posté le 03-11-2016 à 13:06:04

Marina (84).

 

 

 

 

 

Le lendemain Hortensia m’annonça :

- Ha, j’ai oublié de te dire que ce soir j’ai un rendez-vous professionnel !

Devant ma mine effarée, elle ajouta :

- Oui je dois diner avec un représentant japonais qui doit me montrer des produits pour la pharmacie.

- Quels produits ?

Elle ne répondit pas à ma question, mais ses lèvres effleurèrent les miennes. J’insistais :

- Quels produits ?

Elle parut gênée quand elle murmura :

- Des préservatifs !

C’était la première fois qu’elle me faisait un coup pareil. Je demandais :

- Tu seras de retour à quelle heure ?

- Ho, ne m’attends pas car ensuite je dois aller dans sa chambre d’hôtel pour qu’il me présente différents échantillons.

Presque pour plaisanter je lui dis :

- Et je suppose que vous allez tester ces préservatifs ?

- Cela va de soi, c’est mon travail de pharmacienne !

Elle se fichait carrément de moi.

Je me mis donc à bouder comme d’habitude. Je restais muet comme une carpe et elle se colla contre mon corps :

- Mais j’ai prévu quelque chose pour toi, je suis sûre que tu vas aimer. Ma copine Rosalie organise une party ce soir chez elle et je lui ai demandé de t’inviter. Tu es OK ?

Pour lui montrer que je ne tenais pas tellement à elle (ce qui était faux en réalité), je répliquais :

- Pas de problème !

- Tu pourras aller vers vingt heures et tu verras que Rosalie t’accueillera chaleureusement… Bon, je file maintenant !

Elle m’embrassa et elle sortit de l’appartement.

Resté seul, j’essayais de me trouver des excuses pour ne pas aller à cette soirée, mais finalement je décidai que je serais bien idiot de ne pas profiter de sa copine qui semblait être très libérée.

Juste avant de sortir, vers 19h30, je reçus un texto d’Hortensia :

« Pense à te protéger, j’ai mis ce qu’il faut dans la poche de ta veste »

Un texto écrit en toutes lettres car elle savait que je n’appréciais pas les messages avec des mots tronqués et truffés d’onomatopées.

Instinctivement je mis ma main dans la poche de mon vêtement et je trouvais une boîte de préservatifs.

Le problème, c’est qu’il s’agissait de préservatifs allemands que ma copine avait certainement obtenu à la suite d’un rendez-vous « professionnel » avec un représentant teuton.

Et je n’étais pas au bout de mes surprises…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 22-10-2016 à 10:07:27

Marina (83).

                                                       ELLE et moi... 

 

Bientôt, ça n’allait plus être la première fois avec Hortensia.

J’allais forger un souvenir qui restera ancré dans un arrière-port de ma mémoire, bien à l’abri des tempêtes de la vie.

La nuit, on supprime un sens, celui de la vue et on amplifie les autres. La peau de la main acquiert la sensibilité de celle des aveugles. Hortensia gisait sur le lit comme un rocher inerte.

Mes doigts curieux  progressaient sur sa chair en tâtonnant et mon cerveau, en recevant ces influx nerveux, tentait de construire son image, celle de la fille qui acceptait.

Mes caresses devinrent plus précises quand la configuration du terrain amoureux changea radicalement de forme et de densité hydrique.

Mes doigts se mettaient à clapoter dans cette vasque retenant avec peine les reflux de sa liqueur intime. Et la musique provoquée par le mouvement de mes phalanges dans la grotte saturée d’humidité ressemblait à celle des premiers couples reclus dans leurs cavernes préhistoriques.

Il fallait maintenant que je passasse à l’action !

Mon piston avait acquis brusquement la vigueur et la rigidité de ceux des vieilles locomotives à vapeur  du Far-West. Je réglais la fréquence de ses mouvements dans le fourreau humide, en écoutant les cris et en sentant les spasmes d’Hortensia qui sublimaient mes hormones affolées.

Je ne voulais pas qu’il éclatât comme un ballon de baudruche sous une trop forte pression.

Et le moment vint.

Inondation, raz de marée…

Il se mit à pleuvoir dans sa caverne. Une pluie blanchâtre, chaude et visqueuse qui arrivait par rafales.

Et puis ce fut tout.

La vigueur du piston n’était plus qu’un lointain souvenir et j’attendais que sa main ou sa bouche la fît renaître.

Nous étions maintenant allongés sur le lit, côte à côte, peau contre peau dans un échange de chaleur animale qui se transmettait par convection.

Le temps s’était dilaté…

A suivre

 

 

 

 

 

 

 


 


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1. Luldu9.3  le 22-10-2016 à 20:58:44

Désolé j'ai pas pu me retenir :
"Hortensia gisait sur le lit comme un rocher inerte. " déjà en lisant cela, j'ai eu un premier sourire. Mettez-vous à ma place ! C'est pas tous les jours qu' on a l'accasion de lire une telle... poésie !
Ensuite : "Il fallait maintenant que je passasse à l’action ! " ici, désolé mais j'ai craqué, javoue, il m'a été impossible de retenir le fou rire... L'imparfait du subjonctif est-il indispensable ? Franchement ! Ou pour mieux dire : fallait-il que vous employassiez absolument ce mode ?
En tout cas merci pour ce moment de divertissement très réussi.
Question à mille euros : elle devient quoi Marina, dans tout ça ?

2. prof83  le 23-10-2016 à 12:47:20  (site)

"La critique est aisée, mais l' art est difficile".
Philippe Néricault, dit Destouches

3. Mr-He  le 26-10-2016 à 10:14:08  (site)

Alain compliment pour la photo du jour du blog science.
ici une fort jolie suite

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posté le 10-10-2016 à 11:10:05

Marina (82).

 


Danser avec Hortensia, même si mon tango était plus que boiteux, c’était comme si j’étais enfermé avec elle dans une bonbonnière pleine de roudoudous, de dragibus, de carambars, de smarties, de guimauves, de réglisses, de nougats, de cachous, de calissons, de pralines, soulé par les parfums sucrés que chacun exhalait…

Elle était serrée contre moi et comme la nuit nous privait de repères, nous glissions sur le sol recouvert d’une ouate floconneuse qui nous donnait l’impression de patauger dans le bonheur.

Le temps était parti en vacances et nous laissait sans ce tic-tac lancinant des vieilles horloges mécaniques. Je clouais dans ma tête des pancartes, des souvenirs d’amour, que je saurais bien retrouver dans quelques années quand le parfum des bonbons se sera envolé. Le premier baiser, c’est un moteur en rodage que l’on a peur de trop bousculer, la peinture rouge d’une belle voiture encore sans éraflure et le parfum du cuir neuf qui n’a pas encore vécu.

Hortensia, comme une fée, m’avait lancé un sortilège, sans le savoir et déjà dans mon sang circulait le poison, les hormones capables de redresser mon menhir endormi. Insensiblement je la conduisais vers le divan, pour quitter notre nuage, pour atterrir, pour nous asseoir tout simplement. C’est alors que le baiser devint plus audacieux, quand nos lèvres s’entrouvrirent et que nos langues frissonnèrent à leur premier contact. Déjà la rosée parfumée débordait de nos bouches et nous l’échangions sans retenue jusqu’à ce que nous ne sachions plus laquelle était à l’autre.

Le temps avait fermé les yeux, discret comme un ami qui ne veut pas déranger les nouveaux amoureux.

Et alors advint l’escalade, inévitable, celle qui conduisait déjà, dans la préhistoire, aux enlacements pour perpétuer l’espèce.

Elle se retrouva nue et moi aussi.

Mes mains découvraient son corps en aveugle et j’apprenais le braille en caressant sa peau. J’imaginais donc ses seins, pas tout à fait sphériques, mais plutôt ovoïdes et légèrement divergents vers ses aisselles parfumées.

Inévitablement, sa main câline établit un pont rigide entre elle et moi, un pont qui, je le savais bien, n’était que provisoire jusqu’à l’ondée finale du plaisir partagé.

Mes doigts n’osaient pas aller explorer une contrée broussailleuse ou pelée, aride ou humide, ça je ne savais pas encore. Quel climat attendait le gros ver solitaire dans la caverne ombreuse et cachée ?

L’envie que sa bouche vînt  remplacer sa main, tendit encore plus mon arc déjà trop prêt à lancer ses flèches brûlantes et peut-être empoisonnées…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 29-09-2016 à 08:18:56

Marina (81).

 

 

Carlos Gardel, mort depuis longtemps, chantait son tango argentin. Aurait-il été content de savoir que j’avais choisi cette mélodie pour tenter de séduire Hortensia ?

Dans la nuit de mon salon, je la tenais serrée contre moi et ma joue, presque contre la sienne, ressentait, par convection, la chaleur de sa peau. Mon nez explorait la palette des parfums qui émanaient d’elle : « L’air du temps » qui provenait certainement de sa nuque, une légère odeur de chypre sur son visage, empreinte de son savon et parfois, quand elle répondait à mes questions, la folle senteur de son haleine verveine, la fragrance de son dentifrice.  

Le tango que je dansais avec elle n’avait rien d’argentin, mais le cœur y était, la magie de l’atmosphère aussi.

De temps en temps je lui disais un mot gentil, à peine murmuré près de son oreille. Elle ne répondait pas, mais par un léger soupir, elle réagissait à sa manière et il me semblait, sans en être vraiment sûr, que son cœur battait un peu plus vite.

Je tentai un baiser léger, presqu’un effleurement, sur sa joue, elle se laissa faire, aussi tranquille que la surface des eaux du lac de Constance.

La nuit, comme une baguette magique, créait un univers sensuel et les mains qui tâtonnaient, les parfums qui embaumaient, arrêtaient le temps ou le dilataient plutôt comme un ballon d’amour qui gonfle au rythme du tango. J’avais programmé mon lecteur de CD pour que la chanson de Carlos Gardel passât en boucle et se répétât inlassablement pour accompagner notre danse  en oubliant le reste du monde.

L’amour entre deux êtres les transforme en ermites, dans une caverne à une époque indéterminée. Ce sont deux solitudes mises en commun et qui ne font pas souffrir.

J’avais envie d’embrasser ses lèvres et de lui dire « je t’aime ». Une folie peut-être ? La folie des mots ou de l’action ?

-     Jeg elsker dig !

