posté le 26-04-2015 à 08:03:56

Marina (15).

 

Allez, fais vite,

Marina nous attend ! 

 

Elle mena l’affaire de main de maître : quelques minutes plus tard, j’avais maigri de quelques grammes, le poids* de ma virilité. Il faut dire qu’au milieu de l’épreuve, elle profita d’une soi-disant fatigue de ses doigts, pour les remplacer, pendant quelques secondes, par sa bouche qui s’activa avec ardeur. Le verre de montre était plein à ras-bord. Elle y trempa le bout de sa langue et murmura : « hum, ton sperme a bon goût et il est bien épais, on dirait que tu n’as pas fait l’amour depuis plus d’un mois ! » Je répondis par un « euh » gêné et j’ajoutais : « euh, effectivement ». Pour la première fois, elle me regarda avec tendresse et me dit : « il faudra que je remédie à ça ! » Etait-ce la promesse d’une future folle nuit d’amour ? Pour reprendre l’avantage et pour me moquer un peu d’elle, je lui dis : «  on dirait que tu es une spécialiste pour ce genre d’activité manuelle… ! » Dans ses yeux passa une ombre de mélancolie et elle rétorqua : « Avant d’être prof, j’ai travaillé plusieurs années dans un CPA ! » Je la regardais sans comprendre, alors elle m’expliqua : « Oui un Centre de Procréation Assistée et là-bas on m’avait surnommé Marina la fermière ». Je ne voyais pas exactement le rapport. Elle comprit et compléta sa phrase : « oui j’étais trayeuse** ! » Ce fut un cri du cœur : « trayeuse ? ». Elle répliqua agacée : « tu veux que je te fasse un dessin ? »

Je comprenais tout maintenant et je me demandais si elle ne se moquait pas de moi.

L’odeur de formol me donnait un peu la nausée et ce n’était pas le top pour la digestion. Mon regard chercha les flacons qui contenaient ce produit chimique et qui étaient certainement mal bouchés. Et alors, je fis une étonnante découverte : le squelette humain qui nous regardait avec un air goguenard, était suspendu à un porte-manteau en bois massif. En regardant son pied, j’aperçus le logo en cuivre qui luisait sous la lumière des néons : c’était un portemanteau Solido ! 

Pour me remercier, Marina, reconnaissante, me tendit ses lèvres. Sa salive avait un goût de sperme, le mien en l’occurrence et je me demandais comment les femmes pouvaient supporter ça. C’est vrai, que les femmes et le sperme, c’est une drôle histoire d’amour.

« Bon, allez file maintenant ! Les élèves vont arriver. » Elle commençait à devenir nerveuse. J’étais presque dans le couloir, quand elle me rattrapa en me disant : «Attends un peu, j’ai plusieurs choses à te dire ! » Et avec ses doigts elle m’indiqua le nombre trois.

1/ « Alors à demain, même heure dans mon labo ! J’aurai la 3èmeB cette fois-ci et il me faudra une bonne dose… »

2/ « Et demain, inutile d’apporter ton parapluie. La météo a annoncé du très beau temps comme aujourd’hui. »

3/ « Jean Claude, l’autre prof de SVT, a les 3èmeC et D. Et il aura besoin de tes services la semaine prochaine pour ses TP sur la reproduction humaine… »

Alors là, c’en était trop. Je lui coupais la parole :

« Non, il n’est pas question que Jean-Claude ait mon sperme ! Et tu veux qu’il m’aide comme tu l’as fait ? C’est ça ? Mais il n’a qu’à prendre le sien ! »

Marina était gênée. Elle me dit :

« C’est que Jean-Claude souffre d’aspermie*** ! » 

Voilà, dans ce collège, on me prenait pour un taureau reproducteur !

« Adieu ! » dis-je à Marina, « tu ne me reverras plus ! »

Elle sourit et murmura « Alors à demain mon chou ! »

Elle savait que mon adieu était un adieu de pacotille et quand j’entendis « mon chou», je crus mourir d’amour pour elle…


 


A suivre


Notes:

  

 

 

* La masse en fait, c’est une quantité de matière exprimée en grammes. Le poids, en Newtons, est dû à l’attraction terrestre.

** trayeur,euse :Personne dont la fonction est de traire.

*** aspermie : absence de sperme après l’orgasme.

 

 

 


 

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 26-04-2015 à 09:00:26  (site)

trayeuse de sperme ça existe?????question du jour!!!bonnes vacances

2. gabeziers  le 26-04-2015 à 14:56:53

Bonjour.

3. La Rousse  le 01-05-2015 à 17:41:48

Salut Alain,

Je te soupçonne de fabriquer ces petites animations, c'est pas possible de trouver un tel truc sur le net...mdr
Tu es incroyablement imaginatif, où vas-tu chercher tout ça ? smiley_id239863

4. anaflore  le 02-05-2015 à 05:40:33  (site)

merci de ta réponse on apprend chaque jour
un petit partage de mon bouquet de muguetpour qu'il te porte chance bon wk

 
 
 
posté le 19-04-2015 à 08:12:51

Marina (14).

