Marco et Pipo qui meurent d’envie de vous connaître » !

Mon sort était scellé. La toile d’araignée se refermait sur moi…

A suivre

 


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posté le 19-11-2012 à 10:12:00

Grasse (10).

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Les visites de Lola, la meuf de Paulo, se faisaient rares. La pauvre, à cause de certains copropriétaires grincheux, ne pouvait plus rendre visite à son « amoureux » aussi souvent qu’avant. Cette situation me chagrinait et j’imaginais le malheureux prisonnier pratiquement privé de cigarettes.

Plusieurs idées farfelues naquirent dans mon cerveau fertile, du genre écrire une pétition pour demander de laisser tranquille Lola. Elle accomplissait une œuvre sociale après tout et dans ce monde violent, on devait faire preuve d’un minimum d’humanité. Voilà ce que je pensais. Mais mon subconscient, lui, n’en avait rien à faire de ces considérations chrétiennes. La vérité, c’est que la vision des fesses et des cuisses de Lola, me manquait.

Au lycée, dans la salle des profs, mes collègues femmes, toutes en pantalon, ne m’incitaient pas à la bagatelle… La prof de philo, m’offrait bien un café de temps en temps, mais quand elle s’asseyait près de moi, je ne ressentais pas ce frisson d’un autre monde qui m’envahissait quand je voyais Lola. La prof d’anglais était sympa aussi, mais elle avait les yeux globuleux et j’étais sûr qu’elle était presque vierge.

Parfois, quand Lola n’était pas dans la coursive et que j’entendais les cris des prisonniers dans la cour, j’y jetais un coup d’œil et immanquablement j’apercevais le pauvre Paulo, les yeux dirigés vers le haut en espérant voir sa meuf et surtout son entrecuisse dépourvue de culotte. Lola pensait qu’il l’attendait surtout pour les cigarettes, alors que lui se nourrissait de la vision de son « trésor » peu caché.

Le jour de l’apéritif de Monsieur Coqualo approchait et je me souvins de l’enveloppe que j’avais glissée dans une des poches de ma veste. En la décachetant, voilà ce que je découvris :

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Coming Out: Annonce publique de ses orientations homosexuelles.

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Dans quel guêpier m’étais-je fourré ? Tout de suite, je décidai que je n’irai pas à cette invitation. Et pourtant, je l’avais promis à Monsieur Coqualo.

Toute la nuit qui suivit, mon sommeil se fit aussi rare que les cheveux sur le crâne de Yul Brynner*. Et je disais à haute voix (heureusement que j’étais seul dans mon lit) :

- Je n’irai pas !

Et puis:

- J’irai ! 

Et ensuite:

- Je n’irai pas !

C’était la valse-hésitation de Yohan Strauss (pas Kahn bien sûr). A la fin de ma pseudo-nuit, après une lutte acharnée entre le  yin et le yang, je décidai d’y aller et à haute voix je déclarais, comme pour me rassurer :

- Mais je ne risque rien après tout ! 

La suite prouva le contraire. J’avais parlé trop vite !...

A suivre.

         * Yul Brynner ou Brunner

Acteur né le 11 juillet 1920 à Vladivostok

Décédé le 10 octobre 1985 à New York

Juli Borisovitch Bryner alias Yul Brynner, est un acteur américain d'origine suisse, mongole et russe.

Mondialement connu pour avoir campé le rôle du Roi dans "Le Roi et moi" en 1956, ainsi que "Les Sept Mercenaires" de John Sturges en 1960, l'acteur a au fil des années accumulé les rôles dans les films d'action. Son dernier film aura été "Les Rescapés du futur" en 1976. Ses talents d'acteur et le mystère autour de ses origines lui ont permis d'atteindre la célébrité et d'être immortalisé avec son étoile sur le Hollywood Walk of Fame.

 


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posté le 15-11-2012 à 08:12:58

Grasse (9).

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Je sentais que je m’étais fait un ennemi de plus dans cet immeuble. Que voulez-vous, Monsieur Coqualo était unanimement apprécié par tous les copropriétaires avec sa langue de « pute ». Je voyais quand même, qu’il essayait de garder son calme. Il me fit un demi-sourire et me dit : « mais laissez-moi vous répéter que j’ai vu Mademoiselle Lola (tiens il connaissait son prénom ?), quitter précipitamment l’immeuble, tandis que Monsieur Laderovitch sortait du local à poubelles en refermant sa braguette ! » Ca, je le savais déjà : il y a le comique de répétition et puis il y a les répétitions de Monsieur Coqualo qui croit convaincre en répétant la même chose. Bon, il était temps que je lui dise mon deuxième argument : « Voyez-vous, Monsieur Coqualo, il se fait, et j’espère que vous n’allez pas le prendre mal, que j’ai vu plusieurs fois Monsieur Laderovitch, uriner dans le local à poubelles, alors ça explique tout ! » Je crus à ce moment-là, que mon voisin allait attraper une attaque d’apoplexie. Rouge comme une pivoine timide, son visage avait la peau aussi tendue que celle de nos belles tomates de Provence. J’ai vite regretté ma révélation et déjà je me voyais appeler le SAMU…Mais monsieur Coqualo se calma rapidement, allez savoir pourquoi. Peut-être, qu’il méditait une vengeance contre ce pauvre  Monsieur Laderovitch ?

Je déteste, les conflits de voisinage et je n’aime pas m’intégrer dans la vie sociale de l’immeuble. Monsieur Coqualo se radoucit et me tendit la main, aussi molle que les kiwis de fin de saison. « Voyez-vous –me dit-il-, pour vous montrer ma bonne volonté, je vous invite à un apéritif que j’organise la semaine prochaine ». Mon sang prit soudain la consistance de la gelée de groseille sortant du réfrigérateur. J’avais un peu mal à la tête, mais comment refuser ? J’allais dire non quand même, mais Monsieur Coqualo, avec un sourire hypocrite, ajouta : « Vous viendrez n’est-ce pas ? Il y aura aussi ma femme, vous verrez, elle est sympa. »

Monsieur Coqualo était donc marié et avec une femme en plus ! Ouf, je l’avais mal jugé, avec sa chemise rose… Et donc, malgré moi, j’acceptais sa proposition. Il me tendit une petite enveloppe et me dit : « il y a un carton d’invitation à l’intérieur. » Négligemment,  je rangeais, sans l’ouvrir, l’enveloppe dans la poche de ma veste. Et je répétais à Monsieur Coqualo : « vous pouvez compter sur moi ! »

Je venais de commettre une erreur irréparable : j’aurais dû ouvrir l’enveloppe avant d’accepter l’invitation… !

A suivre

 


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