J’avais appris cette phrase il y a bien longtemps, quand j’avais rencontré sur une plage de Nice une danoise blonde comme il se doit et qui m’avait traduit « je t’aime » dans sa langue. Que reste-t-il d’elle ? Seulement le souvenir de sa peau salée par l’eau de mer qui s’évaporait presqu’immédiatement sous les chauds rayons du soleil.

Hortensia se cabra un petit peu, devint gauche dans le mouvement du tango argentin.

- Ca veut dire quoi ?

Il fallait que je me jetasse maintenant à l’eau, que je fusse aussi courageux qu’un capitaine qui abandonne son navire brisé par la tempête.

Je soufflais, plus que je ne parlais dans son oreille :

- Je t’aime !

Elle tourna un peu la tête, comme étonnée d’une pareille infamie et par un hasard peut-être prémédité, il advint que mes lèvres rencontrassent les siennes.

Le choc !

La tétanisation !

L’électrocution !

Et je devins ainsi le ravi de la crèche !...

 

                                                                                                                A suivre... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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1. Mr-He  le 29-09-2016 à 15:50:43  (site)

Bonjour Alain
merci de m'avoir prévenu, une fort jolie histoire d'amour, donc a suivre..

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posté le 20-09-2016 à 10:48:42

Marina (80).

 

Je ne la voyais pas.

Je tâtais à tâtons,

Les trésors d’Hortensia,

Mes mains sur ses tétons.

 

Dans l’obscurité totale du salon, Hortensia m’attendait, assise sur le divan. Je devais la rejoindre à l’aveuglette sans rien casser. Seul, mon nez exercé de chimiste devait me mener vers mon "amoureuse" en suivant la veine immatérielle de son parfum, « l’air du temps », qui me reliait à elle. Caractériellement poète, mon cerveau, soulé par ses senteurs, commença à broder un poème de circonstance :

Je ne la voyais pas.

Tâtons, tâtons, tâtons,

Les trésors d’Hortensia,

Ses seins et son chaton ! 

Même, si pour l’instant, mon poème et ses variantes, devaient rester entortillés par mes neurones, je me sentais obligé d’éviter toute vulgarité qui, parfois, sans en être vraiment conscient, surgissait brusquement comme un patineur unijambiste sur une planche savonneuse.

J’avançais donc, lentement, les bras tendus à l’oblique, somnambule aveugle à l’odorat développé.

Comme toujours, l’approche du plaisir ralentissait, de plus en plus ma progression, comme si son attente devenait elle-même un ravissement purement mental.  Dernier écueil, la table basse en verre située juste devant le divan et que je devais contourner vers la gauche pour éviter la chute. L’intensité des effluves de « l’air du temps » qui augmentait de plus en plus, me fit comprendre que je pénétrais enfin dans la sphère fleurée d’Hortensia. Mon but était atteint, je m’assis à côté d’elle. Je tendis mes mains vers ce corps que je devinais si proche et je sentis comme une chaleur animale qui irradiait mes paumes.

Elle attendait sans rien dire. Moi, en macho dégénéré, je me voulais romantique et donc je posais mes mains sur ses seins, juste pour deviner leur forme, en sculpteur de la chair.

Hélas pour elle, je n’étais pas comme les autres !

Je me détachais d’Hortensia et, avec mon pied, je poussais la table sur le côté pour faire plus de place. Je pris sa main dans la mienne et je la forçais à se lever tout en lui disant :

- Et si nous dansions un tango dans ma nuit?

Elle réagit avec douceur :

- Un tango ? Quelle idée étrange ! Mais c’est si vieux !

- On peut toujours essayer ? Je te guiderai !

J’avais bien prémédité mon coup : avant son arrivée j’avais placé un disque de Carlos Gardel* dans mon lecteur de CD, programmé la chanson « Adios Muchachos »  et disposé la télécommande à portée de main. J’appuyai sur « PLAY » pour lancer la lecture.

 

                                                    

  

 Cliquez sur la flèche pour écouter la chanson.

 

En la prenant dans mes bras, j’eus une furieuse envie de l’embrasser sur la bouche…

 

A suivre

 

Notes :

 

* Carlos Gardel est un chanteur compositeur de tango, né, à Toulouse en France le 11 décembre 1890 et naturalisé argentin. Il meurt le 24 juin 1935 dans un accident d'avion près de Medellin en Colombie.

La qualité de sa voix et sa mort prématurée vont être les éléments déterminants qui feront de lui un mythe populaire.

Carlos Gardel incarne désormais, et de façon indiscutable, le tango.

Sa voix a su charmer tous les publics, bien au-delà des barrières linguistiques. Son charme et sa prestance ont fasciné les femmes. Son attitude fraternelle a attiré les hommes du monde entier, qui ont pris du plaisir à écouter sa voix unique et éternelle gravée sur les sillons des disques de vinyle.

Carlos Gardel restera à jamais dans le cœur des Argentins le plus grand mythe de Buenos Aires.

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 


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1. Mr-He  le 21-09-2016 à 03:19:11  (site)

Bonjour Alain
compliment pour la photo du jour.
je découvre ton autre blog, hi hi et ton prénom...lol
bonne journée l'ami
René de Chine

2. anaflore  le 21-09-2016 à 09:00:30  (site)

bravo pour la photo du jour

3. Mr-He  le 22-09-2016 à 02:14:36  (site)

Bonjour Alain
moi aussi 4 blog
Mr-he3
Mr-he4
Bonne journée
Avec amitiés bises
René de Chine

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posté le 11-09-2016 à 09:44:51

Marina (79).

 

 

Hortensia perdit, comme par miracle, son incompréhensible agressivité  contre moi. Elle s’assit sur le canapé, juste en face de la table basse en verre où était posé l’album de ses dix photos. Son regard avait l’acuité de celui d’un aigle qui plonge vers sa proie.

- Si tu veux, on regarde les photos ensemble ! me dit-elle.

Je n’en avais pas trop envie, préférant les admirer lorsque j’étais seul, la nuit pendant mon insomnie chronique.

Je contemplais ses yeux bleus ; ils avaient la profondeur de la fosse des Mariannes(1). Je désirais leur parler moi, leur dire combien ils me troublaient. Je lui rappelais sa promesse de me montrer ses seins, elle me répondit :

- Je n’ai pas oublié !

Pour cela, elle devait retirer sa robe et sans pudeur, elle me demanda de l’aider à ouvrir la fermeture-éclair  qui se trouvait dans son dos. Je ne sais pas pourquoi, mais chaque fois qu’elle accélérait, moi je freinais. Je lui en fis la remarque, elle répliqua :

- Tu dois être un peu caractériel !

- C’est ce que me fit savoir Sonata avant de disparaître dans la forêt amazonienne enlevée par les indiens Jivaros! lui répondis-je.

Et j’ajoutais :

- Elle m’a même qualifié de rustre !

Hortensia se mit à rire :

- Caractériel comme tous les poètes, ça c’est sûr, et c’est ce qui fait ton charme, mais certainement pas rustre ! Elle n’a pas pris la peine de réfléchir sur ton comportement avec elle !

Bien que disparue à jamais, l’ombre de Sonata, planait encore un peu dans ma tête.

Je fis glisser, vers le bas, le zip de la robe d’Hortensia. Ma main tremblait un peu, j’avais honte, à mon âge, d’être aussi émotif. Elle abaissa le haut de son vêtement, ce qui  fit une bouée de tissu autour de sa taille.

- Défais mon soutien-gorge ! me dit-elle avec une voix assez autoritaire.

Je freinais aussi fort que possible comme si j’étais en face d’un danger imminent. La voir en petite tenue, malaxait mon âme et faisait grelotter mes neurones. J’essayais de retarder le moment où j’allais pouvoir admirer ses seins.

- Et si j’éteignais la lumière ? murmurais-je, peu convaincu du succès de ma proposition.

Hortensia hésita un instant et cela dut la conforter dans sa croyance en mon comportement caractériel. Contre toute attente, elle répliqua :

- C’est une bonne idée finalement ! On va jouer !

Je lui proposais de m’éloigner d’elle et, dans le noir absolu du salon, de la rejoindre sur le canapé.

- Ca va être dur de me retrouver ! me dit-elle, excitée comme une puce.

- Ne t’inquiète pas, ton parfum me guidera !

Dans mon cerveau, l’aire olfactive devait être particulièrement développée.

Pendant quelques instants, « L’air du temps » de Nina Ricci, fut mon chien d’aveugle qui me conduisit vers elle…

 

A suivre

 

Notes :

 

1-La fosse des Mariannes est la fosse océanique la plus profonde actuellement connue et est l'endroit le plus profond de la croûte terrestre. Elle est située dans la partie nord-ouest de l'océan Pacifique, à l'est des Îles Mariannes, à proximité de l'île de Guam. Le point le plus bas connu se situe selon les relevés à 10 994 mètres de profondeur.

 
 
 
 
 
 
 
 

 

 

 
 


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1. Bellatrix  le 11-09-2016 à 13:53:14  (site)

Bonjour,

Merci..j'ai appris quelque chose: l'existence de la fosse des Mariannes.

Je ne savais pas non plus, qu'on pouvait assimiler l'enlèvement d'un soutien-gorge, au supplice de Tantale.

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posté le 28-08-2016 à 11:15:10

Marina (78).

 

 

Hortensia...

  

Le lendemain, toute la journée, j’ai pensé à Hortensia et j’avoue que je ne désirais pas la voir. Comment faire pour éviter de la rencontrer ? Lui téléphoner et lui dire que j’avais un empêchement majeur ce soir ? Je n’avais pas vraiment le courage de l’appeler et en plus je devais trouver un motif vraiment valable. Dans mon cerveau,   mes neurones pataugeaient dans une purée tiédasse, incapables de s’envoyer des textos pour élaborer une stratégie. J’optais alors pour un mot collé sur ma porte, du genre :

   

 

Vers dix heures, je le fixais, avec du scotch translucide jaune paille, à hauteur d’homme. Je n’avais pas cours ce jour-là et donc je me barricadais dans mon appartement en essayant de faire le moins de bruit possible. Mon portable sonna plusieurs fois dans la journée, je ne répondis pas.

A vingt-et-une heures précises,  Hortensia tambourina à ma porte comme des SS sadiques de la seconde guerre mondiale. Un instant je me mis dans la peau de ces pauvres juifs qui n’avaient fait de mal à personne et dont l’avenir leur promettait des horreurs abominables.