 

                                                               Marina et moi

                                                                ou

                                       l'obsession des portemanteaux "Solido".

 

Le lendemain de cette relation avortée, je me sentais plutôt maussade et j’en voulais beaucoup à Marina d’avoir joué le rôle de pimbêche effarouchée.

« On ne m’y reprendra plus ! » pensais-je en me rasant, le matin, devant un miroir qui se moquait de moi. Vers neuf heures, je m’installais à mon bureau pour étudier « la spectrographie RMN appliquée aux molécules organiques ». Rien de bien folichons, ces spectres dont les pics nous indiquaient la nature des radicaux carboniques. A neuf heures trente, le téléphone sonna.

« Tu peux toujours sonner, je ne décrocherai pas ! » dis-je au téléphone qui n’y pouvait rien. A la seconde sonnerie, je me précipitais vers lui comme un meurt-de-faim en espérant entendre la voix de Marina… C’était la fille des portemanteaux Solido qui me relançait pour l’achat de leurs produits. Je fus désagréable avec elle et lui raccrochais presqu’au nez. A dix heures, deuxième appel : j’étais en train de somnoler devant les spectrogrammes indigestes.

« Oui ? » dis-je avec l’énergie d’une pile en fin de vie.

C’était Marina qui avait l’air aussi gênée qu’une anorexique devant un baba au rhum.

Elle me dit qu’elle avait besoin de moi de toute urgence et que si j’étais gentil (je le suis trop hélas), j’irais la rejoindre à treize heures quarante-cinq dans son labo.

« Mais, ce n’est pas ce que tu crois… » ajouta-t-elle et après un bref moment de silence, elle compléta : «…Heu enfin, un peu, peut-être ! »

Je ne comprenais strictement rien à ce qu’elle me disait ; mais comme j’avais envie d’aller prendre l’air, j’acceptais.

Prendre l’air, façon de parler, car son labo empestait le formol.

Quand je la vis, revêtue de sa blouse blanche, un fantasme endormi, soudain se réveilla ! Elle m’expliqua la situation :

« Je dois faire une leçon sur la reproduction humaine en 3ème A et il faut à tout prix que je leur montre des spermatozoïdes au microscope. »

Je répliquais qu’elle aurait pu préparer tout ça la veille au lieu de me déranger. Elle argumenta :

« Mais les spermatozoïdes doivent-être vivants et leur durée de vie à l’air libre est très courte. »

Je comprenais où elle voulait en venir. Elle alla chercher un verre de montre (petite coupelle) qu’elle me tendit en me disant : « tu peux le faire là-dedans ».

« Mais faire quoi ? » répondis-je pour la taquiner.

En femme de sciences, elle utilisa les mots précis : « Eh bien, te masturber et éjaculer dans le verre de montre ! »

La situation devenait cocasse et pour me moquer d’elle, j’utilisais la blague préférée des machos :

« Mais ça va déborder, donne-moi plutôt un bécher de 250 mL (un quart de litre) ! »

Cela ne la fit pas rire. Elle me dit : « allez fais vite, les élèves vont arriver ! »

Faire vite, faire vite, elle me faisait bien rire Marina !

« Mais, il faut que tu m’aides pour ça ! » dis-je en essayant de profiter de la situation. Elle était exaspérée et elle vint vers moi en criant presque « ouvre ta braguette ! » C’était un ordre ! Et elle ajouta : « je vais prendre les choses en main !»

Les choses ? Elle voulait dire la chose plutôt !

Devant nous, le squelette nous regardait avec un air rigolard…

A suivre

 

 

 

 


 


 
 
posté le 12-04-2015 à 08:04:06

Marina (13).

 

 Ma langue était dans sa bouche et je me mis à penser aux portemanteaux Solido, ce qui fit baisser d’un ton mes sécrétions hormonales. Et si les appels téléphoniques que je recevais de la société Solido provenaient d’elle ? A ce moment-là, ma langue se prélassait sur la sienne, doux coussin humide qui incitait à la débauche. Mais non, j’aurais reconnu sa voix ! C’est vrai qu’elle était douée pour imiter les cris des animaux et quand je passais devant sa salle, j’entendais parfois le piaillement des hulottes cendrées ou le barrissement des éléphants d’Afrique qui faisait rire ses élèves. Et donc, elle aurait pu maquiller sa voix pour imiter celle d’une jeune femme inconnue.