Je finis par ouvrir, je n’avais pas envie de perturber l’immeuble. Hortensia entra comme une furie en me bousculant. Elle laissa sur son passage des bribes de son parfum, « L’air du temps* » de Nina Ricci, qui enchantèrent mon nez de chimiste plutôt habitué aux vapeurs nocives d’acide chlorhydrique. Elle avait décollé mon message et me l’agita sous le nez en criant :

- Alors tu te fous de moi ?

Elle avait un peu raison quand même. Que répondre à cette brutale question ? Je bredouillais dans une langue étrangère que je venais de créer, une onomatopée intersidérale :

- Heuuurrrggg…

Cela me donnait le temps de réfléchir à une excuse valable.

- Je suis revenu plus tôt que prévu ! L’affaire a été vite réglée !

- Quelle affaire ? maugréa-t-elle, teigneuse comme une tique affamée.

Je n’arrivais pas à m’en sortir.

- C’est mon voisin qui a fait un malaise grave, j’ai dû le conduire à l’hôpital !

- Quel voisin ? répliqua-t-elle avec colère.

Hortensia était jolie comme un cœur dans sa robe toute blanche. Je le lui dis. Elle se ramollit !...

 

A suivre

 

Notes :

 

* L’air du temps :

 Après la seconde guerre mondiale et les privations, les femmes aspirent à une féminité empreinte d'insouciance et de légèreté. Le fils de la créatrice Nina Ricci, Robert, entend ces revendications et y répond en 1948 par la création d'un parfum devenu aujourd'hui mythique : l'Air du Temps.

Il est le premier à imaginer une fragrance pure et fraîche dédiée aux jeunes femmes, en rupture totale avec les senteurs lourdes et capiteuses de l'époque.

Le parfum est composé d'un bouquet d'une trentaine d'ingrédients, avec un accord de bergamote, œillet et rose épicée en note de tête. Francis Fabron utilise pour la première fois dans l'histoire de la parfumerie le salicylate de benzyle. Ce parfum de synthèse à l'odeur légère et fleurie met en valeur la note d'œillet et le bouquet floral, rehaussé par le jasmin et la rose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 


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posté le 06-07-2016 à 18:22:45

En pause...

 

 
En pause estivale...
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 05-07-2016 à 11:00:01

Marina (77).

 

                                            Et la nuit, je fis un cauchemar...

 

Sur les dix photos que contenait l’album d’Hortensia, je n’en avais vues, pour l’instant, qu’une seule, je cultivais avec patience l’attente d’un plaisir futur.

Hortensia me relançait de temps en temps pour je regardasse les suivantes. Je résistais tant bien que mal à ses appels pressants. Un soir, vers vingt-deux heures, alors que je traînais lamentablement dans mon appartement, reculant le plus possible le moment d’aller me coucher, sachant que j’allais encore une fois passer une nuit grise, je louchais comme un meurt-de-faim sur l’album qui me narguait sur la petite table en verre placée devant mon canapé noir. Cela devenait presque une idée fixe : regarder la deuxième photo !

C’est à ce moment-là que le téléphone sonna, comme énervé, je ne sais pas pourquoi. C’était encore une fois Hortensia :

- Bonsoir Alain, alors as-tu regardé mes autres photos ?

J’eus soudain l’impression d’être un ours emprisonné entre les mâchoires puissantes d’un piège peu recommandable. Il fallait à tout prix que j’inventasse immédiatement une excuse plausible, pour ce qu’elle supposait être un manque d’intérêt pour elle.

- Demain, c’est promis. Là, j’ai pris un somnifère pour dormir et je ne vais pas tarder à sombrer dans le sommeil.

En bonne pharmacienne, Hortensia me demanda :

- Et quel somnifère as-tu pris ?

Je me sentis piégé comme un papillon dans une toile d’araignée, moi qui n’avais jamais consommé le moindre cachet de ce que je considérais comme un poison. Malgré l’heure tardive, mon cerveau fonctionna comme une centrifugeuse et le souvenir d’un roman que j’avais lu il y a bien des années émergea comme un bouchon en liège dans de l’eau pas très honnête.  Dans l’histoire, un homme s’était suicidé, à cause d’un chagrin d’amour, en avalant dix cachets de Gardénal.

- Heu, j’ai pris un comprimé de Gardénal !

Hortensia réagit violemment :

- Mais tu te fous de moi ! Le Gardénal est un vieux médicament utilisé pour soigner l’épilepsie !

Je n’avais vraiment pas de chance d’être tombé sur une pharmacienne !

Elle insista :

- Allez, regarde la deuxième photo, tu ne vas pas être déçu !

- Oui, répondis-je avec l’enthousiasme d’un condamné à mort.

- Alors, comment trouves-tu mes seins ?

En fait, je n’avais même pas ouvert l’album et cela me fit répondre :

- Heu…

- J’ai compris, me dit-elle, tu n’aimes pas les seins en poires ?

Elle avait les seins en poires ? Première nouvelle !

- Heu, insistais-je, dans ma gêne grandissante.

Hortensia, en femme têtue comme une mule, cria :

- Hé bien puisque c’est ça, je viendrai demain chez toi pour te montrer mes seins en réel ! Tu verras qu’il y a poire et poire !

Je tentais une plaisanterie de mauvais goût :

- Je sais, il y a les « Guyot », les « William's », les « Comice », les « Passe Crassane »…

- Je te déteste ! me dit-elle. Je viendrai donc te voir demain !

Et elle raccrocha.

C’est comme ça, qu’une nouvelle fois, la nuit que je passais, vira du gris au blanc…

 

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 28-06-2016 à 10:50:06

Marina (76).

 

 

Le petit album qu’Hortensia m’avait remis lorsque nous étions au « Poussin Bleu » à Saint-Raphaël, ne contenait que dix photos d’elle. J’étais impatient de les regarder. L’attente d’un plaisir semble pétrir notre cœur, court-circuiter nos neurones et nous plonger dans un état de transe mystique. L’imagination crée une bulle de bonheur dans un futur proche et on a hâte de l’atteindre. Mais l’on sait aussi que quand le plaisir est effectif, cette bulle se dégonfle et l’on reste désemparé car il n’y a plus d’attente.

Moi, j’avais trouvé un moyen de garder longtemps cette bulle bien gonflée, tout simplement en prolongeant l’attente. Cela se produisait quand j’achetais un bon livre ou un CD ou un DVD. Je faisais une petite provision de bonheur en les stockant sur une étagère et je n’y touchais plus. Et chaque jour, je savais que chez moi il y avait une possibilité de plaisir en lisant le livre ou en écoutant le CD ou en regardant le DVD. Je faisais une provision d’attente qui parfois durait plus d’une année.

Ce fut le cas pour le petit album photos d’Hortensia. Je l’avais placé sur la table basse en verre, juste en face de mon canapé. Et jour après jour, je contemplais sa couverture en reculant le moment où j’allais l’ouvrir.

Hortensia me téléphona plusieurs fois pour me demander comment je trouvais ses photos. J’étais gêné. Pouvais-je lui avouer mon petit stratagème maniaque ? Je cherchais des excuses, du genre « j’ai trop de travail en ce moment » qui ne la convainquaient pas. Et un soir, elle me dit :

- Ca va, j’ai compris, tu es déçu par mes photos !

Je pensai alors qu’il fallait que je stoppasse cette attente. J’ouvris l’album et je regardais la première photographie. Elle représentait le visage de la jeune pharmacienne. Elle était vraiment jolie avec ses yeux bleus qui semblaient déchirer les nuages. Sa bouche avec ses lèvres bien ourlées, promettait bien des plaisirs.… Et je sentis se condenser, dans un coin reculé de mon cerveau, une petite angoisse, due certainement à la vision de cette première photo qui commençait à entamer ma réserve de bonheur.

Je refermai brutalement l’album et je me dis :

- C’est décidé, ce sera une photo par jour !

A ce rythme-là, en dix jours, ma bulle d’attente sera complètement dégonflée. Alors, pour me protéger un peu, je pris une décision irrévocable :

- Ce sera une photo par semaine !

- Et pourquoi pas, une photo par mois ?

Le seul problème c’était Hortensia qui me harcelait au téléphone pour me demander mon avis sur ses clichés.

C’est à partir de ce moment-là que je me mis à lui mentir comme un arracheur de dents sur le marché de Bangui…

 

 

 

                                                                                                                        A suivre 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 21-06-2016 à 09:53:02

Marina (75).

 

Je n’attendais pas grand-chose de ce rendez-vous avec Hortensia, mais comme chez moi, l’espoir est une flamme qui vacille, mais qui ne s’éteint pas, je me disais que cette jolie fille avait peut-être changé d’avis au sujet de ce que je lui avais demandé la dernière fois.

Le bord de mer, en face du « Poussin Bleu », commençait à entamer de longs mois de disette post-estivale : les touristes, partis dans leurs contrées d’origine, avaient abandonné le soleil et la mer. Du coup, on respirait mieux !

Hortensia approchait du bar, avec une démarche hyper-féminine. Tout ce que j’aime chez une femme. Ses cheveux noirs semblaient flotter entre les tables, en silence, comme un bateau fantôme. Et quand elle fut en face de moi, j’eus l’impression que ses beaux yeux m’apportaient une portion de ciel bleu.

- Bonjour ! me dit-elle, avec une voix de confidente lascive, une voix de femme qui distribuait du miel à la petite cuillère.

Du coup, je me sentis tomber dans une sorte de gigantesque toile d’araignée virtuelle, dont les fils semblaient s’être échappés d’une barbe-à-papa, parfumée à la framboise des bois.  

Et pour paraphraser un célèbre vers de Corneille, « Avant que de combattre, je m’estimais perdu * ».

Hortensia, avec un sourire virevoltant, me tendit un petit album-photo et murmura.

- J’ai beaucoup réfléchi au sujet de votre demande de l’autre fois et je me suis dit qu’elle n’était  liée ni à un chantage, ni à un ultimatum…Je crois que ça ne représentait qu’un petit caprice amoureux…

Je fus rassuré qu’elle comprît mon comportement, chose que peu de femmes conçoivent, emportées par leur méfiance envers la gent masculine.

 Elle ajouta :

- Soyez gentil, promettez-moi de ne regarder ces photos que chez vous. Certaines sont osées, elles révèlent ce que je cache habituellement. Vous m’avez offert vos mots, je vous donne en retour un petit peu de ma personne, un petit pas pour devenir, peut-être un jour, votre muse.

Hortensia avait rougi en me faisant ce discours. Moi j’étais content qu’elle alliât à sa beauté si visible, une bonne dose d’intelligence et de sensibilité…

 

A suivre

 

Notes :

 

* « Avant que de combattre, ils s'estiment perdus. » dans le Cid de Pierre corneille.

 

 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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posté le 11-06-2016 à 10:59:49

Marina (74).

 

Antonella jolie, mais pour encore combien de temps?

 

 

Un samedi après-midi, comme souvent, je corrigeais des copies qui ressemblaient à des manuscrits du Moyen-Age : incompréhensibles !

Je m’aperçus ainsi que presqu’aucun élève n’avait compris la dernière leçon de physique sur les forces ou du moins que cette leçon n’avait pas été apprise. Devant ce naufrage du travail, je sombrais dans ce que Freud aurait appelé : une dépression pédagogique.

Mon esprit se détacha des copies et par une sorte de phénomène de lévitation (1), plana sur ces feuilles presque aussi blanches que les neiges du Kilimandjaro (2).  Alors, pour combler ce vide conceptuel et pour éviter de trop ressembler à une grenouille décérébrée, je me mis à fantasmer sur Antonella, ma jeune collègue de SVT. J’essayais de revivre par la pensée toutes les situations scabreuses que j’avais vécues avec Marina, qui croupissait en prison, mais en la remplaçant virtuellement par sa toute mignonne doublure.

Il s’en est passé des choses sur la paillasse du labo de SVT !

Marina, en experte, avait l’art de me traire, avec sa main ou avec sa bouche. Il faut dire que notre temps était limité et que l’environnement scolaire n’était guère favorable aux galipettes. Alors on faisait vite ! Je la revois encore, accroupie à mes pieds, en train de jouer une sonatine coquine avec ma flûte dure, chaude, dressée, fière avec son calot turgescent. En cinq minutes, elle arrivait à la faire cracher dans sa bouche. Alors, soit elle avalait tout, comme une assoiffée du désert de Gobi (3), soit elle recrachait mon nuage chaud et gluant dans une coupelle ou dans un bécher, dans le but, tout pédagogique, de montrer aux élèves, en travaux pratiques, la population grouillante de mon liquide spermatique.

Quelquefois, allongée sur la table de dissection recouverte de carreaux en faïence blanche, elle m’invitait entre ses cuisses, pour un tour de manège enchanté. J’avais l’impression que je la besognais avec ma perceuse à percussion qui avait plusieurs fréquences de va-et-vient. Et pour l’empêcher de crier, quand sa petite mort survenait, son orgasme quoi, je soudais ma bouche à la sienne dans un baiser lubrique et baveux, accompagné d’un combat de langues héroïque. Je me sentais tout mou en sortant du labo de SVT. Et tout ça, j’imaginais de le revivre avec Antonella, la remplaçante, qui se faisait chahuter, la pauvre.

Toutes ces pensées purement virtuelles, immatérielles, avaient le don de déclencher une cascade de réactions hormonales, qui amenaient, fatalement, à l’érection de mon menhir…

Quand ma main commença à s’égarer dans un endroit peu propice à la prière, le téléphone sonna.

C’était Hortensia, la jeune pharmacienne :

- Bonsoir, on pourrait se voir demain au « Poussin bleu » comme l’autrefois ?

L’autrefois, elle m’avait jeté comme un poisson pourri. J’étais donc méfiant et peu enclin à céder aux caprices d’une jeune femme gâtée.

- Et pour quoi faire ? (c’était le minimum syndical).

Elle répondit en bredouillant un peu :

- C’est au sujet de Sonata.

- Et alors ?

- Elle a été enlevée par des indiens jivaros, qui la retiennent captive dans la forêt amazonienne !

Ma réponse l'étonna un peu:

- Désolé, j'abandonne ! Sonata ne m'intéresse plus !

Hortensia eut un sourire plutôt énigmatique. Elle murmura:

- On pourrait quand même se rencontrer au Poussin Bleu ? J'ai un cadeau à vous offrir...

 

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Lévitation : maintien (d'un corps ou d'un objet) au-dessus du sol sans contact avec celui-ci par le seul exercice de la force mentale.

2- Kilimandjaro :

 

montagne située au nord-est de la Tanzanie et composée de trois volcans éteints : le Shira à l'ouest, culminant à 3962 mètres d'altitude, le Mawenzi à l'est, s'élevant à 5149 mètres d'altitude, et le Kibo, le plus récent géologiquement, situé entre les deux autres et dont le pic Uhuru à 5891,8 mètres d'altitude constitue le point culminant de l'Afrique. Outre cette caractéristique, le Kilimandjaro est connu pour sa calotte glaciaire sommitale en phase de retrait accéléré depuis le début du XXe siècle et qui devrait disparaître totalement d'ici 2020 à 2050. La baisse des précipitations neigeuses qui en est responsable est souvent attribuée au réchauffement climatique.

 

3- Désert de Gobi :

 

Le Gobi s'étend sur 1600 km du sud-ouest au nord-est et sur 800 km du nord au sud. Sa superficie est estimée à 1 300 000 km², ce qui en fait l'un des plus grands déserts au monde. Contrairement aux images fréquemment associées aux déserts, le Gobi est davantage recouvert de pierres que de sable.

 

 
 

 
 


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posté le 07-06-2016 à 08:29:37

Marina (73).

 

 

 

Un peu vexé, j’essayais d’oublier le rendez-vous catastrophique avec Hortensia, la jeune pharmacienne et je me jurais que plus jamais, je ne demanderai des nouvelles de Sonata qui changeait de prénom comme de string. Elle était belle, oui, mais elle était peu encline à se révéler…

Au collège, les jours passaient comme les voitures aux vingt-quatre heures du Mans. En ce début du mois d’Octobre, moi, en pompier de l’éducation nationale, j’avais éteint, dans mes classes, toute velléité de chahut, dans la cohorte des élèves qui ressemblaient à des indiens Apaches parqués dans leur réserve (leur classe) et munis d’un tomawak digital, redoutable et mortel, leur téléphone portable.

J’enviais le temps passé où les indiens communiquaient entre eux grâce à de la fumée, technique rudimentaire, certes, mais absolument silencieuse !

Et que dire du poteau de torture qui devrait être présent dans chaque salle, dans un coin près du tableau… Aujourd’hui, les punitions les plus barbares sont les heures de colle et les observations sur les carnets ; heureux profs-apaches qui pouvaient scalper, sans état d’âme, leurs élèves !

Pour moi, tout allait bien, mais ce n’était pas le cas de la pauvre Antonella, la jeune prof de SVT, remplaçante de Marina qui moisissait à la prison des Baumettes. J’étais prêt à l’aider (surtout qu’elle était mignonne comme un ange), mais je me retenais, craignant de la vexer. Pourtant, un jour, vers 9h30, j’entendis des cris d’élèves qui provenaient de sa salle, avec des bruits de tabourets, bref un tapage organisé. La jeune prof de SVT essayait de rétablir l’ordre et le silence, sans succès. Elle s’égosillait pour couvrir les hurlements de ces chenapans qui avaient pris le pouvoir dans sa classe. Sans frapper, j’entrai dans sa salle comme un chef Sioux et immédiatement je pointais mon index droit vers un élève. Ce n’était pas le plus terrible, mais il fallait désigner un coupable.

- Tu te prends pour Geronimo* ?  lui dis-je sans crier.

Il me regarda avec un air ahuri.

Tous ses camarades se turent, attendant la suite des événements.

- Et tu sais comment il a fini Geronimo **?   

Je n’en savais fichtrement rien, mais je faisais celui qui savait.

- Bon, allez, suis-moi ! Je vais t’attacher au poteau de torture de ma salle et tu vas en baver !

C’étaient des cinquièmes, agités, mais trop crédules.

L’élève me suivit, la tête basse, l’air angoissé.

Et dans un profond silence, je crus entendre murmurer :

- Tu crois qu’il va le scalper ?

 

A suivre

 

Notes :

 

* Geronimo, né le 16 juin 1829 dans la tribu apache Bedonkohe près de la rivière Gila (Arizona, alors sous domination mexicaine) et mort le 17 février 1909 à Fort Sill (Oklahoma, USA), appelé à sa naissance Go Khla Yeh (« celui qui baille »), est l’un des protagonistes des guerres apaches ayant combattu le Mexique et les États-Unis pour les droits des amérindiens.

** Il meurt d'une pneumonie à Fort Sill, en Oklahoma, le 17 février 1909.

 
 
 
 
 

 

 

 

 

 
 


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posté le 31-05-2016 à 09:18:54

Marina (72).

 

Hortensia dans toute sa splendeur.

 

J’avais donné rendez-vous à Hortensia au bar « Le poussin bleu » en bord de mer à Saint-Raphaël.

Comme d’habitude j’étais en avance, impatient d’apprendre ce qu’elle avait à me dire. En face de moi, c’était tout un flot de passants qui allaient et venaient sur la promenade au bord de l’eau. Le beau temps et l’air doux de ce début d’automne me plongeaient dans un état proche de la narcolepsie (1).

Hortensia arriva par derrière et frappa légèrement mon épaule. Elle s’assit en face de moi et c’est à ce moment-là que je vis combien elle était belle. Brune, yeux bleus et bouche sensuelle, vêtue d’une robe blanche en lin (je crois), courte et ouverte en bas, elle provoqua un choc émotionnel à mon cœur qui pourtant en avait vu d’autres. Son petit sourire à la fois timide et provoquant me fit presque oublier le motif de ce rendez-vous.

Elle parla vite de Sonata, moi je voulais tant qu’on parlât d’elle.

Je n’arrivais pas bien à suivre son discours ; mon regard ne savait pas où se poser. Sur ses yeux, qui avaient la couleur de la mer ? Sur sa poitrine dont je croyais percevoir  ses tétons qui pointaient sous la robe ? J’étais aussi distrait qu’un élève qui écoutait le chant des oiseaux quand son professeur parlait de Charlemagne.

Hortensia regarda sa montre.

- Mauvais signe, me dis-je, un peu déçu.

Elle ouvrit son sac et en retira un petit carnet rouge qu’elle me tendit en disant :

- C’est le carnet de Sonata que j’ai trouvé dans son casier à la pharmacie. Elle a dû l'oublier avant de disparaître.

Dans ma tête, le chant des oiseaux devenait plus fort et couvrait presque la voix du professeur d’histoire…

Je pris quand-même le carnet et je l’ouvris. Il n’y avait qu’une longue série  de noms associée à des numéros de téléphone, des portables le plus souvent.