Sa salive avait un goût de mandarine. A cause de son dentifrice ? Peut-être pas, car mes yeux-radars venaient de repérer sur une petite table ronde, un panier en osier qui contenait ces fruits. Bouche contre bouche et mon nez, qui frôlait sa joue, parfumée par « Les jardins de Bagatelle », entrait en extase olfactive. Mes mains ne savaient pas où se mettre : elles hésitaient entre le haut de ses cuisses et ses seins qui me semblaient avoir la forme de poires africaines peu académiques, mais tellement excitantes.

Le Premier Baiser, c’est la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb ou la trouvaille de la pénicilline par Alexander Fleming. C’est un flot d’émotions inédites qui se crée pour chaque nouvelle femme. Et pourtant la salive du Premier Baiser est la même que celle du crachat. Les émotions, l’amour et le désir magnifient ce liquide banal qui s’écoule de la bouche de l’être aimé.

Finalement, mes mains sonnèrent la révolte des peuples opprimés et prirent leur indépendance en se posant sur les seins de Marina, dont les tétons se mirent à éclore. Mes doigts fureteurs ne faisaient que fureter. Ma main voulait explorer, sentir la texture des territoires tabous, ceux que l’on cache habituellement. Alors elle alla fouiner entre ses cuisses.

Le grain de peau change quand les doigts, partant juste au-dessus du genou, remontent vers l’aine. La peau devient de plus en plus douce, de plus en plus sensible, de plus en plus chaude…C’est le premier pas de la découverte qui se fait par les mains ou par les yeux. Marina poussait de petits soupirs qui indiquaient le degré de son plaisir et sa bouche sur la mienne murmurait des mots que je ne comprenais pas. Je me perdais dans les méandres de ses désirs en essayant de comprendre tous les signaux qu’elle m’envoyait.

Sa main cherchait en moi la traduction de sa puissance érotique, comme l’appareil qui mesure la dureté du béton armé. Et mes doigts devenaient marins abordant une terre encore inexplorée, quand une houle aussi brutale qu’imprévisible rejeta leur navire loin des côtes. Elle se détacha de moi ; sa bouche, bouée de chair dans la tempête de mes plaisirs, s’éloigna de mon corps et me laissa suffoquer comme le plongeur sans oxygène.

Et l'érection cessa faute d'excitation*.

Je lui dis : « mais pourquoi ? »

Son regard avait la finesse des diamants tailleurs de pierres précieuses quand elle me répondit : « excuse-moi, je ne peux pas ! » Je me sentis alors devenir un escargot dans sa persillade, prêt à aller au four. Elle continua, en regardant ma bouche : « je veux rester fidèle à mon mari ! » Ma réplique fusa comme la flèche de Guillaume tell : « mais tu es divorcée ! » Elle eut un rictus inquiétant pour me dire : « non, non, je suis veuve ! ».

Je ne comprenais plus rien ; le puzzle, avec ses dix-mille pièces devenait trop compliqué pour mon cerveau.

Quel était donc le mystère de Marina, ce professeur de SVT, veuve et érotomane ?


A suivre

 

 

                      Notes:                                        

 

*Et le combat cessa faute de combattants.

 

Le Cid (1636), IV, 3, Rodrigue

 

Pierre Corneille.

  

 


 
 
posté le 05-04-2015 à 07:40:29

Marina (12).

 

Sur le logo en cuivre terni, était gravée la marque du portemanteau : Solido. Décidément Solido me poursuivait. Deux femmes étaient liées à cette marque : celle de l’accident et Marina la prof de SVT.

Je voulais fuir, mais plus que la curiosité, l’instinct de survie me susurrait de rester pour éclaircir cette situation confuse.

Je rejoignis Marina au salon et je m’assis sur le canapé, à côté d’elle. Je n’avais plus la vision de ses belles cuisses, mais cela était compensé par son parfum que je crus reconnaître : Les Jardins de Bagatelle de Guerlain. Le parfum d’une femme est un message qu’elle envoie à ceux qui s’approchent d’elle. Mais il n’est pas sélectif ; ce n’est pas une flèche qui atteint l’être aimé, mais un brouillard qui diffuse et qui touche même ceux qui lui sont indifférents.

Elle reprit son monologue interrompu : « Oui je sais que tu m’aimes et tu as pris une année sabbatique pour t’éloigner de moi, parce que tu souffrais trop ! »

Note de l’auteur : moi souffrir à cause d’elle ? Première nouvelle !

Ses yeux étaient aussi mobiles que sa pensée exprimée par des mots qui se bousculaient, qui se chevauchaient ; elle voulait tout dire en même temps. Elle continua à parler. Je commençais à sombrer dans une somnolence que je combattais de toutes mes forces ; je ne dors que trois heures par nuit et souvent elle déborde sur mes journées. J’avais trouvé un truc pour lutter contre le sommeil : je regardais ses seins moulés dans un pull noir. Ses seins  qui bougeaient au rythme de ses émotions et moi j’aurais bien aimé les maintenir. J’imaginais leur taille, leur fermeté et même leur malléabilité. Sa bouche avait des lèvres prometteuses et parfois, comme la tête d’une tortue timide, sa langue humide apparaissait pour m’affoler.