Je pris conscience que j’avais sous les yeux, la liste des clients de Sonata l’escort-girl. Et il y en avait beaucoup. Peut-être que l’un d’eux était son assassin ou son tortionnaire…

La jolie pharmacienne me regardait à son tour et attendait une réaction qui arriva en retard comme les vieilles locomotives des années cinquante.

Je refermai le petit carnet et je me dis que je devais me jeter à l’eau et tenter un acte plus existentiel que la philosophie de Jean-Paul Sartre (2).

J’essayais d’atténuer la passion des mots qui voulaient sortir de ma bouche :

- Je vous trouve si jolie…

Elle coupa vite mon envolée lyrique :

- Je ne suis pas venue pour ça ! Je ne suis pas libre et je suis folle amoureuse de mon ami Pierrot !

La gifle ! Il fallait que je lui expliquasse comment je fonctionnais malgré le lancement raté de ma fusée dragueuse.

- J’aime tout ce qui est beau, des objets, des personnes, des paysages… Seulement, les souvenirs, parfois s’embrouillent, s’effacent et me font perdre à jamais cette sensation de bonheur qui a touché mon cœur. Alors, je fixe sur des photos, les vibrations de mes amours passées. Vous allez me trouver bizarre, mais je demande à toutes les filles que j’ai aimées ou appréciées, dix photographies pour me constituer une photothèque qui défie le temps qui passe.

Hortensia se leva brusquement et me lança un regard-coup-de-poignard.

- Adieu ! Vous êtes fou ! me dit-elle  en s’éloignant rapidement.

Pour atténuer ma déception, je me dis que cette fille devait certainement avoir la sensibilité d’une écrevisse ménopausée…

Et je me mis à caresser le carnet de Sonata, donné par  la jolie  Hortensia en pensant aux dix photos qu’elle aurait pu m’envoyer.

Aurait-elle été capable de le faire ?

 

A suivre

 

 

Notes :

 

1- Narcolepsie : maladie caractérisée par des crises

                         d'endormissement soudaines et incontrôlables.

 

2- Jean-Paul Sartre :

écrivain de langue française, philosophe politiquement engagé, également dramaturge, romancier, nouvelliste et essayiste. Né le 21 juin 1905 à Paris, il est décédé le 15 avril 1980 dans cette même ville. Écrivain prolifique, il est autant connu pour son œuvre, et notamment sa conception de l'existentialisme, que pour son engagement politique à l'extrême gauche.

 

 

 

 

 

 


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posté le 24-05-2016 à 09:00:22

Marina (71).

 

 

De 14h à 15h, j’avais une classe de 3ème, ce jour-là.

Les élèves, rangés comme des statues, étaient tous munis de prothèses : leur téléphone portable, et sans lui, point de salut. Juste en face, la 5èmeF attendait son prof de SVT, Antonella, qui arriva avec une jupe aussi courte qu’un jour d’hiver. Les troisièmes, les yeux rivés sur leur écran, l’ignorèrent   complètement, occupés qu’ils étaient à envoyer des SMS à n’importe qui. Mes neurones, eux, avaient retrouvé une certaine vigueur, perdue lors du passage à la cantine, vigueur qui se transmit immédiatement à des muscles intimes qui firent dresser ma grue charnelle.

La jeune prof fut accueillie par ses élèves apparemment très polis avec des :

- Bonjour Madame…

- Vous allez bien ?

- Vous avez une jolie jupe…

- Vous êtes bien coiffée…

Bref, les prémisses d’un chahut organisé !

Antonella était toute souriante et remerciait gentiment ses élèves, des embryons de monstres. Sans expérience, elle ignorait, que les élèves, en début d’année scolaire, testaient leurs professeurs et que très vite il fallait mettre une barrière anti-familiarité.

Moi, je ne répondais qu’aux bonjours, à condition qu’ils fussent poliment formulés et à toutes les autres déclarations je lançais invariablement :

- Tu veux deux heures de colle ?

La fois suivante, le filtre avait bien fonctionné et je n’entendais sur mon passage que des « bonjour Monsieur ».

Vers 14h15, alors que notre métabolisme digestif faisait des folies et que les élèves en manque aigu de texto semblaient sombrer dans la schizophrénie, je crus voir quelques mains s’égarer sous les tables. N’allez pas croire qu’ils fantasmaient sur mon cours de chimie aussi excitant qu’une poêle en acier vitrifié, non, ils pianotaient tout simplement sur leur deuxième portable (de secours) pour évacuer vers l’extérieur leur angoisse existentielle. La peur de se faire remarquer, faisait qu’ils multipliaient les fautes d’orthographe dans des SMS pourtant aussi pauvres qu’un paysan du Bangladesh. Je laissais faire pendant cinq minutes, puis j’entreprenais, dans les rangées de la classe, ma deuxième tournée de confiscation des portables coupables. Je  récoltais alors des regards de haine et des inepties du genre « Monsieur, vous n’avez pas le droit ! ». En jetant un bref regard sur les écrans, je croyais lire des textos incompréhensibles venant d’une autre planète. Je feignais alors une terrible colère pour leur « coller » un contrôle-express-surprise pour pouvoir lire tranquillement mes SMS sur mon smartphone qui vibrait dans ma poche. L’un d’entre eux attira mon attention, envoyé par Hortensia la pharmacienne, il disait :

- Contac t moi, jé du nouvo sur Sonata…

 

A suivre

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1. la piote  le 24-05-2016 à 13:45:33  (site)

Bmjr....
Une kestion l prof s v p Merci

Pourquoi....
Vous ecrivez du Genre

Les élèves étaient rangés... COMME DES INIRMES
Merci de me dire ... cdt.

2. la piote  le 24-05-2016 à 18:58:07  (site)

Et bien voila l bon piot mot k il fallait mettre del Départ ....

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posté le 17-05-2016 à 10:13:04

Marina (70).

 

                                Antonella, la prof de SVT, remplaçante de Marina.

 

J’étais impatient d’entrer dans le labo de SVT.

Curieux comme une fouine, je dérogeais à la plus élémentaire des politesses, même si elle était un petit peu surannée et je franchis le seuil avant Antonella qui me regarda avec un air désolé.

La salle baignait dans une atmosphère saturée en vapeurs de formol : elle n’avait pas été aérée pendant plus de deux mois. Cette odeur forte,  trop liée aux cadavres d’animaux, me fit voyager plusieurs semaines dans le passé, quand Marina, accroupie à mes pieds cherchait, grâce à une activité buccale débridée, à faire jaillir de mon menhir turgescent, une source gluante donneuse de vie ou bien quand, alanguie sur la paillasse en porcelaine, elle se pâmait sous les coups de ma scie sauteuse qui remplissait son vagin.

Antonella, elle, ne savait pas tout ça !

Moi, je fus très vite déçu quand je ne vis pas Victor, le squelette voyeur qui assistait impassible et goguenard à mes turpitudes avec Marina. Victor devait maintenant certainement moisir dans une arrière-salle poussiéreuse d’un lieu non défini en relation avec la police ou la justice. Il était devenu la principale pièce à conviction dans l’affaire du meurtre supposé du mari de Marina.

Antonella portait une jupe assez courte peu compatible avec l’exercice de son métier d’enseignante devant des élèves passés maîtres dans l’art de photographier, à leur insu, les professeurs avec leur téléphone portable. Je me réjouis à l’idée de lui donner des conseils de vieux briscard des collèges.

La jeune prof de SVT, certainement victime de la malédiction du lieu et comme droguée par les vapeurs de HCHO (formule du formol) s’accroupit soudain devant moi comme pour rendre hommage à ma virilité.

- L’année scolaire commence bien ! me dis-je.

Hélas, elle s’était simplement abaissée pour admirer les crânes de squelettes  alignés dans un casier vitré posé sur le sol. Honteux, je rougis intérieurement et mon érection subite avorta lamentablement.

J’étais cependant satisfait de penser que lorsque l’ennui allait m’envahir inéluctablement, au cours de l’année, devant mes élèves mutants-momifiés-accro-à-leur-portable, j’aurais tout le loisir de fantasmer sur les cuisses d’Antonella et sur le reste de son corps.

Comme je ne voulais pas être élu mister-seccotine,  j’abandonnais, à regrets, ma jeune collègue en lui disant :

- Ma salle est juste en face de la tienne, si tu as un problème quelconque, tu sais où me trouver !

Et je regagnais mon labo, les poumons pleins de vapeurs toxiques de formol et les yeux transformés en papillotes multicolores à cause des charmes supposés d’Antonella…

 

A suivre

 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

 


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posté le 10-05-2016 à 08:59:59

Marina (69).

 

La pré-rentrée des professeurs, une journée redoutable !

 

 

Ce lundi, pré-rentrée au collège !

Après une année sabbatique pour préparer mon agrégation de physique, lamentablement ratée, je retrouvais cet établissement que j’avais visité plusieurs fois incognito pendant mon absence.

Marina, la prof de SVT, me recevait de temps en temps dans son labo pour des travaux pratiques innommables qui se terminaient toujours sur la paillasse carrelée parmi le matériel de biologie qui puait le formol. Ma salle se trouvait juste en face de celle de mon ex-collègue qui croupissait en prison, aux Baumettes, pour le meurtre supposé de son mari Victor.  

La matinée se passa étrangement dans une salle de réunion, remplie de brouillard, me semblait-il. C’étaient peut-être mes yeux qui créaient cette sensation de flou après les nombreuses nuits blanches passées à penser à Sonata, la pharmacienne, disparue dans des circonstances suspectes. J’entendais parler le principal sans distinguer ses paroles. Il devait certainement évoquer le sacro-saint règlement intérieur, jamais appliqué et que nous connaissions tous par cœur. Mes paupières  se soulevèrent un tout petit peu lorsque j’eus entre les mains mon emploi du temps qui allait rythmer ma vie tout le long de cette année scolaire. Bof, il n’était ni meilleur, ni pire que les années précédentes ; j’avais mon lundi de libre, ce qui me permettait de digérer mes week-ends passés à corriger des copies.

A midi, comme des moutons, mes collègues se dirigèrent vers la cantine pour l’apéritif de rentrée. Moi, j’allais me réfugier dans ma salle du rez-de-chaussée pour éviter de parler. Je croisais dans le hall, ELLE, la prof de lettres modernes, qui avait, il fut un temps, titillé mes neurones et épanoui ma libido qui n’était que poétique. Oui je vous le jure !  Elle eut, comme un rictus d’ennui, en me voyant, ce qui fit brûler instantanément et virtuellement les quinze mille vers que j’avais écrits pour ELLE. J’eus, un bref moment de nostalgie, un retour gris dans le passé, lorsque je vis ses fesses, bien moulées dans un jeans en coton. Bonheur désuet, bonheur perdu, bonheur qui avait gravé à jamais dans ma tête, des espoirs insensés, des bulles d’amour, aujourd’hui défraîchies. Son prénom même, je l’avais oublié, Amandine ? Joséphine ? Clémentine ? En tout cas une rime en « ine » qui cadrait bien avec son humeur « assassine !

Le long couloir sentait la poussière de l’été et en tendant l’oreille, on avait l’impression d’entendre les cris des élèves dans la cour de récréation, des cris comme coincés entre ces murs gris, des cris fantômes, fugitifs, de l’année trépassée.

Quand j’étais vraiment seul, dans ma tête tournoyaient quatre prénoms de filles qui avaient animé mon année sabbatique : Marina, Serena, Amanda et Sonata. Arrivé devant la porte de ma salle de classe, je m’arrêtais un instant, comme pour effacer mes anciens souvenirs. J’entendis alors, derrière mon dos, le bruit d’une clé certainement  perdue dans une serrure. En me retournant, je vis une jeune femme qui tentait d’ouvrir, sans succès, la porte du labo de SVT. Une cambrioleuse ? Il suffisait de faire trois pas pour me retrouver à côté d’elle. Elle parut honteuse, gênée, quand elle se présenta :

- Je suis Antonella, la remplaçante de Marina V…….. et je n’arrive pas à entrer dans le labo.

Je pris un air important en lui répondant :

- C’est normal, il faut avoir un passe spécial pour ouvrir ce genre de porte !

Et immédiatement je lui proposais mon aide en introduisant dans la serrure ma clé tubulaire qui ouvrait toutes les portes sécurisées.

Antonella, savait-elle seulement, que je n’avais qu’une hâte, c’était de savoir, si Victor, le témoin de mes turpitudes passées, le squelette muet et moqueur, se trouvait encore dans le labo…

 

A suivre

 

 
 


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posté le 03-05-2016 à 08:15:04

Marina (68).

 

Sonata disparue ? Presqu’un coup de massue reçu en pleine face !

Je regrettais de l’avoir un peu mise de côté pour m’occuper de Marina et d’Amanda.

J’entrais dans ma voiture comme dans une chambre à gaz, presque ivre, avec un taux d’alcoolémie dépassant les normes autorisées. Et pourtant j’étais aussi sobre qu’un pinson tombé d’un nid situé sur un arbre d’une abbaye de moines abstinents. Comment conduire dans ces conditions ? Englué dans un brouillard incertain en ce mois d’Août qui rendait l’âme, j’entendis tapoter contre la vitre avant-gauche de ma voiture. Machinalement j’actionnais le bouton concerné du lève-baisse-vitre électrique. J’aperçus alors la tête d’une jeune femme qui ne souriait pas et qui me fit un signe avec son index droit replié vers le haut pour m’entraîner vers une porte cochère où elle avait l’habitude de se réfugier pour fumer une cigarette. Elle était pressée et semblait apeurée. Elle se présenta rapidement :

- Je suis Hortensia, la collègue de Sonata.

Elle portait une blouse blanche, ouverte sur un panorama qui me laissa de marbre ou plutôt de glaise ramollie. Elle se pencha vers moi et me lança une bouffée d’haleine « cigarétoïde », une odeur de tabac brûlé comme Jeanne d’Arc. Elle enclencha un monologue à haut débit qui me saoulait comme un verre de vodka trop matinal.

- Sonata m’a parlé de vous, un soir de solitude et j’ai cru comprendre que vous aviez flashé sur elle. Vers la mi-juillet elle me dit qu’elle allait passer quelques jours en Italie et depuis elle a disparu !

Je savais déjà tout cela et je la regardais sans rien dire comme lorsque l’on est réveillé brutalement la nuit par une crise d’apnée du sommeil. Je devais avoir l’air d’un caméléon dépressif sur un patchwork* de tissus multicolores.

Hortensia se tut un bref instant pour alimenter ses poumons en gaz cancérigènes. Je crus déceler sous ces relents de nicotine et de goudrons, un parfum que je connaissais bien, Shalimar de Guerlain. Et je pensais :

- Quel gâchis ! Les baisers mouillés de cette jeune femme doivent empester le tabac froid !

Hortensia, avec l’air d’un comploteur bolchévique, ajouta :

- Et vous ne savez pas tout. Sonata menait une double vie !

Je sentis ma peau se flétrir comme le papier des vieux parchemins du moyen-âge.

- Une double vie ? criais-je presque, avec l’étonnement ahuri d’un centenaire débonnaire.

 La jeune pharmacienne murmura :

- En fait, Sonata était aussi une escort-girl !

Mon cerveau devint soudain cent-pour-cent mâle :

- Une pute, quoi !

Je la voyais déjà assassinée par un client italien qui chantait « O sole mio » ou bien droguée et envoyée à Tanger par la maffia sicilienne ou alors enlevée et bâillonnée pour aller se prostituer dans les bordels de Tananarive…

- Pauvre Sonata, pensais-je, mais où est-elle en ce moment ?

Longtemps, j’avais espéré un signe d’elle, une bafouille de rien du tout pour me dire ce qu’elle devenait.

Pendant plusieurs semaines, ce fut un silence angoissant !

Je remerciais Hortensia qui avait fini de fumer sa clope. Elle me demanda le numéro de mon portable, pour me donner d’éventuelles nouvelles de Sonata.

En entrant chez moi, j’avais le cœur en vrille en pensant à cette grande rousse qui avait su me séduire et colorer ma vie, grise comme un après-midi londonien…

 

A suivre  

  

 

* Patchwork : ouvrage constitué de pièces de tissu, souvent disparates, cousues les unes aux autres pour créer un motif très coloré.

 

 
 

 
 
 
 
 
 


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posté le 26-04-2016 à 08:29:28

Marina (67).

 

 

                                                      Je n'ai vraiment pas de chance !

                                         Devinez quelle pharmacienne m'a servi...

 

 

J’étais assez impatient de revoir Sonata. Je l’avais un peu perdue de vue, en grande partie à cause d’Amanda, l’avocate de Marina, qui savait y faire pour extraire « la substantifique moelle » des mâles passant à sa portée. J’avais intérêt à gérer ma réserve de sperme qui n’était pas inépuisable. Sonata, je l’avais rencontrée par hasard et tout de suite j’eus, ce qu’on pourrait appeler un « coup de testicules » à défaut d’un coup de cœur qui viendrait peut-être plus tard.

Dans mes moments de solitude, le souvenir de cette fille, grande rousse sensuelle, au short marqué pas un cameltoe des plus coquins, avait permis de redresser la  tête de ma girafe, phallique et cracheuse, endormie dans ma main…

Ce matin-là, j’essayais d’améliorer l’ordinaire, c’est-à-dire de soigner ma présentation malgré la chaleur de ce mois d’Août. Rasé de près et légèrement parfumé, je voulais faire bonne impression après ces quelques semaines passées loin d’elle.

La pharmacie était pleine de « malades » ! Mais que venaient-ils faire là, mon Dieu ? Je pris un ticket pour attendre mon tour. J’en profitais pour regarder un peu autour de moi et « coller une histoire » sur chaque personne. En me fondant sur leur état physique, j’imaginais la pathologie qu’ils pouvaient avoir. Et peu à peu, mon empathie naturelle fit qu’ils me devinrent tous sympathiques. Les êtres humains sont fragiles et obligés de lutter contre de multiples fléaux. La maladie, je crois, en est le plus terrible.

Pour patienter, je cherchais Sonata que je ne voyais pas et cela commençait à m’agacer. Au terme d’une attente de quarante-cinq minutes, je pus enfin, comme un bateau fantôme,  aborder à l’un des comptoirs de la pharmacie. Je fus accueilli par une fanfare, non, par une employée assez défraîchie, aussi sympathique qu’un hareng en fin de vie. J’étais déjà assez gêné de lui demander cinq boîtes de préservatifs, lorsque derrière moi vint se placer, une sorte de Cougar  avide de chair fraîche. Cette dame chasseresse ne respectait pas la distance règlementaire définie par le SNPR (Syndicat National des Pharmaciens Réunis) de 1m52 entre les clients. Cette distance légale était sensée respecter la confidentialité des échanges verbaux patient-pharmacien. Cette dame était loin du compte (ou trop près de la proie) car je sentais sur ma nuque son souffle chaud de femelle en chaleur. Dois-je l’avouer, un début d’érection commençait à dresser mon couvert avec un couteau de belle facture.

Au moment de payer, je trompais ma timidité en demandant à la pharmacienne :

- Sonata est absente ?

Miss blouse-blanche me lança un regard bifide qui me fit supposer que cette femme avait dû être un serpent dans une vie antérieure.

Le taux de phéromones que me lançait la cougar devait certainement suivre une courbe ascendante car dans mon slip, ce n’était plus un canif, ni un couteau à dessert, mais un véritable couteau de boucher, comme celui qui désosse les gigots de kangourous.

La pharmacienne se pencha vers moi et me murmura :

- Voici plusieurs semaines que Sonata est partie en vacances en Italie et depuis on ne l’a plus revue ! En deux mots, Sonata a disparu !

Mon couteau de boucher à désosser se transforma immédiatement en canif nain ! Que voulez-vous, je suis un homme sensible, moi !

 

 

A suivre

 
 
 
 
 
 

 

 
 


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posté le 19-04-2016 à 08:24:25

Marina (66).

 

La calanque de Morgiou.

 

Blowjob ? Ce mot, je l’ai entendu pour la première fois quand j’avais dix-huit ans, dans un cinéma de quartier, poussiéreux, presque désert, lorsqu’une fille de mon âge, Gloria, une anglaise, pas très jolie, que j’avais rencontrée à la fac des sciences de Marseille, avait éjecté son chewing-gum sur la moquette violette et tâchée, pour engloutir mon sexe en permanence dressé.

Sur l’écran, quelque peu avachi, un film, « La grande vadrouille » essayait de survivre. Pour moi, ma vie s’était concentrée sur mon gland que la langue baveuse de la fille triturait comme un bâton d’esquimau glacé qui avait perdu tout son chocolat. Machinalement, je lui triturais les seins ou plutôt ses tétons, car sa poitrine était aussi plate que le discours d’un écologiste militant.