En moi, il se passait bien des choses, des réactions hormonales incontrôlables, provoquées par la vue et l’odorat. Je devenais un homme préhistorique, presqu’une bête chasseuse, poussé par l’instinct de reproduction. Et puis le verni de la civilisation réapparaissait et recouvrait toutes mes pulsions et alors je recommençais à l’écouter. « Oui, tu es parti parce-que tu m’aimais trop et que tu avais peur que je te repoussasse ! » Elle me regardait en prononçant cette phrase qu’elle croyait vraie.

« Et si je tentais de l’embrasser brutalement, comment réagirait-elle ? »

Moi, en ce moment, j’avais des idées moins philosophiques. Je me rapprochais de son corps comme un escargot famélique. Son parfum devenait plus enivrant et dans ma tête reprenait la valse à mille temps du concert des cavernes. Brusquement ma bouche se colla à la sienne. Ses lèvres avaient la douceur des vieux chamallows de mon enfance et le parfum des bonbons acidulés au goût de mandarine. Elle se laissa faire et je pris cela comme un encouragement…

A suivre

 

 

 

 

 


 
 
posté le 30-03-2015 à 07:07:19

Marina (11).

 

 Marina avait tout pour plaire, mais, dans le collège, des bruits couraient sur elle…Des médisances certainement. Certains disaient qu’elle était érotomane. En gros, pour simplifier, l’érotomanie* est une maladie psychique qui concerne surtout les femmes et celles qui en sont atteintes imaginent que tous les hommes sont amoureux d’elles. Surtout à ne pas confondre avec la nymphomanie. Et quand une érotomane jette son dévolu sur un homme, pour lui cela devient un enfer. Vous comprendrez alors pourquoi, bien que je fusse attiré par Marina, j’hésitais à entreprendre une relation quelconque avec ma collègue. Mais quand elle me téléphona ce soir-là pour m’inviter chez elle, j’acceptais. Je ne sais pas dire non aux femmes, surtout quand elles sont belles et sexy. J’étais libre, je ne risquais pas grand-chose pensais-je naïvement.

Elle habitait dans une villa située à l’entrée de la ville. Je garais ma voiture à côté de la sienne, une BMW 325. Moi j’avais une voiture italienne, moins robuste mais plus nerveuse.

Elle me fit entrer dans sa maison en passant par un hall où se trouvaient deux portemanteaux sur pied en bois massif, du chêne probablement. J’eus un bref moment de panique quand je dus y suspendre mon parapluie. Lequel utiliser, le portemanteau de gauche ou celui de droite ? Marina se mit à rire car il ne pleuvait pas. Je me défendis comme je pus en affirmant qu’il y avait un cumulo-nimbus à l’horizon. Finalement c’est elle qui décida pour moi en l’accrochant sur un troisième portemanteau mural qui avait échappé à mon regard de taupe.

Dans le salon, elle s’assit en face de moi : erreur de débutante, car j’avais une vue plongeante sur ses belles cuisses musclées, sous sa jupe courte bleu-marine. J’avais tendance à ne pas regarder son visage lorsqu’elle me parlait… Et elle commença à me raconter tous ses petits soucis qui concernaient les élèves paresseux et insolents, l’administration et les collègues. Moi je l’écoutais d’un "œil" distrait, occupé qu’il était, à essayer d’entrapercevoir un morceau de culotte entre ses cuisses de sportive. Et soudain elle me dit : « je sais pourquoi tu as pris une année sabbatique ! » Mais tout le monde le savait, c’était pour préparer mon agrégation de chimie. Elle ne m’écoutait pas et elle m’asséna cette phrase inquiétante : « j’ai compris que tu étais amoureux de moi ! » J’allais répondre, mais elle m’empêcha de parler, « oui, tes regards, ta gentillesse et ton empressement à me rendre service ; ce sont bien les signes d’un homme amoureux ! » J’étais abasourdi ; j’avais envie d’elle, ça c’est sûr, mais je ne voulais pas mêler l’amour au sexe.