Fatalement, je ne pus tenir longtemps dans sa bouche que je remplis avec une bordée de sperme chaud et gluant qu’elle recracha sur la moquette. Elle étala le liquide séminal avec la semelle de sa chaussure pour le faire pénétrer dans les mailles du tissu violet. Une fois séché, le sperme, allait côtoyer les autres souillures qui parsemaient la moquette, souillures recrachées par des filles trop faciles dont la bouche, gouffre de chair humide, leur permettait de s’approprier ce qu’elles ne possédaient pas : un pénis.

Amanda, elle, avec un violent coup de hanche, me fit basculer sur le côté. Elle se retrouva assise près de moi et pencha sa tête vers mon bas-ventre pour venir façonner mon désir dressé avec ses lèvres aspirantes et masseuses comme les mains d’un sculpteur sur une colonne d’argile.

Dès lors, pendant un certain temps, je fus prisonnier de sa bouche, véritable machine de guerre, capable de faire jaillir des sources dans les déserts les plus arides. Mon cerveau s’était réfugié dans ma tour phallique et semblait y avoir développé une profusion de terminaisons nerveuses, prêtes, à un moment donné, et toutes ensemble, à décharger une infinité d’influx nerveux vers ma moelle épinière, gardienne des vannes de mes jets spermatiques. Il y eut comme un tsunami dans la bouche de l’avocate, une vague gluante qui l’inonda jusqu’ à ses amygdales ; elle avala tout.

Elle voulut m’embrasser sur la bouche et, malgré mon dégoût, je la laissais faire pour la remercier. Mais je lui dis stop, quand elle se mit à quatre pattes dans la position favorite des lévriers femelles. Malgré la vision de sa fissure intime, je ne pouvais lui offrir qu’un caramel mou. Elle fut à la fois déçue et compréhensive. Bonne fille, elle passa sa main sur mon visage, comme pour me consoler.

Nous reprîmes la voie du retour par le chemin de Morgiou. Dans sa BMW, je gardais le silence, mais pas elle. En me laissant près de ma voiture, elle me fixa d’autorité un nouveau rendez-vous et je compris que j’avais intérêt à ce que ma flèche, cette fois-ci, ne se trompât pas de cible.

Chez moi, je constatais avec désolation que mon stock de préservatifs était épuisé et je me décidais à aller à la pharmacie pour que Sonata pût m’en procurer…

 

 

                                                                                                               A suivre...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 12-04-2016 à 10:48:00

Marina (65).

 

Je n'osais pas rejoindre  maître Amanda Di-Stretta dans l'eau

par peur d'une hydrocution...

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Sans lâcher mon sexe, maître Amanda Di-Stretta s’écria :

- Oh, on dirait que vous avez une fuite d’huile !

Mais ce n’était pas de l’huile de moteur, c’était plutôt une bordée de liquide séminal à 37°C, que mon gicleur phallique avait projeté sur son ventre. Là, mes spermatozoïdes, ivres de bonheur et remplis d’un espoir insensé, croyaient trouver les ovules de l’avocate. Las, pour eux c’était  pire que le désert de Gobi. Les pauvres, ils périrent bien vite, englués dans de la mélasse spermatique qui avait la fâcheuse tendance de sécher à l’air libre et au soleil.

Amanda me fit les gros yeux comme on les fait au cuisinier qui a raté sa mayonnaise et elle me dit :

- Je vais me baigner pour retirer de ma peau l’élixir de jeunesse éternelle que vous m’avez si généreusement offert ! Vous venez avec moi ?

Il était quatorze heures douze et il ne me restait plus qu’à subir une hydrocution de première classe. Elle m’entraîna dans l’eau en me tirant par la main. Je voulais traîner les pieds, mais cela s’avéra difficile sur les galets. Je me laissais donc faire, en lorgnant sur ses fesses nues quand même ; autant avoir une belle vision avant de mourir. L’eau glacée fouetta mon corps et je sentis des milliers d’aiguilles liquides s’enfoncer dans ma peau. Amanda se tourna vers moi et me dit :

- Allez, ne soyez pas cruche, aidez-moi à enlever toute cette saleté !

Ma main hésitante se promena, timide comme un moinillon, sur les seins, puis sur le ventre de l’avocate. J’aurais bien poussé l’excursion jusqu’entre ses cuisses, mais je n’osais pas car je craignais une réaction négative de sa part. Soudain je sentis sa main se refermer avec force sur mon appendice phallique et commencer, ce que les anglais appelleraient, un puissant handjob (1). Sans demander mon autorisation, mes doigts allèrent se ficher entre les lèvres de sa vulve et entreprirent un vigoureux mouvement de va-et-vient qui la fit crier. A ce moment-là, les mouettes nous regardèrent, perplexes…Encore une fois je pensais à Simone, ma voisine extra-vierge qui avait une odeur de moisi et  cela pour éviter de souiller, avec mon élixir testiculaire, la mer Méditerranée qui était assez polluée comme ça.

Les yeux d’Amanda avaient l’allure de ceux d’un junky (2) égaré dans une rave-party (3) qui se déroulait dans un coin perdu du Massif Central. Bien qu’une partie de moi-même ressemblât à une anguille turgescente, je n’avais pas la vocation de faire l’amour dans la mer comme les poissons. C’est pourquoi je forçais Amanda à sortir de l’eau pour la faire étendre sur le mini-pseudo-rivage caillouteux. Et illico je  m’allongeais sur elle. Merveilleux matelas pneumatique que le corps de l’avocate ! Mais avant de la pénétrer, je me devais d’entreprendre un bouche-à-bouche baveux avec elle accompagné d’un combat de langues  homérique. Je suis un grand romantique, moi, que voulez-vous !

Mais Maître Di-Stretta avait une autre idée en tête ! Elle retira sa langue de ma bouche pour me dire :

- Chéri, j’ai envie de te faire un blowjob (4) !

Tiens, elle me tutoyait maintenant ! Heureusement que la littérature argotique anglaise nous permettait de nous exprimer sans vulgarité !...

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Handjob : Le handjob (littéralement « travail de la main ») désigne une pratique sexuelle durant laquelle une masturbation est effectuée à l'aide des mains sur un partenaire consentant dans le but d'obtenir une excitation sexuelle ou un orgasme.

2- Junky : toxicomane qui consomme des drogues dures.

3- Rave-party : réunion souvent clandestine d'un grand nombre de personnes venues danser sur des musiques technos et cherchant à entrer dans un état de transe.

4- Blowjob : Fellation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 05-04-2016 à 09:30:37

Marina (64).

 

 

Amanda collée contre moi, parlait sans s’arrêter. Je ne l’écoutais même pas, occupé que j’étais à contrôler mon taux de testostérone qui me transformait en gladiateur du sexe. Elle, apparemment se souciait peu de ce membre turgescent qui dressait la tête, insolent comme un élève de troisième.

Il aurait suffi d’un mouvement maladroit de ma part, d’un geste tout à fait involontaire, pour la pénétrer et la clouer sur place comme un martyre des temps anciens. Allais-je pouvoir encore tenir longtemps, bloquer  le flux de sperme qui ne demandait qu’à jaillir ? De temps en temps, je regardais la mer qui paraissait glaciale et qui aurait pu figer ma libido ou bien me tuer par une hydrocution foudroyante. J’étais dans de beaux draps !

Je m’en voulais d’être ainsi le digne représentant du macho de base, celui qui pense avec son sexe, haï par la majorité des femmes d’après leurs dires.

Alors je me mis à penser à Simone, ma voisine de palier, professeur de lettres classiques, vieille fille patentée, certifiée cent pour cent vierge, sexy comme une enclume et coincée comme une vis rouillée. En imaginant de passer une nuit avec elle, je me sentais devenir impuissant à vie, avec un sexe aussi mou qu’un avorton de limace anorexique. Et ça marchait ! Entre mes jambes, je sentais mon sceptre se ramollir et baisser la tête comme un moine obéissant. Fichtre et Amanda fichait tout par terre en me disant :

-Tiens, tiens, il me semble que votre levier de changement de vitesses a une petite faiblesse ! 

Cette phrase murmurée « innocemment » effaçait de ma tête Simone la quasi-nonne et faisait dresser, entre mes jambes, ma lance comme un canon en acier inoxydable.

Si proche d’elle, j’avais une vision limitée de son corps :

- ses yeux avaient la rouerie des filles des maisons closes du Moyen-Age.

- Son nez semblait frémir comme celui d’une femelle en rut à l’approche du mâle dominant.

- Sa bouche pulpeuse comme une orange maltaise se tenait prête à engloutir une légion de phallus romains.

- Sa petite langue humide promettait de languissantes caresses.

- Ses seins, semblables à des poires de Turquie, pointaient par des mamelons durs comme l’ébène.

- Sa vulve entrouverte ressemblait à une salle de cinéma pornographique interdite aux moins de trente ans.

Que faire pour ne pas jaillir, là, tout de suite, comme un geyser finlandais qui se réveillait après des siècles de sommeil ?

Alors j’essayais de parler de voitures avec elle. Discuter de moteurs n’avait rien de bien sensuel. Je lui demandais si elle était satisfaite de sa BMW. Le seul problème pour elle, c’est qu’elle trouvait sa boîte de vitesses un peu dure.

- Bizarre ça ! lui dis-je pour alimenter la conversation.

- Oui, continua-t-elle, j’ai des problèmes pour passer de la seconde à la troisième.

Mon visage se voulut expressif en simulant un rictus de doute.

- Vous ne me croyez pas ? me dit-elle. Je vais vous expliquer.

Elle se pencha vers mon bas ventre et saisit mon pénis comme si c’était un levier de changement de vitesses.

Elle mima, le passage sans accroc de la première, puis en me serrant de plus en plus fort, elle bascula mon sexe vers l’arrière comme si elle passait la seconde.

- Voilà, c’est en passant la troisième que j’éprouve un problème, cria-t-elle pour couvrir le bruit des vagues qui s’écrasaient contre les rochers.

Et c’est quand elle passa la troisième, que moi j’eus un gros problème !...

 

A suivre

 

 

 

 


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posté le 29-03-2016 à 10:05:44

Marina (63).

 

Risque d'hydrocution. 