Je commençais à croire que les rumeurs étaient fondées : j’étais bien en présence d’une érotomane. Je prétextais une envie pressante pour essayer de reprendre mes esprits. Les toilettes étaient au premier étage. A gauche et à droite du lavabo, il y avait deux portemanteaux sur pied en bois laqué blanc. Dans le couloir qui conduisait à la salle de bains j’avais aperçu trois portemanteaux muraux en bois sombre et qui ne portaient rien. En comptant bien ça en faisait huit et encore, je n’avais pas vu toute la maison. Avant de la rejoindre, en bas, j’aperçus une plaque ovale en cuivre sur le pied des portemanteaux ; c’était le logo de la marque. Je me baissais et ce que je vis alors, me fit l’effet d’un bain dans le lac Baïkal**…

A suivre

*Érotomanie:

L’érotomanie est un trouble délirant dans lequel l'individu affecté est persuadé qu'il est aimé par un autre individu, habituellement inconnu ou une personnalité. Ce trouble survient lors d'une psychose, particulièrement chez les patients souffrant de schizophrénie ou de syndrome maniaque. Lors d'un épisode d'érotomanie, le patient est persuadé qu'un « admirateur anonyme » lui déclare son affection, souvent par le biais de télépathie, de messages secrets, de regards, de messages dans les médias. Habituellement, le patient lui retourne cette « affection » en lui écrivant, en lui téléphonant et en lui faisant des cadeaux. Même quand ses avances sont rejetées par la personne qu'elle aime, les sujets souffrants de cette maladie ne comprennent pas le refus. Elles peuvent ne pas comprendre le refus ou imaginer que leur objet d'amour délirant use d'un stratagème pour cacher cet amour interdit au reste du monde.

**Lac Baïkal :

 

 

 

Le lac Baïkal est un lac situé dans le sud de la Sibérie, en Russie orientale. Il représente la plus grande réserve d'eau douce liquide de surface au monde (environ 23 500 km3). Sa transparence est unique et la visibilité parfaite jusqu'à 40 mètres de profondeur.

Il s'étend sur une longueur de 636 km avec une largeur moyenne de 48 km et une superficie de 31 500 km2, ce qui fait de lui le 8e lac au monde. C'est le lac le plus profond du monde (jusqu'à 1 637 m d'épaisseur d'eau, reposant sur 7 000 mètres de sédiments). Son volume d'eau (environ 23 500 km3) représente environ 260 fois celui du lac Léman, soit autant que la mer Baltique ou que les 5 grands lacs nord-américains (lac Supérieur, lac Michigan, lac Huron, lac Erié, lac Ontario) réunis. Il représente 20 % du volume mondial d'eau douce contenue dans les lacs et les rivières.

 


 
 
posté le 22-03-2015 à 07:53:13

Marina (10).

 

C’est vrai que j’aime les parapluies ou disons plutôt que j’en ai besoin. J’en achète au moins trois par an. Je n’en fais pas la collection, mais souvent dans notre région, le vent souffle fort pendant les orages. Et les parapluies sont fragiles surtout au niveau des baleines…

On peut dire que Marina était une belle femme. Grande, élancée et sportive, un peu trop à mon goût. Elle était gentille, sympathique et intelligente. Divorcée et donc libre, elle avait tout pour plaire. Tout ou presque…

Elle venait souvent dans mon labo pour que je lui prête des tubes à essais, des béchers ou des produits chimiques. Moi, j’allais chez elle lorsque j’avais besoin de glaçons par exemple. Elle avait un frigo dans lequel, elle conservait des cœurs de moutons, des cuisses de grenouilles, des échantillons de sang, etc… Elle était bon public et riait facilement quand je lui racontais des blagues.

Elle me retéléphona le 19 Février, le lendemain donc. Elle avait l’air angoissée ; elle était confrontée à différents problèmes. J’étais prêt à l’aider et à lui prodiguer quelques conseils. Elle m’écoutait et avait confiance en moi. Je lui demandais donc de tout me dire au téléphone. Elle me répondit que ce serait trop long et qu’il vaudrait mieux qu’on se rencontrât. J’étais en pleine année sabbatique et je n’avais pas envie de retourner au collège, de voir les collègues et de leur parler. Je lui proposais de nous retrouver dans un bar, elle refusa, tout comme au restaurant d’ailleurs. « Alors, comment fait-on ? » dis-je, un peu exaspéré. Elle murmura une phrase que je ne compris pas bien et que je lui demandais de répéter. « Tu pourrais venir chez moi ! » dit-elle timidement.

C’était une aubaine, elle était belle et sexy et souvent quand je la voyais, revêtue de sa blouse bleue-ciel, je fantasmais sur elle et je me faisais des scénarii, dans lesquels intervenaient son labo, sa paillasse carrelée de faïence blanche, le squelette humain suspendu à une potence et même l’odeur de formol qui s’échappait des bocaux où étaient conservés des souris, des grenouilles et des oiseaux morts…

Aller chez elle, ce fut toujours mon rêve et j’imaginais même comment ça pourrait finir… Et pourtant avec ma verve habituelle je répondis : « euh, euh… » qu’elle n’apprécia pas beaucoup.

Elle avait tout pour plaire. Tout ou presque…

A suivre    

 
 


Commentaires

 

1. La Rousse  le 22-03-2015 à 13:59:08

Hi hi, incroyable, tu trouves toujours les photos appropriées, ou alors tu élabores tes histoires en fonction des photos dont tu disposes ?

Moche gris et froid, comme chez toi, je pense ? (Mais plus de vent comme hier)

 
 
 
posté le 15-03-2015 à 08:02:06

Marina (9).

 

 A force d'espérer son appel, ma vie devenait du caramel mou bien dégoulinant...

 

Il fallait que je reprisse mes esprits. Ma supputation était hasardeuse et peu convaincante. Pour résumer la situation : un jour néfaste et gris, ma voiture avait heurté une jeune femme sans la blesser. J’étais tombé sous son charme et pour essayer d’établir une relation entre nous, je lui avais donné mon numéro de téléphone. A partir de là, ce fut le délire, l’enfer quoi !

Chaque jour j’attendais son appel ; je ne vivais que pour cela et bien entendu je ne recevais rien. Ma vie s’était focalisée sur mon téléphone, je restais près de lui, je le surveillais pour le voir sonner. Le voir sonner ? Encore un délire de mes sens ! Mais à la même époque et pratiquement tous les jours, je recevais un appel publicitaire des porte-manteaux Solido. Au bout du fil, une femme dont j’interrompais toujours son déballage publicitaire brutalement. Et soudain, un jour où mon amertume était pire que celle de la bile des morues de l’océan Indien, un petit court-circuit cérébral m’amena à cette hypothèse folle : et si cette femme n’était autre que celle que j’avais renversée ? La seule chose qui me gênait, c’était pourquoi elle ne se révélait pas.

Le temps est un caramel mou qui colle sur les doigts et qui étouffe les neurones. J’aurais pu mener une petite enquête, chercher l’adresse de la société Solido et essayer de la voir. Mais non, mon inertie aboulique, attachait mes membres à un poteau de torture que je détestais, mais que je ne voulais pas quitter.

Le 1er Janvier, je décidais de me remettre au travail pour préparer mon agrégation de chimie, en vain. Je faisais assez d’efforts, pour l’oublier, elle, et il ne me restait plus d’énergie pour les études. A force d’espérer, on se désespère, alors on sort le bistouri et on massacre à l’aveuglette tout ce qui nous fait souffrir. On n’est pas loin du stade larvaire, mais on est mieux.

La société Solido espaçait ses appels et mon téléphone commença à se recouvrir de poussière. Le 18 Février vers vingt heures, je reçus un coup de fil qui me mit mal à l’aise. Marina, m’appelait. Marina, professeur de SVT dont le labo était situé juste en face du mien au rez-de-chaussée, près du hall d’entrée du collège.

Comment dire ? Si Marina avait été un porte-manteau, moi, j’aurais été un parapluie…

 

A suivre

 

 
 


Commentaires

 

1. Nacre  le 18-03-2015 à 08:52:48

Pour un professeur de chimie (si j'ai bien tout compris/viens juste de découvrir votre blog) il doit sûrement avoir un moyen d'opérer un phénomène de désagrégation avec "Marina". Cela tourne à l'obsession!
Faut faire gaffe le caramel mou poisse les ailes et les pattes!
Puis..comment ça se fait qu'il y ait autant de personnes à vous visiter mais un nombre infinitésimal à commenter?
Ils ont les pattes..euh les doigts..englués dans le caramel mou bien dégoulinant?

2. prof83  le 19-03-2015 à 07:51:52  (site)

A Nacre.
Merci pour le com.
Les visiteurs regardent par le trou de la serrure sans se faire remarquer...

 
 
 
posté le 08-03-2015 à 07:46:41

Marina (8).

 

 

Les jours qui passaient avaient l’odeur d’un caoutchouc abandonné au soleil.

Les heures élastiques semblaient parfois se figer dans la glu.

J’attendais, sans trop d’illusions maintenant, son coup de téléphone. Je me disais, que, peut-être, les fêtes de fin d’année approchant, elle allait se décider à me faire signe pour me présenter ses meilleurs vœux. L’espoir fait vivre, mais le désespoir tue.

Mon téléphone était devenu mon principal centre d’intérêt. Je le regardais, de loin, de près, comme si j’allais le voir sonner. Je me demandais si la ligne n’était pas coupée et cent fois dans la journée, je décrochais le combiné pour écouter la tonalité, signe que tout fonctionnait bien.

L’attente est un poison insidieux qui malaxe les neurones, parce que l’on n’a pas de prise sur elle. L’attente est l’inaction totale, la dissolution de la volonté dans un bouillon froid et sans saveur. Alors de temps en temps, pour mettre fin à ce malaise, je décrochais le téléphone pendant une heure et là, j'annihilais  mon angoisse. Pendant une petite heure j’étais tranquille, je vivais sans attendre. Et puis ça recommençait, car je me disais « et si elle a appelé quand c’était décroché ? ». Autant dire que je me pourrissais la vie. Parfois le téléphone sonnait et souvent c’était de la part des «portemanteaux Solido ».