 

Après le déjeuner sur la terrasse du Nautic-Bar, Amanda voulut, et ça je le redoutais, aller se baigner dans un petit coin tranquille de la calanque, à l’abri des regards indiscrets.

Il était 13h30 et pour moi, pas question de me mouiller avant 16h30, une fois la digestion presque terminée. Ma mère m’avait longtemps seriné (1), dans ma jeunesse, les dangers d’une hydrocution (2) après un repas. Pour Amanda, cela ne devait être qu’une baliverne (3) de bonne femme.

Elle me conduisit, par un chemin aussi tordu qu’elle, dans une sorte d’anfractuosité de quelques mètres carrés creusée dans la paroi rocheuse. Il y avait juste de la place pour deux personnes et encore, si elles étaient étroitement enlacées. Il suffisait de se déplacer de quelques dizaines de centimètres pour entrer dans l’eau et probablement périr brutalement d’une hydrocution.

Amanda se déshabilla sans façon et se retrouva rapidement nue en me priant de l’imiter.

L’imiter ? Je n’avais pas l’âme d’un chippendale (4) !

Elle comprit ma réticence à me dévêtir   devant elle et avec un air moqueur, elle me dit :

- Allez, enlevez tout sans crainte, je me retourne pour ne rien voir !

Mais mon problème à moi, était que la vision de ses seins en poires et de son pubis épilé avait déclenché une érection phénoménale. Pire encore, quand je fus totalement nu, de par l’exiguïté du lieu, mon pénis dressé se dandinait sur ses fesses rebondies.

Elle pouffa de rire et murmura :

- Je ne vois rien, mais je sens quelque chose de dur contre mon derrière !

Elle s’allongea sur les galets et me demanda de faire de même.

C’est que, à ce moment-là, je me retrouvais collé contre elle. Ses seins s’écrasaient sur ma poitrine et mon pénis devenait fou entre ses cuisses. A quel jeu jouait-elle ?

Je savais que l’eau froide ramollissait les sexes durs et arrivé à ce stade de la compétition, il ne me restait plus que deux possibilités :

 la petite mort (5) ou la grande mort.

Ou pour parler plus clairement : l’éjaculation ou l’hydrocution !...

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Seriner : répéter inlassablement (quelque chose à quelqu'un) dans un but didactique.

2- Hydrocution : syncope par choc thermique consécutive à une immersion dans l'eau froide.

3- Baliverne : parole ou écrit vain et peu sérieux.

4- Les Chippendales sont une troupe de danseurs masculins faisant du strip-tease.

5- « La petite mort  » : orgasme.

 L'origine de cette expression remonte au XVIe siècle, à l'époque d'Ambroise Paré.

A cette époque, "la petite mort" désignait la syncope ou l'étourdissement, mais aussi et surtout les frissons nerveux.

En ce qui concerne l'évanouissement court, on peut effectivement l'assimiler à une « petite » mort, contrairement à la « grande », la vraie, la définitive.

Les heureux hommes qui ont déjà vécu ça, savent que l'orgasme provoque, de manière plus ou moins fugace, des symptômes proches de ce que désignait autrefois la locution (le « grand » frisson).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 


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1. la piote  le 29-03-2016 à 11:10:47  (site)

Hello vous

J avoue la baignade c est pason piot truk

Mais avec une jolie fin comme ça...

Elle pourrait devenir un de mes loisirs

AU LE DIEUX M PARDONNE !!!!

A ton habitude l ami des Mots,

Un sublima ECRIT... Bravo & merci.

Bonne semaine a toi

Et au bon piot plaisir de te relir.

Bosoux de mpi.

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posté le 22-03-2016 à 08:50:29

Marina (62).

 

La terrasse du Nautic bar surplombait la calanque de Morgiou et nous nous installâmes à une table qui offrait une vue plongeante sur le port.

Amanda commanda aussitôt des apéritifs. Je la voyais venir de loin : elle comptait déjeuner ici et se régaler de la spécialité du coin, les poissons. Quelle horreur ! Que faire pour ne pas paraître ridicule à ses yeux ? Je n’ai jamais aimé manger du poisson et la seule fois, dans mon enfance, où ma mère me força à le faire, j’ai développé une brutale attaque d’urticaire.

En apéritif, elle prit un kir royal et moi un simple Martini rouge ; je commençais à me sentir minable devant elle.

En entrée, elle choisit des « Filets de rougets en tartines d'aubergine sur lit de ratatouille » et moi j’optais pour des « Beignets de fleurs de courgettes ». C’est à partir de là qu’elle commença à me regarder de travers.

En parfaite avocate, elle me devança pour commander ensuite une bouillabaisse (deux personnes minimum). Elle essaya ainsi de m’emprisonner dans son délire gastronomique.

Moi je fis la moue et j’eus l’impression de me trouver devant une cours d’assises, jugé pour le meurtre de quelques santons de Provence. J’eus le réflexe, vite réprimé, de lever la main droite et de jurer de dire toute la vérité. Ma vérité à moi, c’était que j’étais allergique aux poissons, ce qui torpillait de fait sa bouillabaisse pour deux personnes minimum.

Dépitée, elle se rabattit sur une « Dorade grillée de Méditerranée », tandis que j’osais commander une « Entrecôte sauce poivre vert », ce qui lui fit lever les yeux au ciel et maugréer :

- Quel con ! Manger de la viande dans un restaurant spécialisé dans le poisson… »

A partir de là, elle se mura dans un mutisme digne d’un Al Capone interrogé par le FBI dans les années quarante.

Je compris alors, malgré le Bourgogne qui commençait à saouler mes neurones, que jamais je ne parviendrai à  baiser Maître Amanda Di-Stretta, avocate au barreau de Marseille.

A la fin du repas, elle se leva pour aller aux toilettes et revint dix minutes plus tard avec un petit sourire qui me remonta le moral. Elle avança son visage vers le mien, ce qui me fit sentir son haleine parfumée au dentifrice à la badiane. De toute évidence, elle s’était lavé les dents, ce que j’appréciais beaucoup. Elle me dit en riant:

-  Je ne suis pas une morue ! Heureusement, car vous n’aimez pas les poissons ! Je ne vais quand même pas vous sucer avec une bouche qui a mangé une daurade.

Je ne savais plus quoi répondre à cette femme qui m’annonçait la suite du programme.

- Il fait chaud, on va aller dans un petit coin tranquille pour se baigner !

J’en avais assez de recevoir des tuiles sur la tête.

- Se baigner ? Mais je n’ai pas de maillot ! dis-je en pensant bien qu’elle allait se lasser de moi.

Elle me regarda comme si j’étais un poète du Moyen-Age.

- Moi aussi, je n’ai pas de maillot ! On se baignera tout nu !

Elle me fit penser à une mante religieuse nymphomane, ce qui n’est pas peu dire. Je me gardais bien de lui révéler la deuxième raison de mon hésitation : ma mère m’avait élevé avec le précepte (1) rédhibitoire (2) qu’on ne pouvait pas se baigner avant trois heures après la fin d’un repas. Et sans réfléchir, je lui avais toujours obéi.

Il était treize trente et j’essayais d’imaginer un stratagème pour ne pas nous baigner avant seize heures trente…

 

A suivre

 

Notes :

 

1- Précepte : formule qui exprime une règle ou un enseignement à

                     suivre.

2- Rédhibitoire : qui constitue un obstacle infranchissable ou radical.

 

 Le chemin qui conduit de l'enfer au paradis:

 

 

 

A: la prison des Baumettes.

B: la calanque de Morgiou

 

 

 

 

 

 

 


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posté le 15-03-2016 à 08:26:58

Marina (61).

 

 Comment passer de l'enfer au paradis...

 

« Passer de l’enfer au paradis… »

Mais que voulait-elle dire par là ?

J’avais bien une petite idée en tête, mais j’étais épouvanté par l’audace de cette femme qui me connaissait à peine. Je pensais qu’elle voulait me conduire dans un endroit tranquille, pour me sucer peut-être ?

- On prend ma voiture, me dit-elle, c’est un peu loin, mais c’est tellement romantique !

Effectivement, sa BMW noire emprunta une trajectoire que je n’arrivais pas à décoder. J’étais assis à côté d’elle et je scrutais bien la route pour éviter de regarder ses cuisses largement découvertes par sa jupe qui remontait au-delà de la décence. Je connaissais mes réactions hormonales et je craignais  sentir pousser un levier de vitesses entre mes jambes.

Elle conduisait vite sur un mauvais asphalte et les amortisseurs de sa voiture allemande, durs comme Madame Merckel, avaient du mal à absorber les soubresauts de ses roues motrices.

Elle parlait beaucoup en tournant fréquemment son visage vers moi.     

Moi, je restais muet comme une carpe enrouée et je me demandais finalement si Amanda n’était pas une « serial-killer ». Au-dessus de mes genoux, je tentais d’imaginer ce qu’il pouvait y avoir dans sa boîte à gants soigneusement fermée, un revolver 357. Magnum, certainement ou peut-être des préservatifs.

L’affaire s’engageait mal ! Je pensais à sa phrase « … passer de l’enfer au paradis… », cela ne voulait-il pas dire mourir tout simplement ? J’en oubliais la fellation que j’avais espérée  dans un petit chemin perdu à l’abri des regards.

La route devenait de plus en plus cahoteuse et mon destin toujours un peu plus chaotique…

Le deuxième levier de vitesses qui avait poussé entre mes jambes s’était transformé en caramel mou oublié au soleil.

Devinant mon angoisse existentielle, Amanda déclara :

- On arrive, on arrive ! Heureusement, car je meurs de soif !

Amanda, elle aussi, serait-elle une buveuse de sperme ?

Mon moral regagna quelques degrés et mon caramel mou se transforma bien malgré moi en nougat de Montélimar, bien dur.

Après un dernier virage sur la droite, Amanda freina brutalement et me dit :

- Vite on descend ! On fera le reste du chemin à pieds !

Nous étions partis de l’enfer, la prison des Baumettes :

 

Une cellule à la prison des Baumettes.

 

Et nous arrivâmes au paradis : la calanque de Morgiou :

 

L’avocate n’avait donc pas menti et me saisissant la main, elle me guida vers le Nautic bar dont la terrasse offrait une magnifique vue sur la plage et le petit port.

- On pourra boire un verre et même diner si ça vous chante ! Ils servent ici d'excellents poissons !

La tuile ! Les poissons et les fruits de mer me refilaient de l'urticaire !

 

                                                                                                              A suivre

 

 
 

 
 


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