Un jour, quand le désespoir frôlait la déraison, je me décidais à être un peu plus aimable avec le représentant. C’était une femme, apparemment jeune, qui me proposait une promotion exceptionnelle. Surprise que je ne raccroche pas, elle me dit « voilà, si vous achetez dix portemanteaux, le onzième est gratuit ! » Je ne pus m’empêcher de rire et pourtant je n’en avais pas envie. Je voulus la taquiner « et que ferais-je avec dix portemanteaux ? » Elle avait dû prévoir cette question, car elle me dit « vous savez, c’est bientôt Noël et vous pourriez en faire des cadeaux ». Décidément, c’était drôle. Je ne me voyais pas offrir un portemanteau à Noël à ma nièce qui avait douze ans. Mon interlocutrice semblait pressée, je lui en fis la remarque. Elle répondit « ho, vous savez, je suis obligée d’appeler au moins cent personnes par jour ! » Quand je raccrochais, un doute subit monta au niveau de ma conscience et je me surpris à penser à haute voix : « je suis sur la liste rouge et comment se fait-il qu’elle ait mon numéro ? » Et soudain une évidence s’afficha sur l’écran virtuel de mon cerveau.

Non, ce n’était pas possible ! Et si… et si cette représentante de la maison Solido était…


A suivre

 

 


Commentaires

 

1. Bo   le 08-03-2015 à 10:32:11

Marina aime faire mariner...

 
 
 
posté le 01-03-2015 à 07:43:18

Marina (7).

 

 

 

 

    Pourtant mon téléphone était ultra-moderne...

 

 

 

J’étais professeur certifié de sciences physiques et j’avais pris une année sabbatique pour préparer l’agrégation de chimie. Histoire d’enseigner quinze heures au lieu de dix-huit et d’avoir un meilleur salaire. Je devais faire de fréquents déplacements à Nice pour assister à quelques cours à la fac des sciences et effectuer des travaux pratiques. Tout ça en théorie, mais tout fut chamboulé à cause de ce funeste « accident ».

 

Comment quitter mon appartement ? J’attendais toujours ce coup de téléphone qui n’arrivait pas, mais j’espérais encore et encore ; je croyais au Père Noël et même aux miracles à cette époque. Il fallait bien me nourrir et comment m’absenter de chez moi le moins possible ? J’effectuais mes courses deux fois par semaine dans une grande surface dès huit heures trente en espérant que cette fille se réveillait tard.

 

En revenant à la maison, je me précipitais vers mon téléphone pour voir si un message n’avait pas été laissé sur mon répondeur. La plupart du temps, il n’y avait rien et parfois j’écoutais avec haine des messages publicitaires des porte-manteaux solido qui prenaient un malin plaisir à me persécuter. Allez savoir pourquoi.

 

La fac de Nice ne me vit jamais cette année-là. J’enrageais, j’étais mal et j’écrivais des poèmes :

 

 

 

------

 

Que les nuits sont fragiles,

 

Comme les nuages sont bas,

 

Quand tu grondes, fébrile,

 

Que tu ne m’aimes pas.

 

 

 

Les heures alors se figent,

 

Les minutes sont folles,

 

Comme des fleurs sans leur tige,

 

Echouées sur le sol.

 

 

 

Je ne sens plus ta bouche,

 

Ta peau est loin de moi,

 

Quand tu gis sur ma couche,

 

Je ne suis plus ton roi.

 

 

 

Mes voiles sont en lambeaux,

 

Je suis un frêle esquif,

 

Qui sombre au fond de l’eau,

 

Coulé par les récifs.

 

 

 

 

 

                                    

 


 
 
posté le 22-02-2015 à 07:22:37

Marina (6).

 

L’attente, ce poison qui s’éternise.

L’attente, on ne sait pas quand elle finira.

L’attente qui non seulement angoisse, mais aussi qui atteint notre cerveau, notre estomac, notre ventre et notre cœur.

Le cœur qui semble battre la mesure des heures qui ne passent pas. Alors il s’affole, se dilate, s’enraye en des palpitations aléatoires. L’attente qui ne dépend pas de notre volonté, qui fait de nous des êtres passifs, des larves qui se décomposent.

Alors en attendant son appel, j’écoutais en sourdine, une chanson de Charles Trenet des années 40 : « Que reste-t-il de nos amours ». Pour moi, dès le départ, il ne restait rien, car cet amour-là était une histoire qui n’avait pas encore commencé.

De temps en temps, quelques bouffées d’angoisse me submergeaient, des vagues qui étouffent, de l’eau qui monte et qui monte encore… Alors vite, ma bouée, mon radeau disloqué, je m’y accrochais avec ma plume et j’écrivais des poèmes sans réfléchir, une écriture automatique, presque psychanalytique…

 

............................

Les couleurs,

De l’Automne,

Des lueurs,

Qui m’étonnent.

-------

Ton sourire,

Retenu,

Comme ton rire,

Disparu.

-----

Le temps court

Et s’épuise,

Les longs jours,

S’éternisent.

-----

Les stupeurs,

De l’hiver,

Sont des heures,

A l’envers.

A suivre

 


Commentaires

 

1. La Rousse  le 21-03-2015 à 01:56:29

Salut Alain,

Pourrais-tu me renseigner, suis dans un prob de grammaire...

Comment écrit-on ?
"Il s'est pris une porte dans la figure" Là je pense que c'est juste !
Mais, toujours en parlant de cette fichue porte...
"Il s'en est prise une - ou il s'en est pris une " ?
S'il te plaît explique... Merci par avance, je ne sais pas chercher pour avoir une bonne réponse sur le net...

2. La Rousse  le 21-03-2015 à 02:02:15

Et oui, t'as remarqué suis comme ton penseur qui pense si fort, qu'il en a brûlé sa substance...

3. La Rousse  le 21-03-2015 à 19:21:28

Allez, s'te plaît, avec explications...
1) S'en est prise une...
OU
2) S'en est pris une...

Moi je sens bien la 1) mais je ne saurais expliquer pourquoi
Toujours fâché, tu boudes ?

4. prof83  le 21-03-2015 à 20:53:38  (site)

A La Rousse.
Moi je sens bien la 2) (elle est plus parfumée).
Les verbes pronominaux sont de vrais casse-têtes! (comme les mots composés).
Moi, je boude?

5. La Rousse  le 22-03-2015 à 13:47:47

Bonjour Alain,

T'es certain ?

Pour moi c'est "en" qui est le cod

S'est pris quoi => "en" = "porte" alors ?

Perturbant ! Grrr

Mais oui, tu aimes bouder pour qu'on revienne te chercher... Tu aimes te faire "désirer" smiley_id239866

 
 
 
posté le 15-02-2015 à 07:36:45

Marina (5).

 -

Une semaine plus tard, j’en étais au même point : je n’avais pas vu la fille que je recherchais.

La lassitude est un somnifère très efficace ; je me suis souvent endormi en attendant ce mirage qui n’apparaissait pas.

A partir du 27 Octobre, c’était un vendredi, je me suis mis à attendre son appel téléphonique. Malheureusement, j’avais donné à la fille le numéro de mon poste fixe. J’avais un répondeur, oui, mais je sais que les gens n’aiment pas trop y laisser des messages. Ce qui fait que je me cloîtrais chez moi dans l’attente de son appel. C’était déraisonnable, je le sais. Quelle était donc la probabilité pour qu’elle m’appelât ? Quasi nulle. Mille fois plus faible, en tout cas, que celle de gagner le gros lot au loto. D’abord, elle devait se souvenir de moi, ensuite, il fallait qu’elle eût la volonté de me revoir. Et pour quelle raison mon Dieu ? J’étais si beau, qu’elle était restée en pâmoison devant moi ? Non, disons que j’étais aussi quelconque qu’un bison au sein de son troupeau dans la Pampa de Patagonie. Ou peut-être qu’était apparue une douleur quelconque suite à l’accident ? Plus le temps passait et plus cette douleur devenait aussi illusoire que la décrue du chômage en France. Mes espoirs n’étaient que des planches vermoulues d’un radeau qui flottait tant bien que mal dans un océan déchaîné. Quoi de plus déstabilisant que de voir s’évanouir ses dernières illusions ?

Je me levais à cinq heures précises, le matin et après mon petit déjeuné et ma toilette, je m’asseyais près du téléphone et j’attendais. Je n’allumais pas la radio de crainte que son son (tiens, tiens…) ne couvrît la sonnerie du téléphone, que j’avais réglée au maximum. Les heures passaient ainsi. Je lisais un peu et je faisais des mots croisés niveau quatre étoiles. De temps en temps, un appel me faisait sursauter. C’était souvent de la publicité, du genre « seriez-vous intéressé par les portemanteaux Solido, l’ami de nos manteaux ? ». Au début, je déclinais l’offre poliment, mais ensuite, craignant que ces appels n’encombrassent trop ma ligne, je raccrochais brutalement sans dire un mot.

J’en avais assez des portemanteaux Solido, des fenêtres inviolables et des canapés ultra-confort…      

Le temps qui ne passait pas, m’enveloppait dans une bulle qui grossissait au fil des jours…

A suivre

 


Commentaires

 

1. anaflore  le 15-02-2015 à 08:29:55  (site)

suis comme toi marre de ces appels "inconnus" qui me dérangent en général à une heure où je suis à table !!!!bon wk

 
 
 
 

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